Projet Bongo - pièce de théâtre

Projet Bongo Té, tika ! de l’art social en République démocratique du Congo

Lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles
À Kinshasa, en République démocratique du Congo

L’art : levier du développement

Ici et ailleurs, l’art social joue un rôle déterminant dans la sensibilisation des populations sur une panoplie d’enjeux sociaux.
Oxfam-Québec, le Réseau des Femmes Chrétiennes du Congo (RFCC) et le Théâtre des Petites Lanternes (TPL) se sont donc unis pour mettre sur pied Bongo té, tika!, un projet de co-construction artistique, de sensibilisation et de recherche de solutions dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Le contexte

En RDC, les rôles traditionnels et les stéréotypes basés sur le genre rendent les femmes particulièrement vulnérables aux violences. En raison du conflit armé qui sévit au pays depuis plus de 20 ans, les Congolaises sont exposées de manière disproportionnée aux violences, en particulier les violences sexuelles. Dans ce contexte, il est essentiel d’appuyer celles et ceux qui prennent la parole et qui dénoncent les injustices et les violences que subissent les femmes.
Dans le cadre de son programme de coopération volontaire, Oxfam-Québec a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles une priorité thématique, cherchant à promouvoir une approche la plus complète possible, et travaille à intégrer les préoccupations liées à la violence basée sur le genre de manière transversale.
Oxfam-Québec concentre son action auprès des hommes et des garçons, dans l’optique de déconstruire les masculinités et de soutenir les femmes et les organisations féministes dans leurs actions d’influence pour la création de cadres légaux favorables à la réduction des violences.

Les femmes, l’art social et le développement

Les femmes sont souvent marginalisées. Pourtant elles jouent un rôle fondamental pour le développement durable. Oxfam-Québec croit fermement que c’est en renforçant le pouvoir des femmes de contrôler leur vie et de prendre part aux décisions politiques qui les concernent, elles et leurs communautés, que tous ensemble nous contribuerons à éliminer la pauvreté.
Oxfam-Québec considère la culture locale comme un précieux bien territorial. En collaboration avec ses partenaires canadiens et ailleurs dans le monde, elle préconise l’art social comme approche pour susciter la participation citoyenne et pour amener les communautés, dont les femmes et les jeunes, à créer des solutions qui répondent à leurs besoins.

Bongo té, tika!

Dans le cadre du programme de coopération volontaire ACCES Innovation (PAI) financé par le gouvernement du Canada, Oxfam-Québec, le Réseau des Femmes Chrétiennes du Congo (RFCC) et le Théâtre des Petites Lanternes organisent, dans quatre communes de Kinshasa, une collecte d’information participative : la Grande Cueillette des Mots.
Au total, 810 carnets de paroles ont été distribués afin de récolter impressions, émotions, questions, commentaires ou opinions sur la question des violences faites aux femmes et aux filles.
Les fruits de cet exercice sont transmis au Théâtre des Petites Lanternes et à l’Atelier Théâtr’Action, partenaire d’Oxfam-Québec en RDC, pour la rédaction des textes d’une pièce de théâtre ayant pour thème Les femmes survivantes. La pièce vise entre autres à sensibiliser la population des quatre communes aux enjeux liés aux violences faites aux femmes et aux filles.
Bongo té, tika! sert également à jeter les bases pour d’autres projets en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles et à documenter la problématique à Kinshasa.

RÉSULTATS À CE JOUR

  • 600 femmes et 210 hommes ont pris part à la Grande Cueillette des Mots
  • 4 comités de pilotages, regroupant notamment Mme l’ambassadeur du Canada, la ministre provinciale du genre de Kinshasa, des personnes de haut niveau de la police nationale, de l’UNESCO, de l’ONU Femmes, du FNUAP, de l’église catholique, de certaines organisation de la société civile, d’Oxfam et du TPL, sous la gouverne de notre partenaire RFCC, ont eu lieu dans les huit premiers mois du projet
  • Sa Majesté, Mfumu Difima, Secrétaire Général de l’Alliance Nationale des Autorités Traditionnelles du Congo a demandé une formation en violence faites aux femmes et aux filles pour tous les chefs coutumiers de la région

Projet Bongo

RÉSULTATS À VENIR :

