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Montréal, 14 décembre 2023 – Les conflits, les crises économiques et le changement climatique convergent pour créer un terrain propice à une nouvelle épidémie de choléra au Yémen 

 L’augmentation alarmante du nombre de cas de choléra enregistrés au Yémen ces dernières semaines risque de se transformer en épidémie si aucune mesure n’est prise rapidement, averti Oxfam.

 Ces dernières semaines, des cas de choléra ont été enregistrés dans six gouvernorats du sud et de l’est du Yémen, ainsi que dans deux gouvernorats du nord. Entre le 2 octobre et le 3 décembre, 1336 cas suspects et 11 décès associés ont été signalés dans le sud du pays. Le manque de signalement dans de nombreuses régions signifie que les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés. 

 Le choléra est causé par le manque d’eau potable et d’assainissement. Il est très contagieux, surtout dans les endroits surpeuplés. Les communautés de migrants ont été touchées de manière disproportionnée, ce qui reflète les difficultés accrues qu’elles rencontrent pour accéder à l’eau potable et aux services de santé. 

 Pour les Yéménites, ces cas ont fait craindre un retour à des niveaux de choléra non observés depuis l’épidémie de 2016-2021, au cours de laquelle 2,5 millions de cas ont été enregistrés et 4 000 décès ont été constatés. En 2019, 93 % des cas de choléra dans le monde ont été enregistrés au Yémen.

 En 2021, le nombre de cas avait considérablement diminué, en grande partie grâce à un programme de vaccination réussi. Mais le manque de financement, en particulier pour la fourniture de vaccins, risque d’anéantir ces efforts.

 Naser, 37 ans, originaire du district d’Abs dans le gouvernorat de Hajjah, a perdu sa fille à cause d’une suspicion de choléra :

« J’ai perdu l’une de mes filles à cause d’une diarrhée aiguë et de vomissements, et j’ai peur pour mes deux autres filles. Lorsque j’ai emmené ma petite fille de trois mois à l’hôpital, elle y est restée quelques jours, puis on nous a demandé de la ramener à la maison. Le lendemain, sa situation a empiré. Après quatre jours de souffrance, elle est décédée dans mes bras.»

Naser

Originaire du district d'Abs dans le gouvernorat de Hajjah

Vingt millions de Yéménites ont aujourd’hui besoin d’une assistance sanitaire, le secteur de la santé n’étant financé qu’à hauteur de 40 %[1] et ravagé par les effets de près de neuf années de guerre. Près de la moitié des établissements de santé du Yémen sont soit partiellement fonctionnels, soit non fonctionnels en raison de pénuries de personnel, de financement et d’électricité, ainsi que d’un manque de médicaments, de fournitures et d’équipements.

Dans les gouvernorats de Hadramawt, d’Al Mahrah et de l’archipel de Socotra, plus de 18 000 foyers ont récemment été touchés par les inondations provoquées par le cyclone Tej, qui a gravement endommagé les infrastructures sanitaires et de santé, ainsi que les habitations et les moyens de subsistance des populations.

Plus de 15 millions de personnes au Yémen n’ont pas accès à l’eau potable, les femmes et les enfants étant touchés de manière disproportionnée.

Abdulwasea Mohammed, responsable des campagnes, du plaidoyer et des médias pour Oxfam au Yémen, a déclaré :

« La recrudescence des cas de choléra devrait être un signal d’alarme pour les dirigeants du Yémen et la communauté internationale dans son ensemble. Le choléra peut et doit être facilement prévenu et traité, mais sans investissements adéquats dans le système de santé, sans accès à l’eau potable, aux installations sanitaires et aux vaccins, les Yéménites continueront à en payer le prix. »

« Le choléra se développe en période de conflit. Près de neuf années de guerre au Yémen ont décimé le système de santé et privé de nombreux Yéménites de leur vie et de leurs moyens de subsistance. Nous avons besoin de toute urgence d’une paix juste et durable pour permettre au pays de commencer à se reconstruire et à se redresser. »

Abdulwasea Mohammed

Responsable des campagnes, du plaidoyer et des médias pour Oxfam au Yémen

Oxfam demande à la communauté internationale de fournir un financement adéquat pour l’aide vitale, en particulier pour les programmes de santé, de résilience et de moyens de subsistance, et de redoubler d’efforts pour négocier une paix globale et durable au Yémen.

 

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