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RAPPORT ANNUEL 2020-2021

MERCI!

En cette année 2020-2021 si exceptionnelle, votre soutien a été plus qu’essentiel. Ensemble, nous avons donné une voix aux femmes pour qu’elles revendiquent l’égalité, appuyé les communautés affectées par la crise climatique et par la pandémie, aidé des familles à se nourrir et avoir un revenu décent et protégé les communautés du coronavirus par notre action en eau et en hygiène.

Merci. Grâce à vous, nous sommes plus près d’un monde juste et durable.

Crédit: Pablo Tosco - Oxfam

Notre mission

Oxfam-Québec est un mouvement animé par la vision d’un monde juste et durable. Ensemble, nous luttons pour mettre fin à la pauvreté et aux injustices. Nous agissons maintenant et à long terme. Nous soutenons les communautés pour qu’elles développent des moyens de subsistance dignes, et pour qu’elles soient plus fortes et résilientes. Nous protégeons des vies, surtout en situation de crise.

Nous nous attaquons aussi aux choix politiques qui profitent aux plus privilégiés au détriment du bien-être de la majorité de l’humanité.

Crédit: Alexis Huget - Oxfam

NOS VALEURS

Égalité

Nous pensons que tout le monde a le droit d’être traité équitablement et de jouir des mêmes droits et des mêmes opportunités.

NOS VALEURS

Autonomisation

Nous reconnaissons et cherchons à étendre la capacité des personnes d’agir sur leur propre vie et les décisions qui les concernent.

NOS VALEURS

Solidarité

Nous unissons nos efforts, nous offrons notre soutien et nous collaborons par-delà les frontières pour parvenir à un monde juste et durable.

NOS VALEURS

Inclusivité

Nous encourageons la diversité et les différences, et nous valorisons les points de vue et les contributions de toutes les personnes et communautés dans leur lutte contre la pauvreté et les injustices.

NOS VALEURS

Redevabilité

Nous répondons de nos actions et de notre inaction, tout en engageant notre responsabilité envers les personnes avec et pour lesquelles nous travaillons.

NOS VALEURS

Courage

Nous interpellons les pouvoirs établis et agissons avec la conviction que les causes que nous défendons sont justes.

Crédit: nom

Une année de solidarité sans frontières

Mot de la présidence et de la direction générale

Crédit: Éric St-Pierre - Oxfam

Données par région

Amérique Latine et Caraïbes

13 878

personnes soutenues

148

organisations partenaires

7

projets

Afrique

190 984

personnes soutenues

883

organisations partenaires

6

projets

Moyen-Orient et Afrique du Nord

10 420

personnes soutenues

62

partenaires

6

projets

Asie

15 260

personnes soutenues

1

intervention d’urgence

1

partenaire

Canada

53 502

personnes mobilisées par nos activités

16 779

membres

29 000

signataires de la pétition pour une relance verte, juste et inclusive

Crédit: Aurelie Marrier d'Unienville - Oxfam

Où vont vos dons?

VOTRE ACTION

pour l’égalité

Crédit: Fabeha Monir - Oxfam

VOTRE ACTION

Femmes et justice de genre

Lutter contre les inégalités de genre est une puissante façon de lutter contre la pauvreté. En soutenant les femmes et les organisations de défense des droits des femmes, et en sensibilisant la population et les décideuses et les décideurs aux inégalités de genre, nous participons avec vous à la création de sociétés justes et prospères. Voyez votre action cette année.

Deux employées d'Oxfam marchent côte à côte

Voix et leadership des femmes

Viser l’égalité entre les hommes et les femmes pour réduire la pauvreté : c’est ce que propose le projet Voix et Leadership des femmes.

4 jeunes femmes du Honduras et participant à l'un de nos projets assises sur un tracteur

Au Honduras : votre soutien s’adapte à la pandémie

Augmentation de la violence faite aux femmes et inondations : notre réponse s’est adaptée aux besoins de la population.

Deux femmes travaillent à l'élaboration d'un projet

L’égalité en action

Découvrez ce programme multipays qui vient d’être lancé afin de promouvoir le bien-être des personnes les plus vulnérables.

Une jeune femme masquée regarde à travers la fenêtre

Les femmes en première ligne face à la COVID-19

Les femmes ont payé un plus grand prix pendant la crise sanitaire. Voyez pourquoi.

VOTRE ACTION

Climat et justice

Nous ne sommes pas toutes et tous à égalité devant les effets de la crise climatique. Grâce à vous, cette année, nous nous sommes mobilisés pour exiger des solutions durables à la crise climatique tout en soutenant les communautés dans leur adaptation aux conséquences des changements climatiques.

Une femme cueille un fruit sous un ciel orageux

Climat et justice

La crise climatique menace de détruire notre planète, mais elle risque également d’exacerber les inégalités. Voyez comment nous agissons.

Une femme au Bénin est agenouillée dans son champ et nous montre ses plants dans le cadre d'un projet en agriculture

Comprendre la crise climatique et s’y adapter

Au Bénin, nous soutenons les familles agricultrices à s’adapter aux effets de la crise climatique. Voyez comment.

Une femme haïtienne qui montre avec fierté ses récoltes dans le cadre du projet Kafé Makaya

Cultiver du café de façon durable en Haïti

En Haïti, le projet Kafé Makaya vise à soutenir les familles agricultrices à adapter leurs récoltes aux changements climatiques.

VOTRE ACTION

Justice économique et sécurité alimentaire

Les inégalités économiques affectent le bien-être des populations et leur capacité à s’alimenter. La crise de la COVID-19 a exacerbé ces inégalités. Grâce à votre appui cette année, nous avons mené des projets concrets pour que les communautés puissent s’alimenter de façon durable. Et pour s’attaquer aux racines des inégalités économiques, nous avons produit des rapports et sensibilisé la population québécoise sur ces enjeux.

S’alimenter en temps de pandémie

Au Nigéria, nous avons dû adapter nos projets en sécurité alimentaire pour répondre aux besoins des populations.

Une photo montrant des tours d'habitation luxueuses bordant un bidonville

29 000 voix pour une relance juste

La relance économique doit être l’occasion de bâtir une société verte, juste et inclusive. Voyez notre pétition.

Deux personnes se tiennent du des colonnes de grandeurs différentes afin d'illustrer les inégalités.

Le virus des inégalités

Certains ont profité de la crise de la COVID-19. Lisez notre rapport sur les inégalités en temps de pandémie.

VOTRE ACTION

Interventions humanitaires

La pandémie est venue s’ajouter à des crises déjà existantes. Cette année, votre soutien nous a permis d’intervenir dans de nombreux contextes de crises humanitaires en soutenant les populations locales afin qu’elles puissent subvenir à leurs besoins de base.

Une jeune Libanaise ayant survécu à l'explosion du 6 août

Explosions au Liban : votre action

À la suite des explosions d’août 2020, Oxfam s’est mobilisée et, grâce à vous, a pu répondre aux besoins de la population.

Une femme Vénézuélienne âgée portant un masque

Caminantes : parcourir des kilomètres pour une vie meilleure

Depuis 2015, 5,6 millions de Vénézuéliennes et de Vénézuéliens ont fui la violence et la pauvreté qui sévit dans leur pays.

