Alerte au virus Ebola en République démocratique du Congo

Montréal, 4 juin 2019 – La directrice pays d’Oxfam en République démocratique du Congo (RDC), Corinne N’Daw, lance un message d’alerte en réaction à l’annonce des 2000 cas d’Ebola confirmés. Une augmentation de cas a en effet été signalée dans les zones de santé de Mabalako et Butembo au cours des trois dernières semaines. Des sources gouvernementales indiquent qu’au cours des prochaines semaines, une nouvelle augmentation de cas pourrait se produire dans les anciens épicentres de l’épidémie, tels que Beni et Mangina.

« La réponse actuelle pour lutter contre le virus Ebola ne fonctionne pas. Quelle que soit l’efficacité du traitement, si les communautés n’y croient pas, elles ne l’utiliseront pas, et ça semble le cas présentement sur le terrain, affirme madame N’Daw. Nos équipes rencontrent encore quotidiennement des personnes qui doutent de l’existence du virus. Alors que nous travaillons à changer cela, trop de cas ne sont pas détectés, car de nombreuses personnes qui présentent des symptômes évitent le traitement. Ce manque de confiance de la population rend impossible la rupture de la chaîne de transmission du virus.

La multiplication des attaques violentes au cours des derniers mois a contraint Oxfam en RDC ainsi que la plupart des organisations humanitaires à suspendre leurs activités à plusieurs reprises. Ces interruptions ont sérieusement entravé les activités de vaccination, la décontamination des maisons ainsi que les inhumations qui doivent se faire dans des conditions de sécurité optimales. Ceci a entraîné les récentes augmentations de cas et Oxfam redoute un autre pic dans les prochaines semaines.

« Le renforcement du leadership de l’ONU et l’augmentation de son financement pour l’aide humanitaire sont des occasions de redéfinir la riposte contre Ebola, en s’assurant que celle-ci soit centrée sur l’établissement de la confiance avec les communautés. Cette confiance est cruciale et sans elle nous ne serons pas en mesure de gagner le combat contre Ebola », constate Corinne N’Daw.

Des familles décimées

Le personnel d’Oxfam a appris que certaines personnes refusaient de se faire vacciner et préféraient mourir chez elles plutôt que de se rendre à une clinique de traitement Ebola. Martine, une jeune femme qui a participé à une formation organisée par Oxfam auprès d’un forum de femmes, a confié que la plupart des membres de sa famille ne croyaient pas au virus malgré le fait que sa sœur en soit décédée l’année dernière.

« Ma sœur est décédée des suites d’une fièvre après son accouchement. Alors que les tests ont montré que son bébé n’avait pas contracté le virus Ebola, nous avons pensé que c’était la preuve que le virus n’existait pas, raconte-t-elle. Notre père était le seul à croire que le virus Ebola était bien réel, et il a essayé de persuader toute la famille. J’ai commencé à penser que c’était peut-être vrai. J’ai ensuite assisté aux discussions du forum des femmes, et Oxfam m’a aidé à comprendre. Maintenant je sais que le virus Ebola existe », soutient-elle.

À la suite de participation au forum des femmes, Martine, qui avait refusé de se faire vacciner après le décès de sa sœur, agit maintenant comme porte-parole en encourageant les communautés à prendre des mesures préventives contre le virus Ebola.

Solutions pour rompre la chaîne de transmission

La réponse humanitaire d’Oxfam est axée sur la promotion de la santé publique et l’appui aux solutions proposées par la communauté pour rompre la chaîne de transmission du virus. Oxfam fournit également de l’eau saine aux communautés affectées et améliorent les infrastructures des centres de santé. Depuis le début de l’épidémie, 602 181 personnes ont été aidées.

À la suite de ses expériences dans la lutte contre les précédentes épidémies d’Ebola, Oxfam sait qu’il est essentiel d’instaurer un dialogue ouvert avec les communautés et de trouver avec elles des solutions sûres pour contenir le virus, notamment en faisant appel à des agents de santé et des dirigeants locaux qui parlent la langue locale et en traitant les communautés comme des partenaires égaux, reconnaissant ainsi leur capacité et leur expérience pour arrêter le virus Ebola.

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