Vanessa Pilon Oxfam-Québec

Vanessa Pilon, porte-parole de la 47e Marche Monde

Je vous écris pour vous dire que, le 12 mai prochain, je marcherai encore avec vous. À vos côtés. À égalité. Parce que ce j’ai vécu l’an dernier, les rencontres que j’ai faites, les yeux allumés que j’ai croisés : tout ça, c’était puissant et inspirant.

Un an plus tard, les souvenirs de la Marche Monde m’habitent encore. Quand je ferme les yeux, j’entends encore tout ce joyeux vacarme. Le vacarme de milliers de voix réunies, ça résonne dans les rues, oui, mais dans le cœur, surtout. Pour certains, le vacarme, c’est un bruit qui dérange et qu’il faut taire. Je crois plutôt que le vacarme est nécessaire. Qu’il faut parfois être dérangé pour se réveiller, et qu’il faut parfois déranger pour être entendu. Parce que s’exprimer, c’est déjà important, mais se faire entendre, c’est primordial. Et pour se faire entendre, il faut avoir une voix. Malheureusement, quand on est jeune, on se fait souvent dire que cette voix ne compte que lorsqu’on atteint 18 ans. Comme si la conscience ne devenait fonctionnelle qu’à cet âge-là. Pourtant, l’histoire nous prouve tout le contraire. Il y a tellement de grands mouvements de justice sociale et de paix qui sont nés grâce à la jeunesse, grâce aux étudiants. Cette jeunesse qui, tout en étant consciente, est aussi animée d’idéaux, d’optimisme.

C’est pourquoi les jeunes sont mes humains préférés. Ils jettent un regard neuf sur les enjeux actuels. Ils arrivent, avec intelligence et sensibilité, à imaginer un monde différent. Je suis profondément convaincue que si l’on faisait l’effort de les écouter davantage et de collaborer avec eux, nos sociétés en ressortiraient plus inclusives, plus durables et équitables. Les jeunes de 10 à 24 ans représentent le quart de la population mondiale. Voilà la raison pour laquelle m’impliquer auprès d’Oxfam-Québec me tient tant à cœur. Parce qu’à travers ses initiatives, Oxfam-Québec donne une voix à ce précieux quart.

Vous voulez voir un exemple de ce que les jeunes imaginent et désirent? Vous voulez un aperçu du genre de société qu’ils demandent? Je vous invite donc à lire le manifeste qu’une centaine d’entre eux, d’une vingtaine de pays, ont rédigé collectivement lors du Sommet de la jeunesse qui s’est tenu à Montréal en août dernier. Leur message est à la fois lucide, grand, lumineux et très simple. J’ai signé le manifeste. Je vous invite à le faire aussi.

Le 12 mai, unissons nos voix. Laissons-nous être dérangés. Écoutons. Et embrassons ce vacarme. Vos voix comptent.