Une distribution de matériel sanitaire auprès des hôpitaux en Irak par Oxfam

Irak : vivre la pandémie dans un état fragile

Voyez notre action pour soutenir le personnel de la santé et les familles les plus vulnérables dans cet état fragile.

VOTRE ACTION

Participation active à la vie démocratique

Au Québec comme partout dans le monde, des citoyennes et des citoyens engagé.e.s sont gage d’une démocratie saine. C’est particulièrement vrai pour les jeunes qui peuvent être de puissants acteurs de changement. Voyez nos projets et nos initiatives auprès des jeunes.

Logo du projet Génération Inclusion

Mettre fin aux stéréotypes sexistes et racistes

C’est l’objectif de deux groupes de jeunes de 18 à 31 ans dans le cadre du projet Génération Inclusion.

Deux jeunes hommes masqués qui regardent par une fenêtre.

Génération pandémie?

La pandémie aura marqué les jeunes de 10 à 24 ans à un tel point qu’ils pourraient constituer une génération pandémie.

La force d’une communauté

La force d’Oxfam-Québec, c’est vous! Ce sont les partenaires, les donatrices et les donateurs, les bénévoles, les bailleurs de fonds, les communautés, les groupes et les personnes avec qui nous travaillons qui nous inspirent et nous donnent l’élan pour lutter contre les inégalités.

Grâce à votre don, à votre signature, à votre temps ou tout simplement à vos encouragements, vous participez avec nous à la création d’un monde juste et durable. Merci!

Crédit: Kieran Doherty - Oxfam

Engagez-vous

Crédit: Oxfam

avec nous!

Une année de solidarité sans frontières

L’année 2020-2021 a été unique à plusieurs égards. Elle nous aura montré de quoi nous sommes capables : d’une solidarité inégalée, d’une grande générosité, d’une force et d’une résilience impressionnantes.

Elle nous aura aussi montré avec urgence que nous ne pouvons plus ignorer les inégalités croissantes. Le début de la crise climatique l’avait laissé présager, la crise sanitaire de la COVID-19 l’a confirmé : où que nous nous trouvons sur la planète, notre avenir est lié à celui du reste de l’humanité. Une vie digne pour toutes et tous est à portée de main, mais une collaboration de tous les acteurs du développement sera essentielle pour réaliser les objectifs de développement durable que nous nous sommes fixés.

Depuis le début de la crise sanitaire, cette collaboration a été au centre de nos actions. Ici, au Québec, nous avons notamment travaillé aux côtés de l’Observatoire des inégalités pour mettre sur pied un baromètre des inégalités. Ce baromètre a dévoilé que le Québec n’était pas à l’abri des inégalités en temps de pandémie : les effets du confinement touchaient plus durement les femmes et les communautés racisées.

Ce constat est le même partout sur la planète : la crise sanitaire a affecté plus durement les femmes parce qu’elles sont en première ligne de soins de santé et de soins aux malades, ont perdu leur emploi en plus grande proportion et ont assumé une plus grande charge de travail de soin non rémunéré. Ce sont elles qui ont le plus souffert de la pauvreté. Surtout, certaines en ont payé de leur vie en raison de l’augmentation des violences faites aux femmes et aux filles liées au confinement.

Si la pandémie a ralenti les activités dans plusieurs secteurs, pour nous, elle l’a accélérée. L’augmentation des inégalités et de la pauvreté a, plus que jamais, renforcé l’importance et la pertinence de notre travail. Il nous a forcé de faire preuve d’innovation et de résilience, à l’image des populations avec lesquelles nous travaillons.

Par exemple, nous avons rapidement mis sur pied des fonds réactifs pour adapter notre réponse à la situation et aux besoins exprimés par nos partenaires. Au Burkina Faso, une étude réalisée avec ce fonds a révélé qu’un nombre important de filles du niveau secondaire ne sont pas revenus sur les bancs d’école au retour du confinement, soit pour cause de mariage précoce ou de grossesse précoce. Cette situation renforce davantage l’importance de notre projet en éducation à la santé sexuelle et reproductive que nous venons de lancer et qui se déroulera dans sept pays.

Un demi-milliard de personnes de plus risquent de basculer dans la pauvreté en raison de la COVID-19. Ces proportions impressionnantes nous montrent que notre action doit se faire à grande échelle et, pour cela, qu’il importe plus que jamais d’agir sur les causes profondes de la pauvreté, dont les inégalités. En favorisant des changements de lois et de normes sociales en faveur d’une plus grande égalité pour les femmes, les filles et les personnes vulnérables, nos grands projets comme Voix et Leadership des femmes ou Égalité en action soutiennent les populations pour bâtir des sociétés plus justes et égalitaires.

Au Québec, nous avons mobilisé les Québécoises et les Québécois afin de demander une relance économique post-pandémie qui soit juste, verte et inclusive. Vous avez été plus de 20 000 à signer la pétition « Taxer la richesse : aplanir les inégalités » qui vise une meilleure taxation de la richesse pour pouvoir investir dans les programmes sociaux accessibles pour tous et toutes. Nous avons également sensibilisé les décideurs et décideuses aux effets spécifiques de la pandémie sur les jeunes avec le rapport « Jeunes et COVID-19 ».

Au niveau mondial, nous avons produit le rapport « le Virus des inégalités » pour sensibiliser la communauté internationale aux effets de la pandémie sur les populations les plus vulnérables et amassé plus de 2,7 millions de signatures pour réclamer des soins de santé, des traitements et des vaccins accessibles à toutes et à tous.

Le travail accompli est impressionnant. En 2020-2021, nous avons soutenu XX personnes. Mais si nous pouvons être fiers d’avoir rendu le monde un peu plus juste en cette année si importante, c’est grâce à vous! Merci d’être plus de xx personnes à nous appuyer par votre don, par votre signature, par votre soutien ou par vos encouragements. C’est par votre présence et votre nombre que nous pouvons avoir un mouvement fort.

C’est aussi grâce à vous que nous pouvons entrevoir l’année qui vient avec optimisme, car la pandémie nous aura aussi montré ce dont nous sommes capables lorsque nous unissons nos voix et nos actions.

Denise Byrnes DIRECTRICE GÉNÉRALE, Oxfam-Québec

Richard Wilson PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION, Oxfam-Québec

Crédit: Mathieu-Étienne Gagnon - Oxfam-Québec

Deux employées d'Oxfam marchent côte à côte

Amplifier la voix et renforcer le leadership des femmes de façon durable

Partout dans le monde, les femmes se battent pour avoir les mêmes droits que les hommes… et avec raison! Selon ONU Femmes, dans le monde, 35 % des femmes vivront de la violence basée sur leur genre au cours de leur vie, 2,7 milliards de femmes ne peuvent pas, légalement, avoir accès aux mêmes emplois que les hommes et les trois quarts de la prestation de soins non rémunérés est effectuée par des femmes.

Ces quelques statistiques nous montrent l’ampleur du travail à réaliser et les nombreuses facettes qu’il revêt.

