Les conditions humanitaires dans le camp Jabal Zaid au Yémen sont désastreuses. Photo: VFX ADEN/Oxfam

Yémen : une épidémie de choléra meurtrière imminente

Montréal, 18 avril 2019 – L’épidémie de choléra la plus meurtrière de l’histoire pourrait être sur le point de réapparaître, alors que les organisations humanitaires au Yémen peinent à prendre en charge les quelque 40 000 personnes potentiellement atteintes par la maladie, selon des informations diffusées aujourd’hui par Oxfam. Les combats et les restrictions d’accès, notamment les postes de contrôle et les divers permis imposés par les parties en conflit, rendent l’organisation de l’aide extrêmement difficile dans certaines zones affectées.

Le nombre de cas présumés est déjà en hausse, et la saison des pluies imminente pourrait accélérer la propagation de la maladie. Lors des deux dernières semaines de mars, on dénombrait chaque jour environ 2 500 nouveaux cas présumés, alors qu’on parlait de 1 000 cas par jour en février. C’est plus de 10 fois le nombre de cas de choléra signalés en 2018.

Sur place, Oxfam et ses partenaires locaux travaillent d’arrache-pied pour contrer le développement du choléra, en acheminant de l’eau potable par camion, en réparant les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement et en distribuant notamment du savon et de la lessive en poudre. Oxfam aide également les autorités sanitaires et les équipes d’intervention locales à diffuser des informations sur les modes de transmission du choléra, ses symptômes et les mesures de prévention.

Oxfam-Québec en appelle à la solidarité et la générosité des Québécoises et des Québécois pour appuyer l’intervention d’Oxfam et répondre à cette crise humanitaire majeure. Vous pouvez faire un don en ligne.

PIRE QU’EN 2017

Plus de 3 000 personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie en 2016. En juin 2017, au plus fort de la crise, 7 000 nouveaux cas présumés étaient identifiés chaque jour, et l’épidémie était décrite comme la plus meurtrière mondialement par l’Organisation mondiale de la santé. Selon les calculs d’Oxfam, si la fréquence d’identification de nouveaux cas présumés se maintient, l’épidémie sera plus sévère que celle de 2017.

 « Il est essentiel d’agir promptement, sous peine de voir se propager à nouveau le choléra dans le pays, déclare la coordonnatrice humanitaire d’Oxfam-Québec, Céline Füri. Il est du devoir de la communauté internationale de faire en sorte que l’aide humanitaire parvienne à celles et ceux qui en ont besoin dans le pays de manière sûre, sécurisée et libre de contraintes. »

« Une seconde épidémie semblable à celle de 2017 serait une tache indélébile sur la conscience de la communauté internationale », ajoute Muhsin Siddiquey, directeur pays d’Oxfam au Yémen.

LE CANADA APPELÉ À RÉAGIR

Les conflits, frappes aériennes et restrictions d’accès continus ont plongé 14 millions de personnes dans la famine au Yémen. Près de la moitié des enfants âgés de six mois à cinq ans souffrent de malnutrition chronique.

Depuis des mois Oxfam-Québec interpelle le gouvernement canadien afin que celui-ci cesse d’alimenter cette guerre, comme il le fait en fournissant du matériel militaire à l’une des parties impliquées, l’Arabie Saoudite.

Une pétition lancée conjointement par Oxfam-Canada et Oxfam-Québec, à la fin du mois de mars, a déjà recueilli plus de 5 000 signatures.  

« Le Canada a une responsabilité dans cette guerre, et il est urgent qu’il mette fin au plus vite à toute exportation de matériel militaire aux parties impliquées dans le conflit », affirme la directrice des politiques et campagnes d’Oxfam-Québec, Anne Duhamel.

ÉPIDÉMIE SUR FOND DE CONFLIT

Le conflit en cours aggrave considérablement les risques sanitaires. Les Nations unies estiment que 17,8 millions de personnes ont besoin d’aide pour accéder à une source d’eau propre au Yémen. La moitié seulement des infrastructures de santé du pays sont fonctionnelles et nombreuses sont les personnes qui n’ont pas les moyens financiers d’obtenir un traitement médical.

« En détériorant les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans tout le pays, la guerre a créé des conditions favorables à la propagation du choléra, explique Muhsin Siidquey. L’accès à une source d’eau propre et à des systèmes d’assainissement adaptés sont essentiels à la prévention de la maladie. »