Aida, 10 ans, originaire de la province de Homs, en Syrie, joue dans un campement de réfugiés syriens, près de la ville de Zahle, dans la vallée de la Bekaa, au Liban.

Six ans de conflit en Syrie : Des millions de civils en danger

Six ans après les manifestations qui ont entraîné le pays dans une sanglante guerre civile, des millions de Syriennes et Syriens paient un lourd tribut à des politiques de plus en plus restrictives les empêchant de vivre en sécurité, en Syrie et à travers le monde.

Avec l’adoption de politiques hostiles aux réfugiés dans les pays riches, les hommes, les femmes et les enfants qui ont fui la Syrie voient les portes se fermer. Depuis la fin janvier 2017, les États-Unis et des pays membres de l’Union européenne, dont le Royaume-Uni, ont modifié, suspendu ou annulé des politiques qui auraient permis d’offrir l’asile à des dizaines de milliers de réfugiés.
Face à cette situation, la position du gouvernement canadien est à souligner, et doit être poursuivie pour jouer un rôle de leader de la communauté international et offrir un espoir à ces civils en quête de sécurité.

Sont particulièrement vulnérables les quelque 78 000 personnes bloquées le long de la frontière désormais fermée avec la Jordanie, les centaines de milliers d’autres ne pouvant pas entrer en Turquie et les plus de 640 000 habitants qui peinent à survivre sous un siège militaire imposé par le gouvernement syrien et ses alliés, les groupes armés d’opposition et Daech.

Andy Baker, qui dirige la réponse d’Oxfam à la crise syrienne, a déclaré : « Un nouveau consensus international s’ébauche pour arrêter la fuite des Syriens face aux violences, au lieu d’arrêter ces violences qui les poussent à fuir. Résultat : des civils dans la ligne de tir et en état de siège, des réfugiés vulnérables sans possibilité de réinstallation et des tentatives de renvoyer les populations syriennes dans des zones de conflit. »

Le président des États-Unis, Donald Trump, a récemment promulgué un nouveau décret qui signifie l’arrêt complet du programme américain de réinstallation des réfugiés pendant 120 jours. En février, le gouvernement britannique a annoncé qu’il n’allait plus accepter d’enfants réfugiés non accompagnés en provenance d’Europe. Suite aux accords entre l’Union européenne et la Turquie, beaucoup se sont retrouvés confrontés à des conditions de vie épouvantables dans des centres surpeuplés, sur les îles grecques, tandis que l’Europe s’efforçait de les renvoyer vers la Turquie pour ne pas avoir à traiter les demandes d’asile sur son territoire.

Pour Oxfam, il s’agit là de fermer la porte à des milliers de réfugiés vulnérables qui ont cruellement besoin d’aide.

En Syrie, l’étau se resserre sur les populations civiles des zones assiégées.

Pour Andy Baker, « la communauté internationale doit entendre toutes celles et ceux qui souffrent de la crise en Syrie, aussi bien les personnes qui ont été contraintes de fuir le pays que celles qui y sont restées et les organisations humanitaires locales qui les ont aidées dans cette tragédie. Tant qu’il n’y aura pas de paix durable en Syrie, tous les membres de la communauté internationale auront le devoir d’offrir refuge à celles et ceux qui fuient les violences et la répression. »