Pourtant, nous savons que de miser sur l’égalité entre les hommes et les femmes permet de réduire non seulement les inégalités, mais également la pauvreté. C’est ce que propose l’initiative Voix et Leadership des femmes (VLF), cinq grands projets d’une durée de cinq ans (2019-2024) qui se déroulent dans six pays, soit le Bénin, le Burkina Faso, la Colombie, le Honduras, le Maroc et la Tunisie.

L’approche choisie par ces projets consiste à miser sur le renforcement des organisations de défense des droits de femmes pour bâtir des sociétés plus justes, plus prospères et plus pacifiques. Ces organisations sont bien ancrées dans leur milieu et connaissent mieux que quiconque les enjeux auxquels sont confrontées les femmes de leurs pays. En les soutenant directement, nous contribuons à leur autonomie et à leur pérennité.

Dans le cadre de ces projets, ces organisations reçoivent, selon les besoins qu’elles ont elles-mêmes cernés, des formations sur l’amélioration des services offerts aux femmes, le plaidoyer politique, la planification stratégique, les communications ou la comptabilité et, surtout, du financement pour mener leur mission. Des alliances entre les diverses organisations sont favorisées pour améliorer leur rayonnement et leur influence dans leur communauté.

Grâce à l’amplification de leur travail, plus de femmes auront accès à des services (aide juridique, maison d’hébergement, recherche d’emploi, service de garde, soins de santé, etc.), plus de femmes verront leurs droits reconnus et plus de femmes se rapprocheront de l’égalité. Surtout, ce projet encourage une pérennité des actions, car ces organisations continueront d’avoir un impact tout aussi important auprès de leur communauté, et ce, même après la fin du projet.

Résultats du projet en 2020-2021

  • Plus de 185 000 personnes ont directement été soutenues
  • 1 074 591 personnes ont bénéficié indirectement des retombées du projet
  • 162 organisations partenaires ont été soutenues

Témoignage d’une participante au projet Voix et Leadership des femmes au Bénin

« Je ne savais pas que les femmes avaient des droits à réclamer. Mon mari m’a souvent bastonné et a régulièrement eu avec moi des rapports sexuels contre mon gré. Je n’avais pas le choix parce je dépendais financièrement de lui (…). Mais, grâce aux séances de causerie de BIOWA (organisation soutenue par Oxfam-Québec dans le cadre du projet VLF) auxquelles j’ai participé pendant cette période de COVID-19, sur les droits de la femme, j’ai compris que j’avais aussi des droits. C’est comme ça qu’après une intervention des ambassadeurs de l’association BIOWA, mon mari a été conscientisé et, depuis ce jour, je vis en paix. Il a commencé par me demander mon avis et je participe aux prises de décisions dans notre foyer et tout va bien. »
– Dame Fleur, 34 ans, victime de violence

Crédit: Arnaud Deharte - Oxfam-Québec

4 jeunes femmes du Honduras et participant à l'un de nos projets assises sur un tracteur

Honduras : une adaptation unique pour un contexte unique

La pandémie a exacerbé les inégalités dans le monde. Au Honduras, par exemple, la violence envers les femmes, qui était déjà particulièrement élevée, a grandement augmenté du fait de la pandémie. Des inondations ont en plus gravement affecté des communautés déjà précaires. Comme la population, nous avons dû nous adapter.

Des projets pour soutenir les femmes victimes de violence

Dans le cadre du projet Voix et leadership des femmes - Honduras, dont des projets similaires se déroulent dans cinq autres pays jusqu’en 2024, le fonds réactif, réponse spéciale à la COVID-19, a été lancé plus tôt que prévu afin de soutenir l’action de sept organisations de défense des droits des femmes pendant ce moment crucial.

Grâce à votre appui, ces organisations ont réalisé des campagnes de sensibilisation pour prévenir les violences et promouvoir les droits des femmes (droits du travail, droit à la santé, droit à l’alimentation, etc.). Des services de soutien juridique et psychologique ont été adaptés en mode numérique ou téléphonique afin de mieux atteindre les femmes et les survivantes de violence.

Des trousses de protection (masques, gants, produits nettoyants, tests de dépistage) ont été distribuées aux maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence. Une vaste campagne nationale a été menée en faveur de l’adoption d’une loi sur les maisons d’hébergement visant à assurer leur existence à long terme. D’autres actions ont permis à des femmes autochtones d’obtenir des semences et d’améliorer leur production de légumes biologiques afin d’assurer la sécurité alimentaire de leurs familles. Près de 2 000 personnes ont profité de cet appui, dont 88 % sont des femmes et des filles.

Portrait d’une organisation partenaire : Visitación Padilla

Honduras : Pas de quarantaine pour nous faire taire!

Au Honduras, prévenir la violence contre les femmes est au cœur de la mission du Mouvement des femmes pour la paix « Visitación Padilla » qui promeut également des réformes politiques en faveur des droits des femmes et des filles. Pendant le confinement lié à la COVID-19, plus de 250 personnes ont bénéficié de conseils, d’accompagnement psychologique émotionnel et d’aide juridique par téléphone, vidéoconférence ou clavardage. Le Mouvement accompagne aussi, par le biais de nombreux ateliers, un collectif de jeunes femmes qui mène des campagnes de sensibilisation en ligne.

Témoignage d’une femme ayant reçu les services de Visitación Padilla

« Le fait que vous m’ayez offert de l’aide a été comme une goutte d’eau après neuf années à souffrir de la soif », lance Nancy, une femme survivante de violences conjugales. Elle a eu recours aux services d’accompagnement émotionnel offerts par le Mouvement des femmes pour la paix Visitación Padilla. Celui-ci a adapté ses services au mode virtuel, grâce à l’appui d’Oxfam-Québec. « Je pense souvent à la femme que j’étais en train de devenir et à quel horrible cancer je vivais, poursuis Nancy. Je fais référence à mon ex-conjoint et à tout ce que je permettais. Merci de m’avoir aidé à découvrir ma valeur, mon potentiel, mon cœur et ma lumière. Merci! »

Une crise qui s’ajoute à une autre

En novembre 2020, alors que la population hondurienne était aux prises avec la pandémie de coronavirus, deux ouragans, Eta et Iota, ont frappé le Honduras et les pays avoisinants. Les précipitations causées par ces ouragans ont provoqué des inondations et des glissements de terrain, endommageant ou détruisant maisons, cultures, routes et lignes électriques. Des millions de personnes au Guatemala, au Honduras, au Nicaragua et au Salvador ont vu leur vie bouleversée. Nous avons pu adapter le projet Voix et Leadership des femmes pour répondre à l’impact des ouragans sur les populations.

Crédit: Pablo Tosco - Oxfam

Deux femmes travaillent à l'élaboration d'un projet

L’égalité en action

L’année 2020-2021 aura marqué le début du programme de coopération volontaire Égalité en action, un programme multipays qui se déroule sur sept années, dans 13 pays, et qui vise à promouvoir le bien-être économique et social des personnes les plus pauvres, les plus marginalisées et les plus vulnérables, en particulier les femmes et les filles. On compte 690 coopérantes et coopérants volontaires qui appuieront ce projet.

