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Taxer la richesse pour aplanir les inégalités

La COVID-19 a fragilisé notre économie et creusé les inégalités. Malgré le risque de récession qui nous guette, nous devons nous donner les moyens de bâtir la société de demain que nous voulons. En taxant les plus riches, nous pouvons construire une société plus verte, juste et inclusive. En taxant les plus riches, nous pouvons construire un avenir à égalité!

Ensemble, construisons un avenir à égalité!

écart de richesses

La COVID-19 nous affecte toutes et tous. Mais pas de la même façon. Les effets de la pandémie affectent davantage les personnes les plus pauvres ou marginalisées. La situation serait pire encore sans nos services publics et nos filets sociaux. Plus de personnes tomberaient dans une grande précarité et plus de vies seraient menacées.

Ne risquons pas que nos services essentiels soient compromis ou fragilisés par de nouvelles mesures d’austérité lors de la reprise économique. Le financement de la relance doit se faire sans couper dans les services publics et en favorisant des mesures vertes, malgré le risque de récession qui nous guette.

Les plus riches doivent payer leur juste part

Une économie qui profite à toutes et à tous doit être financée équitablement. Il est donc essentiel que les entreprises et les individus les plus fortunés paient leur juste part. Nous demandons que la réponse canadienne à la crise de COVID-19 soit financée par une taxation de la richesse et des mesures de justice fiscale innovantes qui contribuent à :

richesse

Augmenter les impôts sur la fortune des plus riches

Augmenter significativement et immédiatement les impôts sur la fortune pour aider à financer les plans de sauvetage et de relance économique, et imposer temporairement les bénéfices excédentaires pour toutes les entreprises qui réalisent des profits extraordinaires. Par exemple, pendant la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont instauré un taux d’imposition de 80 % sur les bénéfices excédant un rendement annuel de 8 %.

paradis fiscal

Restituer l'argent caché dans les paradis fiscaux

  • Adopter, de manière coordonnée, des impôts sur les entreprises fixés à des niveaux suffisants et équitables, au cas par cas, selon le pays, et sur la base de l’affectation juste des profits dans chaque pays;

  • Accélérer la mise en place de mécanismes d’échange automatique d’information dans les pays en développement;

  • Publier des rapports sur les activités des multinationales dans chaque pays afin de récupérer l’argent placé dans les paradis fiscaux.

luxe

Taxer les produits de luxe et les produits polluants

Instaurer des taxes sur les produits de luxe et sur ceux mettant en péril la lutte aux changements climatiques.

ordinateur

Cibler les géants du Web

Activer la taxe sur les ventes numériques pour les entreprises reposant fortement sur le numérique, une idée popularisée ici sous le nom de Taxe Netflix.

Notre économie doit être plus verte, juste et inclusive

Après la crise financière de 2008 et 2009, de nombreux gouvernements ont mis en place des mesures d’austéritéÀ l’échelle du Québec, du Canada et de la planète entière, les compressions dans les services publics ont fait bondir les inégalités et ont fragilisé les systèmes de santé qui peinent aujourd’hui à répondre adéquatement à la pandémie.

Ne commettons pas les mêmes erreurs qu’en 2008. Notre réponse à la pandémie doit nous permettre de rebâtir une économie qui s’attaque aux inégalités. Nous pouvons financer une telle relance sans recourir aux mesures d’austérité, en taxant la fortune. Plutôt que de prendre soin de la richesse des milliardaires, portons notre attention sur les personnes qui en ont le plus besoin et sur la planète où nous vivons.

Trois mesures pour bâtir une société éco-responsable

La COVID-19 nous affecte toutes et tous. Mais dans certains secteurs de l’économie, des profits extraordinaires sont encore générés. L’argent doit être imposé afin de : 

échange

Apporter une aide en argent, selon des critères inclusifs

Même si des mesures d’aide sans précédent ont été déployées dans les derniers mois, il ne faut pas s’arrêter là.

  • La priorité doit être accordée au maintien des diverses prestations de protection sociale.
  • L’argent doit être versé directement aux personnes, et selon des critères d’admissibilité inclusifs.
  • Les plans de sauvetage et les mesures de relance économique doivent tenir compte de la réalité des groupes les plus vulnérables, dont les femmes, qui seront les plus touchés par cette crise.

