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Taxer la richesse pour aplanir les inégalités

La COVID-19 fragilise notre économie et aggrave la crise des inégalités. Pour y faire face, nous devons nous donner les moyens de bâtir la société de demain que nous voulons. Cela passe notamment par une meilleure fiscalité. En taxant les plus riches, nous pouvons construire une société plus juste, verte et inclusive.

Ensemble, construisons un avenir à égalité!

femmes honduriennes

La COVID-19 continue de nous affecter toutes et tous. Mais pas de la même façon. Les effets de la pandémie touchent davantage les personnes les plus pauvres ou marginalisées.

La situation serait pire encore sans nos services publics et nos filets sociaux. Plus de personnes tomberaient dans une grande précarité et plus de vies seraient menacées.

En taxant les plus riches, nous pouvons construire un avenir à égalité! En unissant nos voix, nous pouvons agir.

Avec la pandémie, les inégalités se creusent davantage

argent

La fortune des 10 hommes les plus riches du monde a doublé durant la pandémie

horloge

Les inégalités contribuent à la mort d’au moins une personne toutes les 4 secondes

privilège

Le monde compte un nouveau milliardaire toutes les 26 heures, depuis le début de la pandémie

Source : « Les inégalités tuent », Oxfam, rapport, 2022 lien externe

Imaginez! Si on taxait à 99 % les profits réalisés par les 10 hommes les plus riches du monde pendant la pandémie, ils resteraient plus riches de 8 milliards de dollars qu’il y a 2 ans. Et, avec cette taxe, on pourrait financer :

un
des vaccins contre la COVID-19 pour le monde entier
deux
des soins de santé et une protection sociale universels
plante
l’adaptation aux changements climatiques
quatre
et les ressources pour réduire les violences basées sur le genre dans plus de 80 pays

Les plus riches doivent faire leur part

Une économie qui profite à toutes et à tous doit être financée équitablement. Il est donc essentiel que les entreprises et les individus les plus fortunés paient leur juste part. Nous demandons que la réponse canadienne à la crise de la COVID-19 soit financée par une taxation de la richesse et des mesures de justice fiscale innovantes qui contribuent à :

richesse

Augmenter les impôts sur la fortune des plus riches

Augmenter significativement et immédiatement les impôts sur la fortune pour aider à financer les plans de sauvetage et de relance économique, et imposer temporairement les bénéfices excédentaires pour toutes les entreprises qui réalisent des profits extraordinaires.

Des précédents existent. Durant la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont instauré un taux d’imposition de 80 % sur les bénéfices excédant un rendement annuel de 8 %.

paradis fiscal

Restituer l'argent caché dans les paradis fiscaux

  • Adopter, de manière coordonnée, des impôts sur les entreprises fixés à des niveaux suffisants et équitables, au cas par cas, selon le pays, et sur la base de l’affectation juste des profits dans chaque pays;
  • Accélérer la mise en place de mécanismes d’échange automatique d’information dans les pays en développement;
  • Publier des rapports sur les activités des multinationales dans chaque pays afin de récupérer l’argent placé dans les paradis fiscaux.

luxe

Taxer les produits de luxe et les produits polluants

Instaurer des taxes sur les produits de luxe et sur ceux mettant en péril la lutte aux changements climatiques. Les émissions de carbone de la minorité fortunée contribuent gravement à la création de conditions climatiques extrêmes et entravent l’objectif mondial de limiter le réchauffement climatique.
ordinateur

Cibler les géants du Web

Activer la taxe sur les ventes numériques pour les entreprises reposant fortement sur le numérique, une idée popularisée au Québec sous le nom de Taxe Netflix.

Pour une économie qui profite à toutes et tous

Après la crise financière de 2008 et 2009, de nombreux gouvernements ont mis en place des mesures d’austérité. À l’échelle du Québec, du Canada et de la planète entière, les compressions dans les services publics ont fait bondir les inégalités. Elles ont aussi fragilisé les systèmes de santé qui craquent aujourd’hui sous le poids de la pandémie.

Ne répétons pas les mêmes erreurs. Notre réponse à la pandémie doit nous permettre de rebâtir une économie qui s’attaque aux inégalités. Plutôt que de prendre soin de la richesse des milliardaires, portons notre attention sur les personnes qui en ont le plus besoin et sur la planète où nous vivons.

