équipe de bénévoles à Beyrouth Une équipe de bénévoles du Centre libanais des droits humain (CLDH) - qui est un partenaire d'Oxfam - visite le quartier de Geitawi pour évaluer le soutien psychosocial nécessaire aux personnes touchées par l'explosion du 4 août au port de Beyrouth. Photo: Sam Tarling / Oxfam.

Explosion à Beyrouth : un mois plus tard, la catastrophe humanitaire s’aggrave

Beyrouth (Liban), le 4 septembre - Un mois s’est écoulé depuis l’explosion qui a dévasté Beyrouth le 4 août dernier. Des dizaines de milliers de personnes se retrouvent incapables de reconstruire leur maison. Une porte d’entrée coûte à elle seule l’équivalent de deux mois de revenu au salaire minimum, comme l’indique Oxfam aujourd’hui.

Les inégalités qui affligent depuis trop longtemps le Liban, l’inflation massive et la pandémie de COVID-19 aggravent encore cette catastrophe humanitaire qui a fait plus de 200 morts et laissé des centaines de milliers de personnes dans le besoin.

« L’inflation démesurée signifie que le coût des matériaux de base nécessaires à la reconstruction de maisons et de commerces est hors de portée pour des milliers de personnes qui peinaient déjà à joindre les deux bouts avant l’explosion, explique le responsable de l’élaboration des politiques pour Oxfam au Liban, Bachir Ayoub. Le salaire minimum dans le pays se situe tout juste sous les 590 $ CAD par mois et le coût pour remplacer une fenêtre est maintenant près des 650 $ CAD et celui d’une porte peut aller jusqu’à 1 300 $ CAD. Ces familles ont besoin d’une aide urgente pour se remettre de la catastrophe et rebâtir leur vie. »

L’explosion est survenue à un moment où des milliers de gens étaient déjà au bord du gouffre. Environ la moitié de la population libanaise vivait déjà sous le seuil de pauvreté avant la catastrophe. La valeur de la monnaie locale a chuté de 80 % depuis octobre, des travailleurs migrants isolés sont à la rue, l’argent en espèces est pratiquement inaccessible, et les mesures de santé publique pour tenter de maîtriser la pandémie empêchent les travailleurs occasionnels de se trouver du travail.

Crise de l'emploi

« Après l’explosion, environ 70 000 travailleurs supplémentaires se sont retrouvés sans emploi. La moitié de tous les établissements hôteliers, de vente en gros et de vente au détail situés près du lieu de la catastrophe ont été détruits, commente Bachir Ayoub. Dans les zones les plus touchées, la majorité des personnes gagnent le salaire minimum ou moins. La plupart d’entre elles ont perdu leur emploi au port ou dans les commerces des zones dévastées. Beaucoup sont incapables de nourrir leur famille et encore moins de réparer leur maison. »

Les cas de coronavirus ne font qu’augmenter et le coût de 130 $ CAD pour un seul test est bien au-delà des moyens de la majorité des Libanaises et Libanais.

Oxfam travaille avec des organisations libanaises pour veiller à ce que les personnes les plus marginalisées de Beyrouth ne soient pas laissées pour compte et qu’elles obtiennent le soutien dont elles ont besoin pour se remettre de l’explosion.

Des partenaires au service des personnes vulnérables

L’intervention qu’Oxfam et ses partenaires ont mise en place en réponse à l’explosion vise à soutenir le leadership local et à venir en aide aux personnes en situation de handicap ou âgées, aux femmes et aux filles, qui sont plus à risque de subir de la violence dans un contexte de crise, ainsi qu’aux personnes migrantes et réfugiées et membres de la communauté LGBTQ+.

Sur place, le travail a démarré, notamment à travers la distribution d’aide alimentaire et l’apport d’aide psychosociale aux foyers affectés par l’explosion. Au total, ce sont plus de 9 000 personnes qui bénéficieront de cette action, qu’il s’agisse d’aide financière ou de nourriture d’urgence, de services médicaux, de soutien en santé mentale, d’assistance juridique ou d’aide pour réparer et reconstruire des maisons et des commerces.

« Chez certaines des communautés les plus vulnérables du Liban, comme les personnes réfugiées, les travailleuses migrantes ou travailleurs migrants, les personnes aînées et les membres de la communauté LGBTQ+, nous craignons que les inégalités et la souffrance croissantes que nous constations déjà ne fassent qu’empirer et que la situation de ces gens ne s’aggrave davantage », a ajouté M. Ayoub.