Atteindre l’égalité grâce à des projets porteurs

Être femme, être jeune ou faire partie d’un groupe marginalisé dans certains pays c’est être plus à risque de subir de la violence. C’est ne pas pouvoir prendre part aux décisions qui nous concernent et voir ses chances d’éducation et ses occasions d’emploi réduites. C’est vivre dans un pays où des lois continuent de nous discriminer en raison de notre genre, de notre religion ou de notre origine. Par le biais du programme Égalité en action, Oxfam-Québec vise à s’attaquer à ces inégalités dans les 13 pays où le projet aura lieu.

Ce programme regroupe des dizaines d’initiatives réparties sur sept années dans 13 pays qui ont toutes pour objectif de viser une plus grande égalité. Grâce à l’appui de coopérantes et coopérants volontaires, ces projets assureront le bien-être économique et social des populations locales, le renforcement du pouvoir des femmes et la création d’un environnement sûr pour une vie sans violence pour les femmes et les filles. Nous mobiliserons également la population canadienne sur ces enjeux pour qu’elle participe avec nous à la mise en place de solutions durables.

En 2020-2021, 7 450 personnes ont été soutenues directement, dont près de 6 000 femmes.

D’ici 2027, nous cherchons à :

  • Appuyer 90 organisations partenaires dans la mise en œuvre d’initiatives de développement plus inclusives, plus novatrices et plus durables, qui font progresser l’égalité des genres.
  • Soutenir 45 000 personnes dans la réalisation de projets porteurs en faveur d’une plus grande égalité, dont 60 % sont des femmes et des jeunes femmes et 20 % sont des groupes en situation de marginalité.
  • Améliorer, par ces initiatives, le bien-être de 450 000 personnes.
  • Mobiliser 350 000 Canadiennes et Canadiens afin d’accroître leur participation à la lutte en matière d’égalité des genres et de gouvernance inclusive.

Crédit: Giorgos Moutafis-Oxfam

Une jeune femme masquée regarde à travers la fenêtre

Les femmes font les frais de la pandémie

Nous l’avons appris avec tristesse au Québec où un nombre anormalement élevé de féminicides a été enregistré. Tout au long de la pandémie, nous nous sommes faits les porte-parole de ces femmes et avons adapté nos projets en place pour répondre à leurs besoins, et ce, grâce à votre soutien.

La pandémie a affecté les femmes de multiples manières sur les plans de la santé mentale et physique ainsi que de l’emploi, notamment. Confrontées à l’augmentation des violences conjugales, à l’isolement et aux difficultés économiques beaucoup de femmes dans le monde n’ont pas reçu le soutien adéquat en cette période critique. Tout au long de la pandémie, nous avons porté leurs voix et amplifié leurs messages afin de faire connaître leur réalité. Grâce à votre précieux soutien, nous avons aussi adapté nos projets pour répondre à leurs besoins.

Augmentation des violences

La violence conjugale et les féminicides ont connu une hausse dans de nombreux pays, sous l’effet des mesures de confinement et des effets de la pandémie. Cela a notamment été le cas au Québec, où une série tragique de féminicides a été observée. Pour venir en aide aux femmes confrontées à ce phénomène, nous avons adapté certains de nos projets internationaux, par exemple au Honduras, pour pouvoir soutenir les organisations œuvrant auprès des victimes de violence. Nous avons ainsi pu rejoindre plus de femmes, notamment par des services en ligne. En Irak, nous avons aussi inséré le numéro de téléphone d’une ligne d’urgence pour celles victimes de violence conjugale dans des paniers de nourriture qui étaient remis aux familles vulnérables.

Des pertes d’emploi surtout féminines

La COVID-19 a également coûté plus cher aux femmes. En un an, on estimait qu’elles avaient perdu 800 milliards de dollars et plus de 64 millions d’emplois à l’échelle mondiale, une perte de 5 % contre 3,9 % pour les hommes. Chez nous, au Québec, 68 % des emplois perdus en un an étaient occupés par des femmes. De plus, les femmes ont été plus susceptibles que les hommes de quitter le marché du travail ou de réduire leurs heures de travail pendant la pandémie, en grande partie à cause de leurs responsabilités familiales, ce qui a eu pour effet d’augmenter la détresse psychologique.

Des femmes en première ligne

Ce sont également les femmes qui sont aux premières lignes des soins de santé. À l’échelle mondiale, elles constituent 70 % de la main-d’œuvre des secteurs de la santé et du travail social. Ces secteurs sont constitués de professions essentielles, mais souvent mal rémunérées. Leur contact étroit avec les malades fait que celles qui occupent ces emplois sont plus à risque de contracter elles-mêmes la COVID-19.

Un travail de sensibilisation qui porte ses fruits

Tout au long de la pandémie et grâce à votre appui, Oxfam-Québec a redoublé d’efforts pour sensibiliser et mobiliser les décideuses et les décideurs sur la situation des femmes d’ici et d’ailleurs en temps de pandémie. Ce travail a porté ses fruits. En ce sens, nous avons salué les investissements concrets et ambitieux pour les femmes qui ont été présentés dans le budget fédéral d’avril dernier.

Un travail sur deux fronts

En plus de sensibiliser la population et les décideuses et les décideurs sur la question des inégalités entre les femmes et les hommes, nous menons des projets concrets afin de faire de l’égalité de genre une réalité. Par des projets comme Voix et Leadership des femmes et Égalité en action, nous soutenons directement les organisations et les communautés pour améliorer les services offerts aux femmes, faire évoluer les normes sociales et mettre en place des politiques publiques et des lois favorisant l’égalité de genre.

Crédit: Petterik Wiggers

Une femme cueille un fruit sous un ciel orageux

La justice climatique

Il est impossible de nier l’urgence de la crise climatique. Celle-ci exacerbe la pauvreté et les inégalités, et menace les écosystèmes qui soutiennent la vie. Plus de la moitié du carbone est émis par les 10 % les plus riches du monde seulement. Les populations du Sud sont celles qui ont le moins contribué aux changements climatiques, mais celles qui en ressentent le plus les effets.

Alors que les plus pauvres sont les moins responsables des changements climatiques, ce sont eux qui subissent le plus durement les impacts des variations extrêmes du climat : inondations, tempêtes, sécheresses... Ces changements climatiques les rendent vulnérables aux catastrophes naturelles, aux conflits et aux crises alimentaires. Les femmes et les jeunes, en particulier, paient en grande partie les frais de la crise climatique.

La justice climatique prend en compte que les changements climatiques ont un impact social, économique ou sur la santé différent sur chaque groupe et que cet effet est particulièrement important chez les groupes marginalisés. En luttant pour une plus grande justice climatique, nous exigeons que les gouvernements, les entreprises et les sociétés les mieux nanties reconnaissent leur responsabilité et combattent activement et solidairement la crise en soutenant les communautés les plus touchées.

Nous travaillons à la fois pour mobiliser la population et les personnes au pouvoir et nous soutenons directement les populations les plus touchées par la crise climatique.

Des données choc pour faire agir les gouvernements

En septembre 2020, Oxfam dévoilait des statistiques alarmantes sur les inégalités en matière d’émissions de carbone. Les 10 % les plus riches de l’humanité étaient à l’origine de plus de la moitié (52 %) des émissions cumulées entre 1990 et 2015. Le 1 % les plus riches représentaient à eux seuls plus de 15 % des émissions cumulées pendant cette période, soit deux fois plus que la moitié la plus pauvre de l’humanité (7 %).

