Alima, 19 ans, a perdu sa maison après le passage du cyclone Kenneth. Photo: Tommy Trenchard / Oxfam

Après Idaï, le cyclone Kenneth met en danger 168 000 personnes au Mozambique

Montréal, 30 avril 2019 Oxfam, ainsi que des partenaires locaux et internationaux, s’apprêtent à venir en aide à la population du Mozambique, frappée par un second cyclone en moins de six semaines, après le dévastateur cyclone Idaï. Le consortium COSACA, auquel Oxfam appartient avec Save the Children et Care, évalue en ce moment les besoins des populations touchées par le cyclone Kenneth et se prépare à distribuer des moustiquaires, de la nourriture et des trousses d’hygiène.

Le cyclone Kenneth qui s’est abattu dimanche dernier sur le Nord du Mozambique était accompagné de pluies torrentielles qui ont fait sortir les rivières de leur lit, mettant en péril 168 000  personnes, en plus des centaines de milliers d’individus déjà affectés par le précédent cyclone. La tempête a balayé la ville portuaire de Pemba et le district de Macomia, dans la province de Cabo Delgado au nord du pays, tuant au moins 38 personnes et endommageant ou détruisant plus de 35 000 maisons.

Les équipes d’Oxfam sont sur place et interviendront au plus vite. Une importante mission de sauvetage est en cours afin de secourir les communautés locales qui sont sous la menace de glissements de terrain et de nouvelles inondations. Les cyclones frappent rarement cette partie du Nord du Mozambique, les habitants sont donc moins bien équipés pour réparer les dégâts.

Les Canadiennes et Canadiens qui souhaitent appuyer l’action d’Oxfam peuvent faire un don directement sur le site d’Oxfam-Québec.

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 UN MANQUE D’EXPERTISE SUR LE TERRAIN

« Ce second cyclone en moins de deux mois est bien sûr un coup dur pour cette région déjà fragilisée, où les déplacements sont particulièrement difficiles au vu du nombre de routes endommagées, explique Céline Füri, coordonnatrice humanitaire d’Oxfam-Québec. Nous devons agir rapidement pour limiter l’impact de la faim et des maladies qui se transmettent par les eaux contaminées comme le choléra. »

Voici ce qu’avait à dire Carlos Dias, directeur général de l’organisation partenaire d’Oxfam, ADEL : « La situation à Ibo, à Macomia et à Quissanga est terrible, car les populations ont été frappées de plein fouet. Les gens tentent de reprendre le cours normal de leur vie, mais les maisons ont été inondées et plusieurs ont perdu leur toit. C’est la première fois que la province de Cabo Delgado subit ce genre de catastrophe, et nous n’avons pas l’expertise pour gérer un désastre d’une telle ampleur. » 

Alima, une jeune femme de 19 ans, dont la maison a été détruite à Macomia, a dit : « Le vent et la pluie étaient tellement forts. Tout a été détruit. J’ai eu vraiment peur. En ce moment, je dors dehors et tous les enfants ont commencé à tousser. Nous avons besoin de nourriture, d’eau et d’une nouvelle maison. »

UN COÛT HUMAIN ÉNORME

Bien que les deux cyclones aient frappé différentes parties du pays, le coût sera énorme pour un pays pauvre comme le Mozambique. La Banque mondiale a déclaré que le cyclone Idaï a déjà coûté 773 millions de dollars. Toutefois, le coût humain est bien pire.

Des gens ont perdu leur maison, leur emploi, leur moyen de subsistance et des êtres chers. Seul 28 % du financement nécessaire pour l’intervention humanitaire pour Idaï (282 millions de dollars) a jusqu’ici été recueilli, affirme la directrice de la mobilisation humanitaire d’Oxfam, Dorothy Sang :

« Nous sommes loin de pouvoir aider les gens à rebâtir leur vie. Et cette catastrophe qui vient s’ajouter à la première rendra inévitablement cette tâche encore plus difficile en raison des ressources extrêmement limitées. »

Au cours du premier mois de son intervention après le passage du cyclone Idaï, Oxfam avait déjà offert une aide humanitaire d’urgence à 100 000 personnes pour sauver des vies.