  • Une pièce de théâtre est écrite, mise en scène et diffusée
  • 80 représentations sont données dans 4 communes
  • 40 000 personnes assistent à la pièce et sont sensibilisées
  • Des 40 000 personnes, 2 400 participent activement à la pièce de théâtre
  • Des « projets émergents » seront proposés par les organisations membres du comité de pilotage

La force du nombre

La Grande Cueillette des Mots représente un espace rassembleur pour les citoyennes et citoyens, qui sont invité.e.s à plonger dans l’écriture dramatique à plusieurs centaines de mains. En unissant les artistes et les citoyens, ce projet illustre toute la pertinence et la force de l’art social dans le développement.
Ce processus innovant a notamment été éprouvé et mis-en-œuvre en Haïti et au Lac Mégantic. Il est reconnu dans le domaine de l’intervention psycho-sociale comme un moyen de prise de parole efficace, notamment en lien avec des traumatismes.

Vue d’ensemble

Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme de coopération volontaire ACCES Innovation : Accroître les capacités pour une croissance économique et sociale par l’innovation (PAI) d’Oxfam-Québec. D’une durée de cinq ans, le PAI contribuera à l’amélioration du bien-être économique et social des communautés pauvres et marginalisées, en particulier des femmes et des jeunes, dans 11 pays d’intervention.

Un total de 747 volontaires du Canada et du Sud – professionnel.les et technicien.nes, jeunes et retraité.e.s, membres des diasporas – contribueront à accroître les capacités techniques, administratives et financières d’une centaine d’organisations partenaires du Sud leur permettant d’innover et de contribuer à la croissance économique durable et la sécurité alimentaire, tout en prenant en compte les enjeux en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, de viabilité de l’environnement et de bonne gouvernance.

Une vingtaine de partenaires canadiens accompagneront les organisations du Sud et mobiliseront leur expertise dans la recherche de solutions innovantes pour résoudre les problématiques de développement identifiées dans chaque pays d’intervention.

À terme, le programme rejoindra plus de 50 000 bénéficiaires directs et 3 500 000 bénéficiaires indirects, dont 60 % de femmes et 65 % de jeunes.

Projet Bongo

Citations:

« À la lecture des carnets de parole, j’y ai observé diverses formes de violence, certaines même que nous ne considérons pas comme étant de la violence. […] Il y a un profond travail à entreprendre pour parvenir à un changement concret dans les comportements. » Rose Mutombo Kiese, Présidente du Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO)

« En lisant certains passages, j’ai remarqué que plusieurs thématiques y étaient évoquées, telles l’éducation, l’économie, ou encore la dimension sociale du processus de paix. Cette diversité thématique est vraiment intéressante. J’aimerais que ces travaux puissent servir de miroirs dans lesquels chaque congolaise et congolais puissent se reconnaitre, qu’ils puissent être interpellé.e.s par l’un des thèmes abordés. »  Thierry Sukadisukadi, Représentante d’ONU Femmes en RDC

Extraits de carnets de parole:

« Avant, la femme ne pouvait pas manquer dans la famille. Une famille qui manquait de femmes était considérée comme une famille pauvre. »

« Ma grand-mère était créée pour plaire à l’homme. »

« J’ai l’habitude d’appeler les femmes biloko qui veut dire tout simplement qu’elles sont des choses devant moi. Devant moi une fille n’a pas droit de me surpasser. Je les oblige à faire ce que moi je veux. »

« Moi j’aime qu’une femme fasse le ménage même si elle est épuisée, je pense qu’elle doit tout faire. »

« Il serait important d’aider nos filles à prendre conscience à étudier à ne pas se marier précocement. Il faut dénoncer. Je dois obligatoirement dénoncer le viol dans toute sorte de domaines. »

« Moi je respecte le droit de la femme mais pas trop, j’aime trop qu’elle me respecte, qu’elle ne parle pas quand je parle. De fois, je lui impose ma volonté et je lui fais de reproches mêmes en public devant le gens. »

« Et quant à moi, je ferai de mon mieux de parler aux autres hommes afin de donner mon apport pour une abolition de ces violences contre la femme. »

 

 

Réseau des femmes chrétiennes du Congo Théâtre des petites lanternes
 

http://www.international.gc.ca/international