Au Canada, sur cette même période (1990-2015), les 10 % les plus riches de la population étaient à eux seuls responsables d’environ un quart des émissions de carbone nationales cumulées. C’est presque autant que les 50 % les plus pauvres de la population du pays.

Grâce à nos membres, Oxfam peut fournir des données probantes qui mettent de la pression sur les décideuses et les décideurs pour passer à l’action.

Des projets pour atténuer les effets de la crise climatique

Il est nécessaire de s’attaquer aux causes de la crise climatique en prenant des mesures concrètes. Toutefois, des millions de personnes sur la planète ne peuvent attendre que des mesures à grande échelle soient déployées : elles ont besoin de soutien maintenant pour survivre aux conséquences des dérèglements climatiques.

C’est pourquoi nous agissons sur deux fronts. En plus de faire du plaidoyer auprès des décideuses et des décideurs, nous mettons en œuvres des projets qui soutiennent les personnes les plus touchées par les changements climatiques. Nous leur offrons, par exemple, de la formation, de l’accompagnement, des semences et des outils pour que leurs communautés puissent développer une agriculture qui soit plus résiliente aux changements climatiques.

Crédit: Mathieu-Étienne Gagnon - Oxfam-Québec

Une femme au Bénin est agenouillée dans son champ et nous montre ses plants dans le cadre d'un projet en agriculture

Comprendre la crise climatique et s’y adapter

Nous ressentons de plus en plus les effets des changements climatiques ici au Québec, mais leurs conséquences ne sont pas comparables avec celles que ressentent les populations du Sud.

Pour les agricultrices et les agriculteurs, la crise climatique met en danger leur capacité à nourrir leur famille et leur communauté.
Au Bénin, par exemple, l’agriculture est l’une des principales activités économiques du pays. Plus de 70 % des Béninoises et des Béninois y sont employés, souvent dans de petites entreprises agricoles familiales.

Dans la région sud du pays, les bouleversements environnementaux se multiplient : sécheresses, inondations et salinisation des sols. Pour les familles d’agricultrices et d’agriculteurs, ces phénomènes ont un grave impact sur la qualité et la quantité des récoltes. Et sans récoltes, pas de revenus pour acheter du matériel agricole ou des semences pour l’année suivante. 

Un coup de pouce pour s’adapter 

Pourtant, avec les bons outils, des semences plus résistantes aux inondations et des systèmes d’irrigation pour faire face aux sécheresses, les agricultrices et les agriculteurs peuvent améliorer de façon considérable leurs récoltes. C’est donc ce que nous faisons, grâce à vous et au projet « Mieux comprendre, mieux s’adapter ». 

Innover pour mieux cultiver : En visant tout le cycle de production, de la préparation des sols jusqu’aux récoltes, nous pouvons soutenir les familles d’agricultrices et d’agriculteurs avec des technologies vertes et des pratiques agricoles adaptées.

Placer les femmes au centre du projet : Parce qu’elles sont particulièrement touchées par la pauvreté, le projet vise à valoriser spécifiquement le rôle des femmes, notamment par le partage de connaissances. La pluralité des voix est essentielle pour vaincre dans la lutte climatique. 

Prévoir les changements climatiques : À plus grande échelle, les changements climatiques feront malheureusement partie du quotidien des agricultrices et des agriculteurs au Bénin. Grâce à notre partenaire canadien Ouranos, un atlas climatique du sud du Bénin a été développé afin d’anticiper et de s’adapter aux conséquences des changements climatiques. Ultimement, l’objectif est d’influencer les décideuses et les décideurs afin qu’ils mettent en œuvre des politiques publiques qui permettront à la population de faire face à ces changements.



Résultats du projet

  • 212 exploitations agricoles ont reçu des semences, de l’équipement et du matériel permettant d’expérimenter des pratiques agricoles adaptées aux changements climatiques.
  • Les productrices et les producteurs de 212 exploitations agricoles dans les communes de Ouidah et de Dangbo ont reçu une formation en agrométéorologie afin de les aider à adapter leur production agricole aux variations du climat.
  • 95,5 % des productrices et des producteurs ont amélioré leurs connaissances des changements climatiques et leurs impacts.
  • 100 % des productrices et des producteurs appliquent au moins une mesure liée à la gestion durable des terres et à l’adaptation aux changements climatiques, comme les semis étalés dans le temps, l’utilisation de compost et d’engrais organique, la fabrique et l’utilisation de biopesticides, la culture en planche surélevée ou les plantes améliorantes.
  • Réalisation d’un atlas climatique présentant une analyse des impacts des scénarios climatiques sur l’agriculture et, plus spécifiquement, les quatre filières agricoles du projet (manioc, maïs, riz, piment et tomates).
  • Réalisation de livrets techniques présentant les résultats d’études de vulnérabilités des filières (riz, maïs, manioc, piment, tomates) et des propositions de modèles agricoles résilients adaptés au contexte.
  • Mise en place d’un guide des meilleures pratiques agricoles résilientes et d’un guide sur les modèles agricoles résilients combinant nouvelles technologies et meilleures pratiques agricoles d’adaptation aux changements climatiques pour les productrices et les producteurs, les acteurs communaux et les agents de structures d’encadrement agricoles des régions visées par le projet.

Une femme haïtienne qui montre avec fierté ses récoltes dans le cadre du projet Kafé Makaya

Une filière de café pour s’adapter aux changements climatiques

En Haïti, les agricultures et les agriculteurs souffrent de plus en plus de la faim. Les catastrophes naturelles comme l’ouragan Matthew, et plus récemment le séisme d’août 2021, ont fortement affecté les récoltes, notamment les plantations de café. Le projet « Kafé Makaya » vise à relancer cette agriculture de façon durable tout en permettant aux communautés de s’adapter aux changements climatiques.

En Haïti, 70 % de la population vivent sous le seuil de la pauvreté. Les agricultrices et les agriculteurs sont particulièrement touchés par cette situation. Sans revenus suffisants, ils peinent à pouvoir acheter semences, outils et équipement pour cultiver efficacement. En outre, les catastrophes naturelles liées à la crise climatique sont récurrentes.

Pour permettre aux communautés agricoles de pouvoir à la fois adapter leurs pratiques aux changements climatiques et générer un revenu suffisant, nous exécutons le projet Kafé Makaya jusqu’en 2024.

Ce projet relancera de façon durable la filière de café et ses cultures associées (bananes, manioc, arbres fruitiers) dans les départements du Sud et de la Grand’Anse, filière qui avait été gravement touchée par l’ouragan Matthew.

En choisissant des semences et un type de café adaptés aux aléas climatiques, et en misant sur une approche d’agroécologie et d’agroforesterie, les populations pourront s’adapter aux changements climatiques tout en faisant la promotion d’une agriculture respectueuse de l’environnement. Les communautés seront également formées à des techniques novatrices et recevront de l’accompagnement, des outils et des conseils pour améliorer leurs rendements et leurs revenus. Les femmes et les jeunes, particulièrement touchés par la pauvreté, feront l’objet d’une attention particulière.



