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Deux mois après le début de la plus récente épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, la plupart des centres de santé situés dans les zones les plus touchées n’ont pas accès à l’eau potable ni à des installations sanitaires adéquates. 

À Bunia, jusqu’à 20 000 personnes dépendent d’un seul point d’eau situé au sein même d’un centre de traitement d’Ebola, rapportent les équipes d’Oxfam sur place. 

Le Dr Manenji Mangundu, directeur national d’Oxfam en République  démocratique du Congo, souligne que les conditions de base nécessaires pour enrayer la transmission du virus sont loin d’être réunies. 

« Lorsque des familles sont contraintes d’aller chercher de l’eau à l’intérieur des centres de traitement parce qu’elles n’ont nulle part d’autre où aller, il ne s’agit plus d’une crise de santé publique liée à un problème d’approvisionnement en eau. Il s’agit d’une véritable bombe à retardement. »  

Le Dr Manenji Mangundu

Directeur national d'Oxfam en République démocratique du Congo

Le virus se propage dans d’autres provinces

Plus de 2 011 cas d’Ebola ont été confirmés et plus de 754 décès ont été signalés dans l’est du pays, selon le plus récent bilan officiel. Environ 70 nouveaux cas sont recensés presque chaque jour.  

Le virus se propage au-delà de l’épicentre, avec de nouveaux cas confirmés dans les provinces de la Tshopo, du Haut-Uélé et à Kisangani, une ville de plus de 1,6 million d’habitants. Le foyer épidémique se rapproche de deux autres frontières internationales, celles du Soudan du Sud et de la République centrafricaine.  

La riposte peine à suivre l’avancée de l’épidémie. La couverture du traçage des contacts n’est que de 67,4 %, bien en deçà des quelque de 90 % enregistrés au même stade de la précédente épidémie d’Ebola en 2018.  

Les centres de traitement débordés

Le manque de moyens financiers pousse les centres de traitement d’Ebola au-delà de leurs limites. Plusieurs établissements du Nord-Kivu et de l’Ituri fonctionnent au-delà de leur capacité d’accueil, certains dépassant même les 130 %.  

De nombreuses personnes chez lesquelles on soupçonne un cas d’Ebola ne peuvent pas être admises dans les centres de traitement surchargés. Elles restent donc au sein de leur communauté ou sont prises en charge dans des établissements de soins primaires mal équipés, ce qui réduit leurs chances de survie et expose le personnel de santé et les communautés à un risque accru de transmission. 

« Les professionnels de santé font tout ce qu’ils peuvent, mais beaucoup travaillent sans même disposer d’équipements de protection élémentaires, comme des gants, et c’est pourquoi nous constatons des taux d’infection élevés parmi le personnel médical dans différentes localités de l’Ituri. Les centres de santé n’étaient pas préparés. »

Le Dr Manenji Mangundu

Directeur national d'Oxfam en République démocratique du Congo

La sensibilisation accuse un retard important

Le manque de financement freine également les actions de sensibilisation des communautés, l’un des éléments essentiels pour améliorer les mesures de prévention et enrayer la désinformation. Deux mois après le début de l’épidémie, seulement 10 % des agents de sensibilisation et de surveillance ont été recrutés, selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies 

« Les rumeurs comblent le vide. Soit les gens ignorent l’épidémie, soit ils ont trop peur d’aller se faire soigner. Ils meurent chez eux. Chaque décès survenu au sein d’une communauté que nous ne parvenons pas à atteindre représente une chaîne de transmission que nous ne pouvons pas briser. »

Le Dr Manenji Mangundu

Directeur national d'Oxfam en République démocratique du Congo

Oxfam demande aux gouvernements d’investir de façon urgente pour assurer l’accès à l’eau potable et mieux équiper les établissements de santé et les communautés. Chaque jour qui passe permet au virus de se propager davantage, mettant en danger la vie de milliers de personnes.

Notes aux journalistes

  • Oxfam est l’une des rares organisations à fournir une aide en matière d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’engagement communautaire dans les zones de Butembo, de Mongwalu et de Rwampara, dans l’est de la République démocratique du Congo.  
  • Oxfam a besoin de l’équivalent de 16 millions de dollars canadiens pour intensifier sa réponse d’urgence à l’épidémie d’Ebola en RDC. Le programme initial sur six mois vise à rétablir l’approvisionnement en eau et les installations sanitaires dans les zones touchées et à soutenir les actions de sensibilisation menées par les communautés. 

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Josianne Bertrand

Spécialiste – Relations publiques et médiatiques

Téléphone:514 606-4663
Courriel: josianne.bertrand@oxfam.org

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