Featured Video Play Icon

Crise humanitaire au Burkina Faso : 1,9 million de personnes sans accès à l’eau

Montréal, 25 février 2020 – La multiplication des conflits armés au Burkina Faso a débouché sur une crise historique. Plus de 500 000 personnes ont dû fuir leur domicile et environ 2 millions sont en situation d’urgence humanitaire. Oxfam-Québec appelle à une urgente mobilisation de fonds pour répondre aux besoins vitaux de la population, notamment en eau.

 « Au cours de l’année 2019, le nombre de personnes déplacées internes a été multiplié par dix, atteignant plus d’un demi-million de personnes en fin d’année. La situation est critique » explique Papa Sosthène Konate, directeur pays intérimaire d’Oxfam au Burkina Faso.

La présence de groupes armés dans la région, cumulée à la marginalisation sociale et à la négligence de l’État central a attisé les tensions entre des communautés qui vivaient jusque-là dans un climat de tolérance.

« Parmi les besoins énormes, l’accès à l’eau constitue un enjeu vital et une urgence absolue pour ces familles qui ont tout perdu » ajoute M. Sosthène Konate.

Les femmes et les jeunes filles doivent souvent faire la queue pendant des heures pour une infime quantité d’eau.

« Si je pars chercher l’eau à 7 h du matin, je dois attendre sous le soleil jusqu’à midi minimum, et le peu d’eau collecté ne permet même pas de répondre aux besoins de ma famille pour la journée. Tous les jours, je dois revivre ça », témoigne Fatoumata Sawadogo, personne déplacée à Pissila.

RISQUE D’ÉPIDÉMIE

« Sans eau, il n’y a pas d’hygiène, sans eau, on ne peut rien faire, » alerte Huguette Yago, ingénieure en eau, hygiène et assainissement pour l’ONG AGED (Association pour la gestion de l’environnement et le développement), partenaire local d’Oxfam qui intervient sur le site de de Pissila (Centre-Nord). Ce dernier accueille 3500 personnes déplacées. L’accès à l’eau y est inexistant.

« Dans un contexte comme celui-ci, le risque d’épidémie est très important, explique la coordonnatrice humanitaire d’Oxfam-Québec, Céline Füri. Quand des milliers de personnes vulnérables se retrouvent réunies dans la même zone et que les services de santé sont débordés, la propagation d’une épidémie peut avoir des conséquences désastreuses ». Sur place, les maladies diarrhéiques connaissent déjà une forte hausse et le pire reste à craindre.

L’accès à l’eau est également devenu un défi quotidien pour les communautés qui accueillent 94 % des personnes déplacées. « L’eau est devenue un point de tension pour tout le monde. Nous sommes trop nombreux, c’est très difficile », raconte Ousmane Bandé qui accueille chez lui plus d’une trentaine de personnes déplacées.

RECONSTRUIRE

Dans certaines villes comme Barsalogho, le taux d’accès à l’eau potable a diminué de 40 % selon le Humanitarian Needs Overview 2020 avec les arrivées massives de personnes déplacées qui entraînent une surutilisation et une détérioration du peu d’infrastructures et de sources d’eau disponibles avant la crise. Les équipes d’Oxfam ont réussi à installer trois postes d’eau autonomes. Elles ont aussi réhabilité 29 pompes à motricité humaine et ont installé deux citernes souples d’une capacité de 20m3 chacune. Toutes ces infrastructures permettent de ravitailler en eau environ 21 800 personnes quotidiennement, mais demeurent insuffisantes pour combler les besoins en eau des populations résidentes et déplacées.

« En 2020, Oxfam veut développer son action en matière de prévention de maladies liées au manque d’hygiène auprès de 287 000 personnes et construire ou réhabiliter 107 points d’eau », précise Gustave Yamossou, responsable des urgences chez Oxfam. Pour cela, l’appui des bailleurs de fonds est indispensable. La situation ne cesse de se dégrader et plus de 2 millions de Burkinabés ont besoin d’une aide humanitaire urgente.

Celles et ceux qui souhaitent apporter leur aide à la population burkinabaise peuvent le faire à l’adresse suivante : https://www.jedonneenligne.org/oxfamquebec/URGBF/

bouton-don