Camp de Barsalogo au Burkina Faso. Photo: Aristide Simpore

Triste record : 70,8 millions de personnes réfugiées dans le monde

Montréal, 19 juin 2019 – À la veille de la Journée mondiale des réfugiés, le jeudi 20 juin, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) indique que le nombre de réfugiés dans le monde s’élève désormais à 70,8 millions de personnes. L’organisation s’alarme de ce chiffre, en hausse pour la septième année consécutive. Elle précise qu’il représente le double du nombre de personnes déracinées il y a 20 ans, ainsi que 2,3 millions de personnes supplémentaires par rapport à l’an dernier. Ce nombre effarant équivaut à une population qui se situerait entre celle de la Thaïlande et de la Turquie.

 « Face à ce triste record, il est du devoir de tous les gouvernements, et en particulier de ceux des pays les plus riches, de renforcer leur soutien aux réfugiés », a déclaré aujourd’hui la responsable des campagnes humanitaires à Oxfam, Fionna Smyth, en réponse au rapport annuel « Tendances mondiales » du HCR. Le rapport montre un nombre record de personnes forcées à se déplacer dans le monde pour la septième année consécutive.

Des personnes derrière les chiffres

« Derrière ces chiffres se trouvent des personnes qui s’engagent dans des voyages difficiles et dangereux en raison de menaces à leur sécurité et leurs droits les plus élémentaires, commente Céline Füri, coordonnatrice humanitaire à Oxfam-Québec. Il faut souligner les efforts des communautés et des pays, parfois eux-mêmes confrontés à d’importants défis, mais qui ont néanmoins ouvert leurs portes à ces personnes désespérées. Aucun pays n’est dispensé d’aider, et les plus riches ont la responsabilité d’intensifier leurs efforts de soutien aux pays hôtes, tout en favorisant la réinstallation des personnes qui ont le plus besoin de protection. »

En décembre prochain se célébrera à Genève le Forum mondial sur les réfugiés, dans le cadre du premier anniversaire de la signature du Pacte mondial pour les réfugiés. « Il s’agira d’une occasion pour les gouvernements de concrétiser des actions à ce sujet, explique Céline Füri. Celles et ceux qui se retrouvent forcés de quitter leur maison, tout comme les communautés qui les accueillent, doivent être au centre des discussions. Ces populations ne peuvent pas être exclues des décisions qui les concernent. »


Parce que les êtres humains sont plus que des statistiques, Oxfam-Québec a choisi d’illustrer la publication du rapport du HCR à travers trois destins singuliers.


Un enfant jouant au ballon au camp de réfugiés de Diffa au Niger.
Photo : Tom Saater / Oxfam Novib

Le Niger fait parti des pays en voie de développement qui accueillent des réfugiés. Malgré la pauvreté, la situation politique instable et l’insécurité alimentaire, le pays accueille des réfugiés qui ont fui leur pays à cause des violences de Boko Haram et de l’assèchement du Lac Tchad.



Augustine, une jeune fille déplacée au camp de Bunia en République démocratique du Congo.
Photo: John Wessels / Oxfam

Augustine et ses frères ont fui leur village avec leur père après avoir perdu leur mère durant une attaque à cause du conflit entre les communautés Hema et Lendu dans la province d’Ituri. Il a fallu deux jours de marche à la famille pour atteindre le camp des personnes déplacées à Bunia.

Durant la journée, Augustine s’occupe de l’abri familial tandis que son père et ses autres frères et sœurs marchent deux heures pour travailler dans les fermes environnantes pour un salaire quotidien d’un dollar américain. La distribution de nourriture dans le camp est insuffisante et ne permet pas aux personnes déplacées de survivre, ainsi, elles doivent travailler pour pouvoir se nourrir.



Wafaa, une femme réfugiée de retour chez elle à Douma, en Syrie.
Crédit photo : Dania Kareh / Oxfam

Wafaa est retournée dans son quartier à Douma après l’avoir fui pendant six années en raison de la guerre en Syrie. Elle retrouve son appartement partiellement détruit.

Les infrastructures sont lourdement touchées à Douma. Wafaa consacre 8 % de son revenu à l’achat d’eau, car les réseaux d’eau potable ne sont plus fonctionnels.