Le projet vise à :

  • Soutenir 13 000 personnes, soit 7 800 femmes et 5 200 hommes, afin qu’ils puissent améliorer leurs récoltes et mieux subvenir aux besoins de leurs familles.
  • Appuyer 750 femmes et jeunes entrepreneures dans la commercialisation des produits du café afin qu’ils améliorent leurs compétences entrepreneuriales.
  • Encourager la participation des femmes et des jeunes dans les instances de 10 organisations ou associations productrices de café.
  • Renforcer à l’échelle organisationnelle et commerciale 10 organisations ou associations de productrices et de producteurs de café.

Soutenir l’agriculture, combattre la faim

La crise de la COVID-19 a fait plus de victimes de la faim que de la maladie elle-même dans le monde. Plus que jamais, nous avons dû adapter nos projets en sécurité alimentaire pour répondre aux besoins grandissants des populations, comme celle de l’état de Bauchi, au Nigéria.

Depuis 2016, nous menons le projet LINE au Nigéria, dans l’état de Bauchi, afin de soutenir les familles pour qu’elles puissent s’alimenter. La malnutrition est très élevée dans cette région, surtout chez les jeunes enfants. Par la création de jardins familiaux et l’appui aux agricultrices et aux agriculteurs, plus de 12 000 familles peuvent diversifier leur alimentation et ne plus souffrir de la faim.



Voir comment nous avons adapté notre projet :

Témoignage

Yusuf Kani est un jeune agriculteur qui vit au sein de la communauté Darajiya, dans le quartier Zubo (région du gouvernement local de Shira, état de Bauchi). Son métier, il l’a appris de ses parents, comme la majorité des jeunes de son village. Yusuf a déclaré : « Je suis vraiment heureux d’avoir suivi cette formation (sur l’utilisation des produits phytosanitaires) et je suis reconnaissant à OXFAM pour l’équipement de sécurité et les pulvérisateurs qui nous ont été fournis, car c’est ce que j’ai utilisé pour démarrer mon entreprise. Je prévois d’acheter des produits phytosanitaires et d’autres outils et équipements en préparation de la prochaine saison des pluies. » Cette formation lui a permis de renforcer ses capacités afin de protéger ses récoltes et l’environnement, tout en pouvant gagner un revenu supplémentaire.

Crédit: Atul Loke - Oxfam

Une photo montrant des tours d'habitation luxueuses bordant un bidonville

Une économie qui aplanit les inégalités

Au Québec, comme partout ailleurs, ce sont les personnes déjà vulnérables qui ont payé le plus grand prix de la pandémie, comme le révélait l’étude conjointe que nous avons menée avec l’Observatoire sur les inégalités.

Si la pandémie a été difficile pour les Québécoises et les Québécois, elle aurait été pire sans services publics adéquats, comme un système de santé et des prestations en cas de perte d’emplois.

Nos services publics sont une richesse. Et la relance économique post-COVID ne doit pas servir d’excuse pour de nouvelles mesures d’austérité. Au contraire, elle doit être l’occasion de bâtir une économie encore plus juste, verte et inclusive.

Nous avons recueilli 29 000 signatures de Québécoises et de Québécois dans le cadre de notre pétition demandant une relance verte, juste et inclusive, financée par la taxation de la richesse



Une pandémie qui creuse les inégalités

En neuf mois seulement, 44 milliardaires du Canada ont vu leur fortune augmenter de 63,5 milliards de dollars pendant la pandémie. Parallèlement, si l’on n’agit pas, il faudra 10 années aux personnes les plus pauvres du monde pour retrouver leur niveau de vie initial.

Notre pétition réclame donc de s’assurer que les plus riches paient leur juste part d’impôts et de taxes pour garantir une redistribution équitable de la richesse. Ensemble, nous voulons financer une économie humaine et durable.



Nos gains… grâce à vous

La pétition, lancée quelques semaines après le début de la pandémie, a eu un grand écho auprès des décideuses et des décideurs au Canada et au Québec tout au long de la dernière année. Nous avons notamment pu rencontrer des élu.e.s de plusieurs partis politiques fédéraux et deux équipes de ministres pour plaider en faveur d’une taxation du numérique.

En outre, dans son budget d’avril, Ottawa a annoncé un premier pas dans la bonne direction : une nouvelle taxe sur les voitures neuves de plus de 100 000 $, les aéronefs de plus de 100 000 $ et sur les bateaux de plus de 250 000 $ : exactement ce que nous considérons comme des biens de luxe et polluants. Ces nouvelles taxes sur les produits de luxe vont générer 604 M$ par année.

Finalement, à compter du 1er janvier 2022, une taxe de 3 % est aussi prévue pour les grandes entreprises de services numériques (Amazon, Facebook, Google, Apple) dont le revenu brut est d’au moins 1,13 milliard de dollars.

Notre campagne se poursuit grâce à vous ainsi qu’aux Québécoises et aux Québécois qui appuient notre démarche.

Deux personnes se tiennent du des colonnes de grandeurs différentes afin d'illustrer les inégalités.

Les inégalités : un virus plus virulent que la COVID-19

Notre rapport « Le virus des inégalités » est paru en janvier 2021, quelques jours avant l’ouverture du sommet de Davos organisé par le Forum économique mondial. Il révélait qu’en neuf mois seulement, les 1 000 personnes les plus riches du monde étaient déjà parvenues à récupérer les pertes financières subies suite à la COVID-19. La pandémie pourrait donc accroître les inégalités économiques simultanément dans presque tous les pays du monde. Il s’agirait d’une première depuis que ce type de données a commencé à être enregistré, il y a plus d’un siècle.

À l’autre bout du spectre de la richesse, il faudra plus de dix ans aux personnes les plus pauvres pour se relever des conséquences économiques de la pandémie.

Cette hausse des inégalités peut être constatée au Canada également :

  • Au Canada, les 44 milliardaires que compte le pays ont vu leur fortune augmenter de 63,5 milliards de dollars canadiens depuis le début de la pandémie. Cette somme permettrait de verser à chacune des 3,8 millions de personnes les plus pauvres au pays un chèque de 16 823 dollars.
  • Il faudrait 155 ans à une infirmière canadienne pour gagner le salaire annuel moyen d’un des 100 chefs d’entreprise les mieux payés du pays. En revanche et toujours en moyenne, l’un de ces mêmes chefs d’entreprise gagne en deux jours le salaire annuel d’une infirmière.


Une enquête menée par Oxfam auprès de 295 économistes dans 79 pays révèle que 87 % des personnes interrogées, dont Gabriel Zucman, Jeffrey Sachs et Jayati Ghosh, s’attendent à ce que les inégalités de revenus dans leur pays s’intensifient du fait de la pandémie.

Le rapport d’Oxfam met en lumière l’effet néfaste de la pandémie sur les inégalités économiques, raciales et de genre ancrées depuis longtemps dans nos sociétés.