Ceci doit être vrai ici comme ailleurs. À l’heure actuelle, seulement 20 % de la main-d’œuvre au chômage dans le monde bénéficie d’un soutien financier. Or, sans aide, dans les pays les plus pauvres, les familles se retrouvent sans filet de sécurité sociale. Le Canada doit collaborer avec les autres pays du G20 pour fournir les financements nécessaires pour y parvenir.

écologie

Soutenir les entreprises en difficulté engagées dans une économie durable

  • La priorité doit être de soutenir les petites et moyennes entreprises génératrices d’emplois, qui sont les moins outillées pour faire face à la crise, ainsi qu’aux travailleuses et travailleurs autonomes.
  • Les industries ne doivent pas recevoir de chèques en blanc : le soutien financier aux entreprises, qu’il s’agisse de plans de sauvetage ou d’exemptions fiscales, doit être conditionnel à leur participation à une économie humaine et durable.
  • Les grandes entreprises dont les coffres sont renfloués au moyen d’argent public doivent démontrer leur capacité à mettre en place des mesures de lutte aux changements climatiques et des mesures de protection envers les intérêts des travailleuses et travailleurs, des personnes qui exploitent des terres agricoles et des contribuables.

Pour construire une économie plus équitable et plus écoresponsable après la crise, les entreprises doivent être tenues de:

  • S’engager à prendre des mesures pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.
  • Plafonner les dividendes versés aux actionnaires tant que l’entreprise ne propose pas un salaire décent à l’ensemble de son personnel et qu’elle n’investit pas suffisamment dans la transition verte.
  • Divulguer le ratio rémunération de la direction/salaire médian et définir un rapport maximum de 20.
  • Accepter la négociation collective, échanger avec les syndicats indépendants et permettre aux travailleuses de faire entendre leur voix de façon sûre et efficace.
  • Instituer une parité femmes-hommes en recourant à des quotas dans les conseils et comités de direction.
  • Combler l’écart salarial entre les femmes et les hommes.
  • Verser un salaire décent à leur personnel et œuvrer en faveur de salaires décents dans leur chaîne de valeur.
  • Publier des rapports pays par pays afin de lever le voile sur leurs activités dans les paradis fiscaux.
planète

Participer aux efforts internationaux de santé publique

Pour les citoyennes et citoyens ordinaires des pays les plus démunis, l’idée d’avoir de l’eau courante facilement accessible et de pouvoir rester à la maison en quarantaine est inconcevable. C’est là que la lutte contre le coronavirus sera probablement le plus difficile, et c’est dans ces mêmes pays qu’il y aura potentiellement le plus de victimes.

Le Canada doit déployer les ressources humaines, financières et matérielles nécessaires pour répondre à l’appel de l’ONU et enrayer cette crise humanitaire qui met en péril la vie de 40  millions de personnes. Il doit collaborer avec les pays du G20 pour suspendre la dette des pays en développement et pour agir maintenant à grande échelle dans les activités de prévention, dans l’administration des tests de dépistage du coronavirus, dans la fourniture d’équipement, d’eau et de trousses d’hygiène et d’assainissement.

Il s’agit non seulement d’un acte de solidarité envers les populations vulnérables, mais aussi d’un acte d’autoprotection pour toutes les nations. L’investissement dans un système de santé public mondial est le plus grand levier de lutte contre les inégalités.

La COVID-19, le « virus des inégalités »

Six mois après le début de la pandémie, notre rapport « COVID-19 : les profits de la crise » mettait en lumière que notre modèle économique permet aux plus riches de réaliser des bénéfices sur le dos des plus pauvres pendant la crise sanitaire.

Neuf mois plus tard à l’occasion du Davos Agenda organisé par le Forum économique mondial, « Le virus des inégalités » révèle que la fortune des 44 personnes les plus riches au Canada a augmenté de 63,5 milliards de dollars pendant la pandémie.

Cette somme permettrait de verser un chèque de 16 823 dollars à chacune des 3,8 millions de personnes les plus pauvres au pays.

Avec la pandémie, les inégalités économiques se creusent

9 mois

C’est le temps qu’il a fallu à 44 milliardaires du Canada pour que leur fortune augmente de 63,5 milliards de dollars pendant la pandémie.

10 ans

C’est le nombre d’années qu’il faudra aux personnes les plus pauvres du monde pour retrouver leur niveau de vie initial si on n’agit pas.

2 jours

C’est le temps nécessaire à l’un des 100 chefs d’entreprise les mieux payés du Canada pour gagner le salaire annuel d’une infirmière ou un infirmier.

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