Ghana : Plus de temps et plus de revenus pour les femmes
Au Ghana, les femmes et les filles œuvrant dans le secteur du karité et du cacao font face à des inégalités économiques, sociales et politiques qui entravent leur épanouissement et leur pleine participation à la communauté. Le projet WeAct a permis de s’attaquer à ces obstacles en leur permettant d’accroître leurs revenus, en favorisant leur participation aux décisions au sein des ménages et des communautés, et en renforçant leur confiance pour qu’elles exercent un rôle accru au sein de leur communauté.
WeAct (Women Economic Advancement for Collective Transformation)
37 059 personnes soutenues (61 % de femmes)
Six régions du Ghana
2020-2025
Favoriser l’égalité des genres en renforçant l’autonomie économique
Mis en œuvre par Oxfam et sept organisations partenaires dans 18 communautés du Ghana, le projet WeAct reposait sur trois axes :
- Augmenter la productivité des femmes actives dans le secteur du karité et du cacao;
- Réduire les obstacles entravant la participation des femmes à la prise de décisions;
- Renforcer l’autonomie économique, le bien-être et la croissance économique des femmes.
Un impact tangible sur la productivité et les revenus
En soutenant l’amélioration des méthodes de transformation, des pratiques agricoles et de l’accès aux marchés, le projet a permis d’améliorer substantiellement la productivité et la rentabilité des productrices de karité et de cacao.
- La quantité de fèves de cacao vendue par les productrices a connu une hausse impressionnante de 763 %, leur permettant d’accroître significativement leurs revenus.
- La production de beurre de karité a progressé de 140 %, ouvrant la voie à une plus grande valorisation de la production locale.
- Les revenus des femmes actives dans le secteur du karité et du cacao ont augmenté de 10 % en moyenne, renforçant leur autonomie économique et leur capacité à subvenir aux besoins de leur famille.
Une plus grande participation économique des femmes
Le projet a contribué à faire évoluer les perceptions concernant le rôle des femmes dans les sphères économique et familiale. La quasi-totalité des participantes ont reconnu des changements positifs dans les mentalités concernant le rôle des femmes dans des domaines tels que les décisions financières au sein des ménages, les tâches domestiques non rémunérées et les droits fonciers et successoraux.
Les femmes participent davantage aux décisions familiales et communautaires. Elles épargnent davantage, investissent plus activement dans les entreprises et planifient mieux l’utilisation de leurs ressources financières. Leur confiance et leur estime de soi se sont renforcées, les encourageant à briguer des postes de direction dans les organisations communautaires et villageoises.
900 femmes entrepreneures ont été formées en leadership, en gestion d’entreprise et en négociation. 720 femmes ont reçu une formation en littératie financière.
La proportion de femmes propriétaires de terres a doublé, passant de 25 % à 50 %.
Les femmes participantes assument 46 % des dépenses de leur ménage, en moyenne, renforçant ainsi leur influence sur les décisions familiales.
Le nombre de femmes affirmant savoir comment revendiquer leurs droits de façon informelle ou formelle a augmenté de 15 %.
Un partage des responsabilités domestiques plus équitable
Les normes sociales bien ancrées qui attribuent principalement aux femmes les tâches domestiques et le travail de soins non rémunéré constituent depuis longtemps un obstacle à leur indépendance économique. Grâce aux activités de sensibilisation menées auprès des couples tout au long du projet, les hommes se sont davantage impliqués dans les responsabilités du foyer. Cette évolution a favorisé un partage plus équitable des tâches domestiques entre les hommes et les femmes.
Résultats
Le temps consacré par les femmes aux tâches domestiques non rémunérées a diminué de 7 heures par semaine entre le début et la fin du projet. Avec le temps ainsi gagné, elles peuvent se consacrer davantage à des activités rémunératrices, des revenus qui leur permettent d’assurer la scolarisation de leurs enfants, en particulier des filles, et d’améliorer la qualité et la diversité de l’alimentation de leur famille.