  • Pour les plus riches, la récession est déjà terminée. Les dix hommes les plus riches du monde ont vu leur fortune totale augmenter de plus de 600 milliards de dollars canadiens depuis le début de la pandémie, une somme qui serait amplement suffisante pour financer le vaccin contre la COVID-19 pour toutes et tous et faire en sorte que personne ne sombre dans la pauvreté à cause de la pandémie. Pendant ce temps, en plus de la crise sanitaire, le monde connaît la crise de l’emploi la plus grave depuis près d’un siècle, des centaines de millions de personnes étant désormais au chômage ou occupant des emplois précaires.
  • Les femmes sont les plus durement touchées. Dans le monde, les femmes sont surreprésentées dans les professions précaires, c’est-à-dire celles qui ont été les plus durement touchées par la pandémie. Si le taux de représentation des femmes était le même que celui des hommes dans ces secteurs, 112 millions de femmes ne risqueraient plus de perdre leur source de revenus. À l’échelle mondiale, les femmes constituent aussi 70 % de la main-d’œuvre des secteurs de la santé et du travail social. Ces secteurs sont constitués de professions essentielles, mais souvent mal rémunérées et en première ligne de la pandémie.
  • Les inégalités tuent. Au Brésil, les personnes afrodescendantes sont 40 % plus susceptibles de mourir de la COVID-19 que les personnes blanches. Aux États-Unis, les populations noires et hispaniques auraient déploré près de 22 000 morts de moins si leurs taux de mortalité face à la COVID-19 avaient été les mêmes que ceux des personnes blanches. Les taux d’infection et de mortalité sont plus élevés dans certaines zones moins favorisées au sein des pays, par exemple en France, en Inde et en Espagne. En Angleterre, le taux de mortalité de la COVID-19 dans les régions les plus pauvres sont deux fois plus élevés que ceux des régions les plus riches.
  • Sans des économies plus justes, nous ne pouvons espérer une reprise économique rapide. Un impôt temporaire sur les bénéfices excédentaires réalisés par les 32 multinationales ayant gagné le plus au cours de la pandémie aurait pu générer 132 milliards de dollars canadiens en 2020. Cette somme suffirait à offrir des indemnités de chômage à l’ensemble des travailleuses et des travailleurs des pays à revenu faible et intermédiaire, ainsi qu’un soutien financier à tous les enfants et à toutes les personnes âgées dans ces mêmes pays.


Pour Oxfam, cette situation découle de choix politiques et n’est pas une fatalité. C’est pourquoi nous menons des actions d’influence auprès des décideuses et des décideurs afin de faire changer les lois, comme notre pétition pour une relance juste, verte et inclusive. Nous soutenons également les communautés les plus touchées par les inégalités grâce à des projets durables et concrets afin qu’ils puissent se sortir dignement de la pauvreté.

Crédit: Firas Haidar-Oxfam

Une jeune Libanaise ayant survécu à l'explosion du 6 août

Survivre à une triple crise à Beyrouth

Le 4 août 2020, une explosion dans le port de Beyrouth au Liban a fait plus de 200 victimes et 300 000 sans-abri.

L'explosion a causé des dommages considérables à environ 40 000 bâtiments, à 3 000 structures résidentielles, aux quatre principaux hôpitaux, ainsi qu'aux services publics essentiels et aux installations de stockage des aliments.

En raison de la déflagration, la moitié des entreprises qui se trouvent à proximité du site ont été détruites. Plus de 70 000 personnes ont perdu leur emploi, avec des implications directes pour plus de 12 000 familles.


L’intervention d’Oxfam à la suite de l’explosion

À la pandémie de coronavirus, s’ajoutait une grave crise économique et politique au moment du choc. Près de 75 % de la population avait besoin d’assistance, sous une forme ou une autre.

Oxfam a rapidement adapté ses programmes existants au Liban pour répondre aux besoins des populations touchées par l’explosion. En partenariat avec 11 organisations locales, nous avons fourni de l’aide d’urgence comme de l’aide financière, de la nourriture, des articles d’hygiène et des abris. Nous avons également soutenu des familles pour la reconstruction de maisons, offert du soutien psychologique, de l’aide pour des soins de santé et du soutien juridique, plus particulièrement auprès des communautés marginalisées. Nous avons également appuyé le redémarrage de commerces sinistrés afin qu’ils puissent redonner un emploi à des personnes vulnérables.

Oxfam fait également la promotion auprès des décideurs de politiques publiques plus équitables, de programmes de protection sociale, de réformes gouvernementales et d’aide gouvernementale immédiate aux personnes affectées par la crise.


Voyez la réponse d’Oxfam un mois après les explosions :

L’histoire de Michelle

Michelle Bitar fait partie des survivantes de l’explosion. Elle se trouvait à quelques mètres de l’incident avec sa famille le 4 août 2020. Ils ont tous été blessés. Michelle a subi une blessure à la tête, mais elle était surtout préoccupée par sa famille : « Je ne savais pas ce qui était arrivé à mon frère et à ma mère jusqu’au lendemain, raconte-t-elle, mais je suis heureuse d’avoir pu me rétablir rapidement et de pouvoir prendre soin de mes parents. »

Elle raconte que sa maison a vu plusieurs guerres, mais aucune n’a causé autant de dommages que l’explosion. Alors qu’elle n’a jamais voulu quitter le Liban avant, aujourd’hui elle envisage sérieusement cette possibilité. Elle croit qu’elle et tous les autres jeunes méritent une vie plus paisible, loin des dangers du Liban.

Crédit: Ivan Ocando-Oxfam

Une femme Vénézuélienne âgée portant un masque

Sensibiliser et informer les migrantes

Depuis 2015, 5,6 millions de Vénézuéliennes et de Vénézuéliens ont fui la violence et la pauvreté qui sévit dans leur pays. Cette crise peu connue entraîne pourtant de graves risques pour ces populations, en particulier les femmes, qui parcourent jusqu’à 3 000 km pour une vie meilleure.

Ces réfugié.e.s, qu’on appelle caminantes (marcheurs en espagnol) quittent, comme leur nom l’indique, à pied pour s’installer souvent dans les pays voisins, comme la Colombie, dans l’espoir de pouvoir nourrir leur famille et vivre une vie digne.

La plupart quittent peu préparés aux obstacles comme la rudesse du climat et la longueur de la route. Et ces dernières années ont été marquées par une augmentation du nombre de femmes réfugiées. En plus de souffrir de la fatigue et du froid, elles sont aussi plus vulnérables à l’extorsion ou au viol.

Pour soutenir ces femmes, Oxfam-Québec a lancé une campagne de sensibilisation autant auprès des femmes qui songent à quitter le Venezuela qu’auprès des bailleurs de fonds afin de les informer de leurs risques et de leurs droits.

Pour en savoir plus sur la situation des caminantes, lisez la lettre ouverte de Céline Furi, coordonnatrice humanitaire dans La Presse.

Crédit: Oxfam Québec

Une distribution de matériel sanitaire auprès des hôpitaux en Irak par Oxfam

Irak : un soutien sur plusieurs fronts contre la pandémie

L’Irak continue d’être considéré comme un état fragile, ce qui signifie que le système de la santé et l’assistance aux personnes vulnérables en temps de pandémie peinent à répondre à la demande.

