Derrière le travail humanitaire, il y a des histoires de vies

Derrière le travail humanitaire, il y a des personnes qui s'engagent. Des femmes et des hommes qui travaillent dans des conditions souvent difficiles, voire dangereuses.

Parce que ces travailleuses et travailleurs humanitaires œuvrent à l'ombre des projecteurs, Oxfam-Québec souhaite les amener dans la lumière à travers cette série de portraits.

Leur exemple nous rappelle que nous ne sommes jamais trop petits pour apporter notre soutien, en particulier aux populations qui déploient toute leur énergie pour améliorer leurs conditions de vie.

Leur exemple nous apprend aussi que chaque individu a le pouvoir de réaliser de grandes choses, lorsqu’il s’associe à d'autres et travaille en réseau.

Les histoires de ces humanitaires, faites à la fois de succès et d’échecs, ont le mérite d'inspirer toutes celles et ceux qui ont la volonté de construire dès aujourd’hui un monde plus juste pour demain.

Le saviez-vous?

Le 19 août est la Journée mondiale de l’aide humanitaire. Cette date a été choisie par l'Assemblée générale des Nations unies, en référence à l’attentat du 19 août 2003 contre le siège des Nations Unies à Bagdad, en Iraq, qui a causé la mort de 22 personnes.

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Oxfam-Québec travaille dans différentes régions du monde. Nous agissons pour sauver des vies, alléger les souffrances et préserver la dignité des populations. Les populations que nous soutenons sont souvent affectées par des conflits armés qui perdurent et des perturbations climatiques qui s’intensifient. En 2018-2019, nos actions ont permis de rejoindre plus de 1,5 millions de personnes en Syrie, en Irak, au Liban, à Gaza et au Mali.

Les interventions d'Oxfam-Québec répondent à plusieurs besoins essentiels :

  • la fourniture d'eau potable, la promotion de l’hygiène et la construction d'infrastructures d’assainissement
  • le soutien à la sécurité alimentaire immédiate et aux moyens d’existence
  • la protection contre la violence et les abus, dont les femmes, les filles et les groupes en situation de vulnérabilité sont le plus souvent les cibles.

Guillaume a dépassé sa peur de l'inconnu pour faire une différence

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Guillaume Baillargeon [à droite sur la photo] est chargé de programmes humanitaires chez Oxfam-Québec.

Cette photo a été prise lors de la mise en fonction d’une station de pompage et de distribution d’eau, dans le nord de l’Irak en 2018.

Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton travail ?

« Lorsqu’un conflit éclate, qu’une catastrophe naturelle survient ou qu’une épidémie frappe une région où Oxfam dispose d’un bureau et d’une équipe sur place, je deviens le relais entre cette équipe-pays et le siège social d’Oxfam-Québec, à Montréal.

Je suis aussi « le pont » entre les donateurs (souvent institutionnels) et l’équipe qui mettra en œuvre l’intervention. Je collabore avec les équipes afin d’élaborer une stratégie de réponse adaptée au contexte, définir un budget cohérent et veiller à ce qu’il soit dépensé correctement.

Je porte donc plusieurs « chapeaux » : mon rôle est à la fois un rôle de soutien (facilitateur), de suivi de projet (opérationnel et financier) et de reddition de compte. Pour des projets d’envergure, j’effectue au moins une visite sur le terrain par année, lorsque les conditions sont réunies sur le terrain et au siège social. »

Dans quels pays as-tu travaillé?

« Je travaille avec Oxfam depuis 2017. Mes plus récents déplacements ont eu lieu cette année pour des visites de suivi de projet, à Gaza et en Irak, dans des contextes de conflits. Je me suis aussi rendu dans une zone rurale du Pérou ayant subi une catastrophe naturelle liée au phénomène d’El Nino Costero, il y a deux ans.

Mon premier mandat humanitaire s’est déroulé dans la ville de Bangui, en République centrafricaine, en 2015, avec Médecins sans frontières, dans un contexte de conflit interne entre les milices Seleka et anti-Balaka. Je suis reparti l’année suivante vers le Pakistan (Peshawar) avec la même organisation pour veiller à la gestion d’une maternité pour femmes vivant une grossesse à risque.

Chaque contexte vient avec ses propres spécificités. En République centrafricaine, l'enjeu de la sécurité était au premier plan : il fallait s’adapter au couvre-feu et à l’impossibilité de se déplacer à pied. Vivre et travailler sur une zone de 3 km2, il faut s'y habituer. Dans le cas du Pakistan, mettre sur pied une ressource pour les femmes, gérée et desservie presque exclusivement par des femmes était un projet particulièrement enthousiasmant. En revanche, la gestion des ressources humaines et des finances demeurent, dans un cas comme dans l'autre, assez similaire. »

As-tu été confronté à la peur?

« À Bangui, en République centrafricaine, on entendait des tirs le soir de manière assez régulière. Ça peut devenir un peu stressant : il y a toujours des balles perdues qui se retrouvent quelque part. Les postes de contrôle que l’on doit traverser pour se déplacer dans des zones de conflits m’intimidaient un peu au début, surtout le soir.