- Le nombre d’hommes affirmant soutenir le partage égal des tâches ménagères est passé de 27 % à 98 % entre le début et la fin du projet.
- Le pourcentage de femmes affirmant être égales aux hommes dans la prise de décisions au sein de leur ménage est passé de 77 % à 93 %.
- 99,6 % des femmes ont constaté une amélioration des attitudes sociales à leur égard dans leur communauté.
Ces changements sont essentiels pour garantir l’égalité des chances sur le plan économique. En faisant évoluer la répartition des rôles et responsabilités au sein des familles, le projet a ouvert de nouvelles perspectives économiques aux femmes, renforçant ainsi leur rôle en tant qu’actrices clés de l’économie locale.
Un héritage qui perdurera au-delà du projet
L’héritage du projet WeAct est essentiel : les femmes des communautés agricoles du Ghana ont acquis des compétences, de meilleurs revenus et une plus grande confiance en elles-mêmes pour façonner leur avenir et apporter une contribution significative au développement économique de leurs communautés. Ce succès permet à la dynamique d’autonomisation économique des femmes de se poursuivre bien au-delà de la durée de vie du projet.
Trois fois plus de revenus
Grâce au projet WeAct, les revenus de Safura ont triplé en cinq ans, passant de 1 000 cedis (environ 120 $) à 3 000 cedis (environ 365 $) par mois.
« Avant de participer au projet, j’avais tout juste le temps de m’occuper de toutes les tâches de la maison, comme aller chercher de l’eau, couper du bois, m’occuper des enfants ou encore faire le ménage. Il me restait peu de temps pour m’occuper des activités agricoles.
Je remercie mon mari d’avoir facilement accepté une nouvelle façon de nous organiser et de participer davantage aux tâches du quotidien. Cela nous a permis de gagner plus d’argent et cela m’a aussi permis d’être moins préocupée par les tracas du quotidien. J’ai l’esprit plus tranquille maintenant.»
© Musa Mensah/Oxfam Ghana
Un couple transformé
La première fois qu’Idrissou a entendu parler du projet WeAct, il était inquiet. Attaché à ses habitudes et aux coutumes locales, il ne comprenait pas vraiment pourquoi la mise en œuvre de ce projet était nécessaire. Il se demandait ce que cela allait changer concrètement dans sa vie et celle de sa famille. De son côté, Aïcha a réagi tout autrement : elle était pleine d’enthousiasme dès que son mari lui a parlé du projet.
Le plus grand gain pour Idrissou a été la reconnaissance : il a été reconnu comme un leader dans sa communauté. Quant à Aïcha, elle estime que le projet a profondément transformé sa relation avec son mari, renforçant leur union et leur complicité.
© Musa Mensah/Oxfam Ghana
Depuis le lancement du projet en 2021, Aïcha a désormais plus de temps à consacrer à ses activités entrepreneuriales.
« Avant, je me consacrais aux tâches ménagères du matin jusqu’au soir, sans relâche. Je n’avais aucun temps pour moi, pour travailler ou même pour me reposer. Aujourd’hui, mon mari participe davantage aux tâches ménagères : il va chercher l’eau, ramasse le bois de chauffage, lave le linge, donne le bain aux enfants… ce qui me permet d’alléger une bonne partie de ma charge mentale et physique. »
Aïcha a ainsi gagné deux heures de temps libre par jour qu’elle consacre à des activités économiques. Avec les revenus supplémentaires générés, la famille peut désormais compter sur 500 cedis de plus par mois par mois (environ 60 $), ce qui lui permet de couvrir des besoins essentiels: nourriture, soins de santé, scolarisation et vêtements pour les enfants.
« Aujourd’hui, je peux me considérer comme une entrepreneure qui gagne des revenus supplémentaires. Ce n’est pas juste du travail, c’est une mission ! Cela m’a aussi permis de retrouver une certaine confiance en moi. J’ai maintenant suffisamment d’argent pour m’acheter des vêtements que j’aime et m’apprêter de la façon dont j’ai toujours rêvé. Cela m’a redonné une certaine estime de moi-même. »
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