Quelque 1,4 million de personnes avaient besoin d’une assistance humanitaire avant le début de la pandémie. La COVID-19 a évidemment exacerbé cette situation. Oxfam est intervenue dans cinq gouvernorats : Anbar, Diyala, Ninewa, Salah al-Din et Kirkuk. Nous avons soutenu les familles vulnérables et le personnel de la santé en apportant de l’équipement de protection sanitaire.



Un soutien aux centres de santé et aux hôpitaux

Tout au long de la pandémie, partout dans le monde, les travailleuses et les travailleurs de la santé étaient en première ligne pour apporter des soins aux malades et sauver des vies. Sans protection sanitaire adéquate, comme des masques, des gants et du matériel de désinfection, ces personnes ont dû soigner au risque de leur vie. Pour les soutenir, Oxfam a fourni de l’équipement de protection individuelle aux hôpitaux de Al-Shifaa et de Al-Salam. Nous avons également réhabilité les installations sanitaires à l’hôpital de Al-Salam.



Des paniers de nourriture

La pandémie et ses conséquences ont fait basculer dans la pauvreté plusieurs familles en Irak. Pour leur venir en aide, Oxfam a procédé à la distribution de paniers de nourriture à 2 020 familles vulnérables à Mosul. Et pour soutenir les femmes qui ont malheureusement subi de la violence en plus grand nombre durant la pandémie, nous avons ajouté dans ces paniers le numéro d’une ligne d’aide pour femmes victimes de violence.

Crédit: Oxfam Québec

Logo du projet Génération Inclusion

D’un projet sur la parité à un projet sur les stéréotypes sexistes et racistes

En 2021, Oxfam-Québec terminait avec succès la fin de son projet « C’est pour elles aussi » qui visait à promouvoir une plus grande participation des femmes dans les instances au Québec. Au cours de ce projet, les jeunes participantes avaient exprimé le souhait de voir naître un projet sur les stéréotypes sexistes et racistes au Québec.

C’est avec ce désir que Génération Inclusion a vu le jour, un projet mené par, pour et avec les jeunes issus de la diversité. Le but : développer des solutions concrètes face aux stéréotypes sexistes et racistes au Québec.

En collaboration avec deux groupes de jeunes de 18 à 31 ans issus d’une région urbaine (Montréal-Nord) et d’une région rurale (MRC de Lotbinière), ce projet s’inspire des principes de l’éducation populaire. Il permet à des personnes qui n’ont aucune formation universitaire de poser un regard critique sur leurs conditions de vie pour les transformer dans une perspective de justice sociale. La thématique choisie par les groupes de jeunes était la discrimination à l’emploi.

Le projet s’est déroulé en trois étapes.

Leur recherche a permis de cerner des données intéressantes sur les stéréotypes sexistes et racistes dont sont victimes les personnes issues d’une minorité, lorsqu’elles postulent à un emploi ou dans leur milieu de travail.

Les jeunes chercheuses et chercheurs ont ensuite développé des outils et des messages afin de lancer une campagne de sensibilisation, en ligne et sur le terrain. Les deux équipes ont interpellé les employeurs et les personnes élues de leur communauté sur la persistance des discriminations à caractère sexiste et raciste, et les ont invités à intervenir pour rendre leurs milieux d’emploi équitables, sécuritaires et inclusifs. Le projet a remporté une couverture médiatique locale et a été largement partagé par nos partenaires. Près de 42 000 personnes ont été exposées aux messages de la campagne #GenerationInclusion sur les réseaux sociaux, amenant l’engagement de plus de 900 personnes sur la question des stéréotypes sexistes et racistes à l’aide de clics, de commentaires et de partages.

Huit jeunes participent activement au projet en pleine pandémie, en se réunissant en ligne depuis bientôt un an. Dès l’automne 2021, des activités éducatives basées sur les résultats de la recherche seront offertes aux personnes de 12 à 30 ans afin de fournir à 1 000 jeunes des outils pour agir sur les stéréotypes nuisibles dans notre société.

Deux jeunes hommes masqués qui regardent par une fenêtre.

Une génération qui paie les frais de la pandémie

Une génération qui paie les frais de la pandémie

La crise de la COVID-19 ne nous a pas toutes et tous affecté.e.s de la même façon. Au Québec comme ailleurs, la pandémie aura marqué les jeunes de 10 à 24 ans à un tel point qu’ils pourraient constituer une nouvelle génération : la génération pandémie, comme le dévoilaient les résultats de notre rapport.

Les jeunes de 10 à 24 ans représentent 25 % de toute la population mondiale, soit la plus importante génération de jeunes de toute l’histoire. Toutefois, la pandémie les a également affectés de manière unique, notamment en minant les acquis obtenus en matière d’éducation, de réduction de la pauvreté, de consolidation de la paix, de santé et droits de la personne. Cette mise en péril des acquis signifie que ce sont les jeunes qui devront les reconstruire, en plus de devoir gérer les défis liés à l’urgence climatique. Les impacts se feront ressentir pendant des années.

À titre d’exemple, au Canada, la plus importante chute de l’emploi s’est produite chez les jeunes travailleuses et travailleurs âgé.e.s de 15 à 24 ans : un jeune sur quatre a perdu son emploi ou a subi une réduction de ses heures de travail. Le taux de chômage chez les jeunes s’est par conséquent accru de 10,3 % en février 2020 à 16,8 % en mars 2020.

Malgré le fait qu’ils se trouvent à l’avant-plan de l’intervention contre la COVID-19 (en particulier à mener d’excellentes actions de communication sur les risques relatifs à la COVID-19), les jeunes ont trop souvent été représentés comme faisant partie du problème, ce qui a provoqué davantage de marginalisation. En fait, tel qu’en témoignent de nombreux et éloquents exemples du rapport d’Oxfam-Québec, les jeunes partout dans le monde dirigent des interventions contre la COVID-19 et défendent leur vision d’un rétablissement juste et équitable.

Ce rapport a donc été l’occasion de demander aux décideuses publiques et aux décideurs publics une intervention contre la pandémie et une relance qui incluent les jeunes et reposent sur six piliers :

  1. Reconnaître, mobiliser et inclure les jeunes à titre de leaders et de partenaires égaux.
  2. Protéger les droits et l’espace civique des jeunes.
  3. Assurer une relance juste et équitable.
  4. Investir dans une éducation inclusive et accessible.
  5. Agir pour une meilleure santé mentale.
  6. Soutenir les actions menées par les jeunes.

Ces six piliers fournissent un cadre d’orientation afin que l’intervention du Canada et du Québec en réponse à la pandémie et pour relancer l’économie tant à l’échelle nationale qu’internationale contribuent à un avenir inclusif, équitable et vert.

De la même manière que le Canada a déjà exprimé sa volonté d’inclure une analyse des impacts particuliers sur les femmes et les personnes racisées dans l’élaboration des politiques et des programmes en matière d’intervention contre la pandémie et de relance, l’inclusion d’une perspective jeunesse est incontournable. Il est en effet tout aussi important que les gouvernements du Québec et du Canada promeuvent explicitement l’inclusion et les droits des jeunes, tout en reconnaissant la diversité ainsi que les divers espoirs et besoins des jeunes partout dans le monde.

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