Les Canadiennes et Canadiens solidaires

Au Canada et au Québec, l’appel d’urgence de la Coalition humanitaire à laquelle appartient Oxfam-Québec a été entendue par la population qui a démontré une solidarité puissante avec le peuple libanais. Ce sont près de 9,9 millions de dollars canadiens qui ont été reçus en dons, ce qui, grâce à la contribution du gouvernement fédéral, a amené le montant des fonds disponibles pour l’aide humanitaire en date du 27 août à 17,9 millions de dollars canadiens.

Cette somme sera essentielle pour répondre aux besoins urgents de la population de Beyrouth, ce que les partenaires d’Oxfam-Québec ont commencé à faire. Cependant les besoins sont énormes et une mobilisation internationale d’envergure reste nécessaire pour renforcer les efforts des Libanaises et Libanais qui s’activent à reconstruire leurs vies.

Les personnes qui souhaitent appuyer les projets d’Oxfam-Québec au Liban peuvent le faire en cliquant sur :

Notes :

  • Le salaire minimum au Liban est établi par le gouvernement à 650 000 LBP, ce qui équivalait à 590 $ CAD à la même période l’an passé.
  • Un mètre carré de verre de qualité moyenne (6 mm) coûtait 21 $ CAD avant l’explosion. Après le 4 août, et avec les prix croissants du marché, le ministère de l’Économie a fixé le prix d’un mètre carré de verre dans un cadre d’aluminium à 650 $ CAD.
  • Le prix moyen courant pour une porte dotée de serrures de qualité se situe actuellement entre 900 $ CAD et 1 300 $ CAD.
  • Pour réagir à l’impact de l’explosion, Oxfam travaille avec 11 partenaires afin d’offrir un soutien d’urgence, dont la distribution de colis de nourriture et d’une aide financière d’urgence et temporaire, la réparation de maisons, de l’assistance et de la consultation juridique, un soutien psychosocial et la distribution de médicaments. Les services sont offerts aux familles et aux personnes des zones touchées, notamment les femmes, les filles, les membres de la communauté LGBTQ+, les personnes en situation de handicap et les travailleuses migrantes et travailleurs migrants.
  • Voici nos partenaires pour l’intervention à Beyrouth : Lebanese Centre for Human Rights (CLDH), KAFA, Anti-Racism Movement (ARM), Basmeh & Zeitooneh (B&Z), Lebanese Physically Handicapped Union (LPHU), Lebanese observatory for workers and employees rights (LOWER), HELEM, Legal Agenda (LA), Association, Arc-En-Ciel et People’s Solidarity, accueillis par une organisation partenaire nommée Social Media Exchange (SMEXs).
  • Depuis mars 2020, Oxfam au Liban répond aux besoins liés à la pandémie de COVID-19 pour les communautés vulnérables de la vallée de la Bekaa. Conjointement avec des partenaires locaux, Oxfam continue à distribuer de l’eau, du savon et des trousses de désinfection aux personnes réfugiées installées dans les campements informels.
  • Le travail d’Oxfam au Liban se concentre sur la citoyenneté active et la bonne gouvernance, la justice économique et des programmes humanitaires.
  • Oxfam œuvre au Liban depuis 1993. Elle offre de l’aide humanitaire aux personnes vulnérables touchées par les conflits et fait la promotion du développement économique, de la bonne gouvernance à l’échelle locale et nationale, et des droits des femmes grâce au travail de partenaires locaux. Oxfam collabore également avec des partenaires locaux pour contribuer à la protection et à l’autonomisation des femmes et des hommes marginalisés.
  • Le Liban accueille le plus grand nombre de personnes réfugiées par habitant au monde, soit une personne sur quatre. Pour réagir à la crise en Syrie, Oxfam fournit de l’eau et des systèmes d’hygiène ainsi que de l’aide financière d’urgence aux personnes réfugiées et aux Libanaises et Libanais dans le besoin; aide les personnes réfugiées sur des questions de protection juridique; et soutient les petites entreprises et la création d’emplois dans le secteur privé. Oxfam travaille actuellement dans le nord du Liban, dans la vallée de la Bekaa, au sud du Liban ainsi que dans les camps et les rassemblements palestiniens.