La manière dont cela va se passer dépend toujours de la personne qui se retrouve devant toi. Nous nous trouvons dans des contextes où travailler pour une organisation reconnue et acceptée est essentiel. Un logo sur un véhicule et une lettre du ministère de l’Intérieur peuvent nous sécuriser en établissant notre légitimité face à certains interlocuteurs. »

Qu’as-tu retiré de ces différentes missions?

« J’ai dépassé ma peur de l’inconnu. Je pense qu’anticiper est souvent trompeur. Il faut se lancer et ce dont on se rend compte une fois dans l’action, c’est qu’au final, on y prend goût. À travers notre travail, on réussit à transformer la vie des gens et à améliorer leurs conditions de vie, même si ce n’est que temporaire. »

Peux-tu nous parler d’une rencontre qui t’a marqué?

« Je me souviens de cette jeune femme veuve en Irak, qui a développé chez elle une petite production de pâtisserie. Une collaboratrice et elle confectionnent à la main un dessert traditionnel. C’est son père, un homme d’un âge avancé, qui les distribue et les vend sur le marché local. Comme elle est responsable de son ménage, elle représente la seule source de revenus.

Oxfam l’a aidée à créer cette entreprise en lui accordant un transfert d’argent sous conditions, qui lui a permis de se lancer. Aujourd’hui, son affaire assure à ses enfants - et à elle-même - une meilleure qualité de vie. Elle dispose d’un logis convenable, de la nourriture nécessaire à sa famille et se trouve dans de bonnes conditions pour permettre à ses enfants d’accéder à l’éducation. »

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui rêve de travailler dans l’action humanitaire?

« Avoir étudié dans un domaine technique lié à la gestion de l’eau ou aux communications peut être un plus, mais il y a toutes sortes de domaines applicables à l’humanitaire : finance, logistique, ressources humaines ou sécurité. L’économie rurale (moyens de subsistance) et la psychologie (traumatismes) seront toujours des expertises en demande. Je dirais aussi à cette personne de travailler fort, d’être patiente et flexible. On arrive rarement à destination via un chemin rectiligne. »

Solange prend soin des gens avec des moyens réduits

solange-rdcongo@scheherazade-bouabid

Solange, une infirmière de 35 ans, est responsable d'un centre de soins  en République démocratique du Congo.

Elle recueille celles et ceux qui ont fui l’Angola et  de nombreuses mères n’ayant nulle part où aller.

«  En 2016, les gens ont commencé à quitter l’Angola à cause des conflits dans la région. Au début, j’ai accueilli ici 4 ou 5 personnes. La plupart était des femmes avec leurs enfants. Maintenant, il y a plus de 40 personnes. Les gens qui arrivent ici n’ont plus rien. Il faut leur fournir des vêtements et aussi de la nourriture. Nous manquons de médicaments et de fournitures médicales. Nous demandons au gouvernement de nous aider afin que nous puissions continuer de prendre soin de ces gens. »

Julia donne au suivant dans sa communauté

julia-mozambique-2019@micas-mondlane-oxfam-novib

Julia est volontaire en hygiène au Mozambique pour Oxfam.

Sur cette photo, elle donne des conseils de santé à Maria Mussanharuca, une femme de 45 ans qui a été touchée par le cyclone Idaï, en mars 2019.

Julia vient en aide à celles et ceux qui, comme elle, ont été frappés par le cyclone Idaï en mars dernier. Lorsque celui-ci a touché sa maison de Beira, Julia dormait. La jeune fille a été emportée par les trombes d’eau qui se déversaient et a dérivé jusqu’à ce que quelqu’un lui vienne en aide.

Aujourd’hui, elle dispense des formations en hygiène de base aux 600 familles rassemblées dans le camp de Golden Peacock afin d’éviter que des maladies comme le choléra ne se propagent sur place. Oxfam fournit aux victimes un accès à de l’eau potable, à des installations sanitaires et à des trousses d’hygiène. Beira est l’une des zones les plus gravement touchées par le cyclone. Plus de 2 000 trousses d’hygiène ont été distribuées sur place.

Gashaw permet à des centaines d'enfants d'aller à l'école

gashaw-shareef-irak@tegid-cartwright-oxfam

Gashaw Shareef  [au centre de la photo] est ingénieure en santé publique pour Oxfam en Irak.

Elle a redonné le sourire aux élèves en supervisant la rénovation de l'école Al-Rusul de Mossoul.

Les toilettes de l’école avaient été détruites par les affrontements armés entre l’État islamique et la Coalition internationale. Des travaux comme ceux-là ont été menés par Oxfam dans plus de 30 écoles de la province de Ninive. Ils permettront à des centaines d’élèves de retourner sur le chemin de l’école.

Cette action est complétée par des sessions de formation sur l’hygiène qui sensibilisent les enfants à l’importance d’évoluer dans un environnement sain, à travers des jeux interactifs. Ces moments conviviaux sont l’occasion pour les jeunes filles et jeunes garçons de s’amuser et de se faire des amis.