Depuis le début de la pandémie, le monde compte un nouveau milliardaire toutes les 26 heures. Dans le même temps, on estime que 21 000 personnes meurent chaque jour à cause des inégalités. Ces décès pourraient être évités en redistribuant la richesse. Ensemble, nous pouvons agir!

flècheDécouvrir le rapport

Trois mesures pour bâtir une société plus juste, verte et inclusive

La COVID-19 continue de nous affecter  et de paralyser une partie de notre économie. Mais dans certains secteurs, des profits extraordinaires sont générés. Cet argent doit être imposé afin de :

échange

Continuer d'apporter une aide en argent, selon des critères inclusifs

Des mesures d’aide sans précédent ont été déployées dans les derniers mois. Il ne faut pas s’arrêter là.

  • La priorité doit être accordée au maintien des diverses prestations de protection sociale.
  • L’argent doit être versé directement aux personnes, et selon des critères d’admissibilité inclusifs.
  • Les plans de sauvetage et les mesures de relance économique doivent tenir compte de la réalité des groupes les plus vulnérables, dont les femmes, qui sont les plus touchés par cette crise.

Ceci doit être vrai ici comme ailleurs. Sans aide, les familles des pays les plus pauvres se retrouvent sans filet de sécurité sociale. Le Canada doit collaborer avec les autres pays du G20 pour fournir les financements nécessaires.

écologie

Soutenir les entreprises en difficulté engagées dans une économie durable

  • La priorité doit être de soutenir les petites et moyennes entreprises génératrices d’emplois, qui sont les moins outillées pour faire face à la crise, ainsi que les travailleuses et travailleurs autonomes.
  • Les industries ne doivent pas recevoir de chèques en blanc : le soutien financier aux entreprises, qu’il s’agisse de plans de sauvetage ou d’exemptions fiscales, doit être conditionnel à leur participation à une économie humaine et durable.
  • Les grandes entreprises dont les coffres sont renfloués au moyen d’argent public doivent démontrer leur capacité à mettre en place des mesures de lutte aux changements climatiques et des mesures de protection envers les intérêts des travailleuses et travailleurs, des personnes qui exploitent des terres agricoles et des contribuables.

Pour construire une économie plus équitable et plus écoresponsable après la crise, les entreprises doivent être tenues de:

  • S’engager à prendre des mesures pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.
  • Plafonner les dividendes versés aux actionnaires tant que l’entreprise ne propose pas un salaire décent à l’ensemble de son personnel et qu’elle n’investit pas suffisamment dans la transition verte.
  • Divulguer le ratio rémunération de la direction/salaire médian et définir un rapport maximum de 20.
  • Accepter la négociation collective, échanger avec les syndicats indépendants et permettre aux travailleuses de faire entendre leur voix de façon sûre et efficace.
  • Instituer une parité femmes-hommes en recourant à des quotas dans les conseils et comités de direction.
  • Combler l’écart salarial entre les femmes et les hommes.
  • Verser un salaire décent à leur personnel et œuvrer en faveur de salaires décents dans leur chaîne de valeur.
  • Publier des rapports pays par pays afin de lever le voile sur leurs activités dans les paradis fiscaux.
planète

Participer aux efforts internationaux de santé publique

Pour les citoyennes et citoyens des pays les plus démunis, l’idée d’avoir de l’eau courante facilement accessible et de pouvoir rester à la maison en quarantaine est inconcevable. Ces conditions rendent la lutte contre le coronavirus encore plus difficile.

Le Canada doit déployer les ressources humaines, financières et matérielles nécessaires pour répondre à l’appel humanitaire de l’ONU et enrayer cette crise qui a déjà coûté la vie de 17  millions de personnes. Il doit collaborer avec les pays du G20 pour agir maintenant à grande échelle dans les activités de prévention, dans l’administration des tests de dépistage du coronavirus, dans la fourniture d’équipement, d’eau et de trousses d’hygiène et d’assainissement.

Les pays riches tels que le nôtre doivent aussi accepter de suspendre la dette des pays à faible revenu, afin que ceux-ci puissent continuer d’investir notamment dans les services de santé.

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