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Les États membres de l’ONU ont gaspillé 25 années en ignorant largement le rôle crucial que les femmes et les filles palestiniennes auraient dû jouer dans la construction de la paix dans le Territoire palestinien occupé, estime Oxfam. 

Dans un nouveau rapport intitulé Arming Injustice with Impunity (Armer l’injustice en toute impunité), publié dans la foulée des 25 ans de l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies et du programme « Femmes, paix et sécurité » (FPS), Oxfam montre que l’initiative de l’ONU a non seulement laissé tomber les femmes palestiniennes, mais a également renforcé le statu quo en ne s’attaquant pas aux causes profondes de la violence : l’occupation illégale et la militarisation par Israël, ainsi que la complicité de la communauté internationale qui vend des armes et ne demande pas de comptes à Israël. 

Le programme FPS préconise la pleine participation des femmes aux processus de paix, leur protection contre la violence et l’adoption d’approches sensibles au genre en matière de prévention des conflits et de rétablissement. Bien qu’il ait été largement approuvé, sa mise en œuvre a souvent été limitée et incohérente, en particulier dans les contextes d’occupation prolongée et d’injustice systémique. 

Les effets de l’occupation sur les femmes

Le rapport d’Oxfam, qui s’appuie sur des recherches menées en consultation avec des partenaires et des spécialistes dans ce domaine, décrit les effets dévastateurs de l’occupation israélienne sur les femmes. À Gaza, plus de 67 000 personnes ont été tuées et plus de 170 000 blessées depuis octobre 2023, les femmes et les enfants représentant la majorité des victimes. Quatre-vingt-dix pour cent de la population a été déplacée et Gaza est en ruines. Les femmes sont confrontées à des difficultés disproportionnées en raison de l’effondrement des infrastructures et des systèmes de santé, de l’inaccessibilité des soins maternels et d’une exposition accrue aux traumatismes, à la famine et à la violence fondée sur le genre.  

Ces préjudices s’étendent au-delà du champ de bataille : les femmes palestiniennes en détention ont également été victimes d’abus systématiques, notamment de violences sexuelles et fondées sur le genre qui, selon les enquêtes de l’ONU, pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. 

En Cisjordanie, les attaques armées menées par des colons, souvent soutenues par les forces israéliennes, ont donné lieu à des cas de harcèlement sexuel, de menaces de viol et de destruction de maisons et d’écoles. Les femmes et les filles vivent dans la peur, ce qui entraîne des abandons scolaires, des fausses couches et des dommages psychologiques à long terme. Les défenseuses des droits humains font face à la détention arbitraire et à la répression, tandis que les structures patriarcales internes, exacerbées par la militarisation et l’occupation illégale, entravent davantage la participation des femmes à la vie politique et publique. 

Des engagements fondamentaux ignorés

Malgré ces difficultés et de lourdes restrictions, les organisations de la société civile dirigées par des femmes palestiniennes continuent de jouer un rôle clé dans l’éducation, la protection et la défense des droits. Le rapport souligne toutefois l’incapacité de la communauté internationale à respecter les engagements fondamentaux du programme FPS. Les États qui continuent à vendre des armes et à coopérer militairement avec Israël compromettent leurs engagements mondiaux en faveur des droits des femmes, de l’égalité des genres et de la paix. 

Bien que l’Autorité palestinienne ait adopté des plans d’action nationaux sur les femmes, la paix et la sécurité, leur mise en œuvre est entravée par la fragmentation politique, le manque de financement et l’absence de volonté politique. 

Initialement conçu pour remettre en question les structures de pouvoir et placer les femmes au cœur du processus de paix, le programme FPS dans le Territoire palestinien occupé a été restreint par des approches militarisées et une fragmentation politique qui négligent les causes profondes empêchant la pleine égalité des genres, la protection, la participation et la justice, selon Oxfam. 

Oxfam estime que le programme FPS devrait revenir à son essence même : lutter contre le militarisme, faire respecter le droit international et donner la priorité à la justice entre les genres. Pour les femmes palestiniennes, la paix passe par la fin de l’occupation israélienne illégale, le rétablissement de la justice et de la responsabilité, et la garantie que leur voix soit au cœur de la construction d’un avenir juste et durable. 

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Josianne Bertrand

Agente – Relations publiques et médiatiques

Téléphone:514 606-4663
Courriel: josianne.bertrand@oxfam.org

 

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