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Les répercussions humaines et économiques sur les pays à faible revenu pourraient encore augmenter drastiquement

Les économies des pays du G7 pourraient diminuer de 8,5 % par an en moyenne d’ici 2050, soit l’équivalent de 4 800 milliards de dollars, si leurs dirigeantes et dirigeants ne prennent pas des mesures plus ambitieuses pour lutter contre les changements climatiques. En ce qui concerne le Canada, la perte de PIB serait de 6,9%. C’est ce qui ressort d’une recherche de l’institut Swiss Re analysée par Oxfam. L’organisation appelle les dirigeantes et dirigeants des pays du G7, qui se réuniront en fin de semaine au Royaume-Uni, à prôner une réduction plus rapide et nettement plus marquée de leurs émissions de carbone.

Oxfam a calculé que cette perte potentielle de PIB est deux fois plus importante que celle enregistrée pendant la pandémie de coronavirus. Cette dernière a entraîné une contraction moyenne de 4,2 % de l’économie dans ces sept mêmes pays, provoquant des pertes d’emplois considérables et donnant lieu à des plans de relance économique d’une ampleur jamais vue. Mais si on s’attend à ce que les économies se remettent des effets à court terme de la pandémie, ceux des changements climatiques s’intensifieront, année après année.

Swiss Re a modélisé la manière dont les changements climatiques sont susceptibles d’affecter les économies, par le biais de risques climatiques progressifs et chroniques tels que le stress thermique, les impacts sur la santé, l’élévation du niveau de la mer et la baisse de la productivité agricole. Les 48 pays étudiés dans le cadre de cette recherche devraient tous connaître un repli économique, et nombre d’entre eux seront bien plus touchés que le G7. Ainsi, d’ici 2050 :

  • L’Inde, invitée au sommet du G7, pourrait constater une chute de son PIB de l’ordre de 27 %.
  • L’Australie, l’Afrique du Sud et la Corée du Sud, également invitées, pourraient perdre respectivement 12,5 % 17,8 % et 9,7 % de leur PIB.
  • Pour les Philippines, les prévisions parlent d’une baisse potentielle de 35 % du PIB.
  • La Colombie pourrait quant à elle enregistrer une diminution de 16,7 % de son PIB.

Oxfam a signalé que, pour les pays à faible revenu, les changements climatiques pourraient avoir des conséquences beaucoup plus graves encore. Selon une étude récente de la Banque mondiale, entre 32 millions et 132 millions de personnes vont basculer dans l’extrême pauvreté d’ici 2030 en raison des changements climatiques.

« Les arguments économiques en faveur de l’action climatique deviennent indéniables, indique Catherine Caron, agente principale de campagnes d’Oxfam-Québec. Il faut maintenant que le Canada et tous les gouvernements des pays du G7 prennent des mesures courageuses pour réduire leurs émissions et renforcer le financement de l’action climatique. Les bouleversements économiques prévus dans les pays riches du G7 ne sont que la partie émergée de l’iceberg : dans de nombreuses régions plus pauvres du monde, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes aura pour conséquence une augmentation de la mortalité, de la faim et de la pauvreté. Étant donné que les grandes fortunes sont à l’origine de la majorité des émissions de carbone, les gouvernements du G7 peuvent déclencher des changements cruciaux. »

C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’Oxfam-Québec a lancé une pétition en faveur d’une transition économique, verte, juste et inclusive.

Les gouvernements des pays du G7 ne respectent pas non plus la promesse faite de longue date par les pays développés de fournir 100 milliards de dollars par an aux pays pauvres pour les aider à faire face aux changements climatiques. Seuls deux pays du G7 ont annoncé leur intention d’accroître le financement de l’action climatique par rapport aux niveaux actuels. La France a décidé de maintenir son niveau de financement actuel, tandis que le Canada, l’Allemagne, le Japon et l’Italie n’ont pas encore fait part de leurs intentions. Oxfam estime que les engagements actuels des pays concernés représentent un financement public total pour le climat de l’ordre de 39 milliards de dollars d’ici 2025, dont seulement un quart (8 à 10 milliards de dollars) est destiné aux mesures d’adaptation.

Oxfam appelle les gouvernements des pays du G7 à revoir immédiatement à la hausse leurs objectifs de réduction des émissions pour maintenir le réchauffement de la planète en dessous de 1,5°C. Ces pays devraient également augmenter considérablement leurs promesses de financement pour l’action climatique au cours des quatre prochaines années et veiller à ce qu’au moins la moitié de ces fonds soient consacrés à l’adaptation.

Des porte-paroles sont disponibles pour des entrevues.

Contact médias :
Camille Garnier
Agent médias et relations publiques Oxfam-Québec
514 513-0506
camille.garnier@oxfam.org

Notes aux rédacteurs:

Résumé des projections du PIB et des engagements climatiques des pays du G7 :

Notes aux rédacteurs - Communiqué G7

Le groupe Swiss Re est l’un des principaux fournisseurs mondiaux de réassurance, d’assurance et d’autres formes de transfert de risques basés sur l’assurance, œuvrant à rendre le monde plus résilient. Il anticipe et gère les risques, allant des catastrophes naturelles au changement climatique, du vieillissement des populations à la cybercriminalité. L’objectif du groupe Swiss Re est de permettre à la société de prospérer et de progresser, en créant de nouvelles opportunités et solutions pour ses clients. Basé à Zurich, en Suisse, où il a été fondé en 1863, le groupe Swiss Re opère à travers un réseau d’environ 80 bureaux dans le monde.

Les projections concernant la perte du PIB sont tirées d’une publication de l’institut Swiss Re intitulée Economics of Climate Change. Ses auteurs ont modélisé les impacts économiques du changement climatique sur 48 pays selon quatre trajectoires de réchauffement différentes. Ils ont eu recours à différents scénarios d’impact pour tenir compte de l’incertitude des paramètres et des lacunes sur les canaux d’impact climatique que l’on retrouve souvent dans les publications sur l’économie climatique. Les projections utilisées dans ce communiqué de presse partent de l’hypothèse de facteurs de stress élevés et d’un réchauffement planétaire de 2,6°C d’ici le milieu du siècle, un niveau plausible sur la base des politiques et des engagements climatiques actuels de tous les pays. Tous les chiffres se rapportent au PIB réel. Les projections du PIB se fondent sur une comparaison entre un monde plus chaud et un monde non affecté par le changement climatique.

Les chiffres concernant la perte de PIB dans les pays du G7 due à la pandémie sont tirés de l’Office for National Statistics du Royaume-Uni et font référence au PIB réel entre octobre 2019 et septembre 2020.

Les projections de la Banque mondiale relatives au nombre de personnes qui vont basculer dans l’extrême pauvreté sont disponibles ici.

Les estimations du financement de l’action climatique ont été calculées par Oxfam et comprennent des engagements de financements publics, et non des financements privés « mobilisés ».

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