Sharbel, un volontaire chez Oxfam, distribue des trousses d’hygiène aux populations à Fahel, en Syrie. Date : mai 2018. Crédits : Dania Kareh/ Oxfam

Violences au nord-est de la Syrie : un drame humanitaire est redouté

15 ONG exhortent les parties au conflit à respecter le droit humanitaire international afin de ne pas compromettre le travail humanitaire

Montréal, le 11 octobre 2019 – À l’heure où une nouvelle opération militaire est en cours dans le nord-est de la Syrie, le travail humanitaire pourrait être complètement suspendu dans cette zone, mettant ainsi les civils gravement en danger, préviennent 15 organisations d’aide humanitaire actives sur le terrain.

Les rapports des organisations humanitaires actives en Syrie indiquent que des civils ont commencé à fuir la zone de conflit et que certains services essentiels comme les centres médicaux et les réseaux d’approvisionnement en eau sont à l’heure actuelle interrompus. À la suite des violences de cette semaine, une partie des travailleuses et travailleurs humanitaires sur place a dû suspendre temporairement ses activités, se confiner ou se relocaliser.

On estime que près de 450 000 personnes vivent à moins de 5 km de la frontière entre la Syrie et la Turquie. Elles sont exposées à un grand danger si toutes les parties conflit ne font pas preuve de la plus grande retenue possible et ne font pas de la protection des civils une priorité. On compte parmi les populations directement exposées 90 000 personnes déplacées internes, qui ont déjà dû fuir, parfois à de multiples reprises, des combats depuis le début de la guerre en Syrie.

Plus d’un million de personnes en danger

Selon l’ONU, au moins 1 650 000 personnes ont besoin d’aide humanitaire dans le nord-est de la Syrie.

« L’aide vitale qu’apportent les ONG sur place pourrait être compromise si l’instabilité pousse les organisations humanitaires à suspendre ou relocaliser durablement leur personnel, indique Céline Füri, coordonnatrice humanitaire d’Oxfam-Québec. Les organisations humanitaires disent avoir atteint un point de rupture à cause de la crise majeure qui perdure à Idlib et des besoins gigantesques partout ailleurs en Syrie. »

Les 15 organisations humanitaires exhortent donc toutes les parties au conflit à respecter pleinement le droit humanitaire international et à s’abstenir d’utiliser des armes explosives en territoire habité. Elles doivent faire en sorte que toutes les mesures soient prises pour protéger les civils et garantir un accès humanitaire complet et sécuritaire. Les civils qui vivent dans la zone touchée par les opérations militaires ont le droit à la liberté de mouvement et de circulation et ne peuvent être déplacés de force de leurs foyers.

Retours forcés

De plus, il ne peut y avoir de retours forcés de personnes réfugiées vivant en Turquie vers la Syrie. Toute personne renvoyée vers la Syrie s’expose à des menaces contre sa sécurité et son intégrité  physique, risque d’être victime de nouveaux déplacements internes et de dépendre davantage d’une assistance humanitaire que la communauté internationale n’est pas en mesure de fournir. Selon le gouvernement turc, près de 83 % des Syriens et des Syriennes qui vivent en Turquie ne sont pas originaires du nord-est du pays.

Ne pas aggraver la situation

La situation sécuritaire dans la région est déjà fragile : des dizaines de milliers de combattants ainsi que des membres de leurs familles sont détenus dans des camps et des centres de détention. Tous les enfants doivent être protégés et il faut leur fournir une aide humanitaire. Les pays d’origine devraient prendre des mesures immédiates pour rapatrier les quelque 9 000 enfants de 40 nationalités différentes qui se trouvent dans le nord-est de la Syrie.

La communauté internationale a un rôle important à jouer dans le soutien à la résolution de cette crise. Des mesures s’imposent d’urgence pour s’assurer que la situation humanitaire dans le nord-est de la Syrie ne se détériore pas, ce qui pourrait avoir de graves conséquences pour les familles et les enfants à nouveau exposés à des violences mortelles. 

Source :

Camille Garnier

Agent médias et relations publiques Oxfam-Québec

514 513-0506

camille.garnier@oxfamquebec.com

Signé par :

  1. Action contre la faim
  2. Christian aid
  3. CARE International
  4. DanChurchAid
  5. Diakonie Katastrophenhilfe
  6. Humanité et Inclusion
  7. Comité International de la Croix-Rouge
  8. Médecins du Monde
  9. Mercy Corps
  10. Le Conseil norvégien pour les réfugiés
  11. Oxfam
  12. People in Need
  13. Terre des Hommes Italie
  14. Un Ponte Per
  15. Vision Mondiale

pop-in Muna

Je fais un don en ligne pour les fêtes

%d blogueurs aiment cette page :