Jérusalem – Trump La réaction d’Oxfam

Selon Oxfam, sans un accord de paix fondé sur le droit international, l’annonce faite par les États-Unis de reconnaître Jérusalem comme la capitale israélienne et d’y déplacer son ambassade constitue un acte provocateur et dangereux à la fois pour les populations palestinienne et israélienne.

En amont de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qui sera tenue aujourd’hui, Oxfam s’inquiète que l’annonce de Donald Trump donne le feu vert à Israël pour une escalade des violations graves du droit international humanitaire (DIH) et du droit international relatif aux droits de l’homme ayant déjà lieu : expansion des colonies, transferts forcés et évictions, démolitions illégales d’habitations et déni des droits, des libertés et de l’accès à certains des services les plus essentiels pour des centaines de milliers de Palestiniens et Palestiniennes à Jérusalem-Est.

En vertu du droit international, Jérusalem-Est fait partie du Territoire palestinien occupé et toute décision visant à légitimiser l’annexation illégale de Jérusalem-Est par Israël compromet tout véritable espoir de paix durable dont la population a si cruellement besoin.

« Nous devons maintenant nous armer de courage pour faire face à un regain de violence à l’encontre des civils palestiniens et israéliens ainsi qu’aux conséquences pour toute perspective de paix et de développement sur l’intégralité du territoire, » déplore Chris Eijkemans, directeur pays d’Oxfam pour le Territoire palestinien occupé et Israël.

Dans la Jérusalem-Est occupée, Oxfam fournit des services essentiels et des opportunités économiques à la population locale, qui est isolée et vit dans la pauvreté à cause du mur et de l’occupation. À mesure que ces violations augmentent, les organisations humanitaires devront fournir de plus en plus de services essentiels à de nombreuses communautés parmi les plus vulnérables de Jérusalem, lesquels ne sont fournis ni par l’Autorité palestinienne ni par le gouvernement israélien.

« Beaucoup des communautés auprès desquelles nous œuvrons dépendent de l’aide internationale pour survivre et ce, uniquement à cause de l’occupation en cours. Dans l’intérêt de nos partenaires, de notre personnel, et de plus de 4,5 millions de Palestiniens et Palestiniennes vivant sur le Territoire palestinien occupé, nous appelons à mettre fin à cette injustice sans plus tarder, » ajoute Chris Eijkemans.

Alors que l’indignation a provoqué une série de heurts à Gaza, en Cisjordanie et dans la Jérusalem-Est occupée, Oxfam publie aujourd’hui le reportage Gaza at Work, qui retrace les histoires ordinaires – et extraordinaires – de Palestiniens et Palestiniennes bloqué·e·s derrière le mur de Gaza. Ces témoignages sont ceux de personnes, qui comme des millions d’autres, attendent désespérément la paix.

« Sous cette occupation, à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, la population vit l’injustice au quotidien. Toutefois, le monde n’y prête attention que lorsque les responsables politiques font des déclarations ou lorsque des violences éclatent. Oxfam est déterminée à relayer les témoignages de ces hommes et femmes et à les aider à obtenir la justice, la paix et la prospérité qu’ils méritent, » ajoute Chris Eijkemans.

Quelques faits et statistiques sur Jérusalem-Est :


Population : 330 000 Palestinien·ne·s, soit environ 37 % de la population totale de Jérusalem
Révocations de résidence de 1967 à 2016 : 14 595[i] Palestinien·ne·s
Palestinien·ne·s vivant sous le seuil de pauvreté : 76 % des adultes et 83,4 % des enfants

Habitations sans permis de construire : plus de 20 000

Permis de construire délivrés aux Palestinien·ne·s : seuls 7 % des permis délivrés à Jérusalem

Budget municipal dépensé dans les quartiers de Jérusalem-Est : 10 % du budget de la ville

[i] http://www.hamoked.org/files/2017/1162480_eng.pdf