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Une génération Pandémie pourrait voir le jour selon une étude d’Oxfam-Québec

Montréal, 22 juin 2020 – Oxfam-Québec rend publics aujourd’hui les résultats de son rapport Jeunes et COVID-19. L’étude révèle que les impacts de la crise de santé publique sur les jeunes – en matière d’éducation, d’emploi et de santé mentale - sont tels que les jeunes qui ont aujourd’hui entre 10 et 24 ans pourraient constituer une nouvelle génération : la génération Pandémie.

Devant ces constats, Oxfam-Québec et ses partenaires, Dina Husseini pour Inclusion Jeunesse, ENvironnement JEUnesse, Kathia Alexandra Narcisse et Steve Drizos (coprésidents) pour le Comité des jeunes de la FTQ, la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) et l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), interpellent les gouvernements du Québec et du Canada pour qu’ils s’attardent de façon urgente à freiner la progression des impacts de la pandémie à long terme. Il est crucial d’agir maintenant afin qu’on ne leur lègue pas un fardeau qui s’ajoute à celui de la crise climatique dont ils risquent fortement d’hériter.

Des perturbations profondes qui mettent en péril des acquis fragiles

Le rapport d’Oxfam-Québec met en lumière les profondes perturbations que vivent les jeunes dans leurs habitudes quotidiennes et explique de quelle manière celles-ci auront des répercussions pendant des années. À l’échelle mondiale, la pandémie mine les acquis obtenus en matière d’éducation, de réduction de la pauvreté, de consolidation de la paix, de santé et droits de la personne. Cette mise en péril des acquis signifie que ce sont les jeunes qui devront les reconstruire, en plus de devoir gérer les défis liés à l’urgence climatique.

En matière d’impacts de la pandémie sur l’emploi, un récent sondage de l’Organisation internationale du travail des Nations unies révèle que 17 % des jeunes de 18 à 29 ans ne travaillent plus, soit un jeune sur six, et que 42 % d’entre eux signalent une baisse de revenu.

Au Canada, la plus importante chute de l’emploi s’est produite chez les jeunes travailleuses et travailleurs âgés de 15 à 24 ans : un jeune sur quatre a perdu son emploi ou a subi une réduction de ses heures de travail. Le taux de chômage chez les jeunes s’est par conséquent accru de 10,3 % en février 2020 à 16,8 % en mars 2020.

Les six piliers d’une relance qui inclut les jeunes

Les jeunes d’aujourd’hui font partie de la plus importante génération de jeunes de toute l’histoire. On compte 1,8 milliard de personnes âgées de 10 à 24 ans, soit 25 % de la population mondiale. L’ONU a qualifié cette population de jeunes comme étant un « dividende démographique unique » qui pourrait entraîner un changement durable. À la fin avril 2020, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a envoyé un message fort à la communauté internationale à propos des impacts sérieux de la pandémie sur les jeunes et sur l’importance de les inclure comme partenaires et leaders à parts égales dans l’intervention contre la pandémie et la relance.

Malgré le fait qu’ils se trouvent à l’avant-plan de l’intervention contre la COVID-19 (en particulier à mener d’excellentes actions de communication sur les risques relatifs à la COVID-19), les jeunes ont trop souvent été représentés comme faisant partie du problème, ce qui a provoqué davantage de marginalisation. En fait, tel qu’en témoignent de nombreux et éloquents exemples du rapport d’Oxfam-Québec, les jeunes partout dans le monde dirigent des interventions contre la COVID-19 et défendent leur vision d’un rétablissement juste et équitable.

S’attaquer à la COVID-19 de façon efficace et « reconstruire en mieux » exigeront une détermination à toute épreuve et un engagement imperturbable à travailler avec les jeunes sur un pied d’égalité. Le rapport d’Oxfam-Québec demande une intervention contre la pandémie et une relance qui incluent les jeunes et reposent sur six piliers :

  1. Reconnaître, mobiliser et inclure les jeunes à titre de leaders et de partenaires égaux.
  2. Protéger les droits et l’espace civique des jeunes.
  3. Assurer une relance juste et équitable.
  4. Investir dans une éducation inclusive et accessible.
  5. Agir pour une meilleure santé mentale.
  6. Soutenir les actions menées par les jeunes.

Ces six piliers fournissent un cadre d’orientation afin que l’intervention du Canada et du Québec en réponse à la pandémie et pour relancer l’économie tant à l’échelle nationale qu’internationale contribuent à un avenir inclusif, équitable et vert.

De la même manière que le Canada a déjà exprimé sa volonté d’inclure une analyse des impacts particuliers sur les femmes et les personnes racisées dans l’élaboration des politiques et des programmes en matière d’intervention contre la pandémie et de relance, l’inclusion d’une perspective jeunesse est incontournable. Il est en effet tout aussi important que les gouvernements du Québec et du Canada promeuvent explicitement l’inclusion et les droits des jeunes, tout en reconnaissant la diversité ainsi que les divers espoirs et besoins des jeunes partout dans le monde.

Un appel à la mise sur pied d’un mécanisme de consultation jeunesse 

À l’instar de l’Ontario qui travaille à la mise en place d’un comité aviseur, incluant des sièges jeunesse, il est impératif que les gouvernements du Québec et du Canada sollicitent la collaboration des jeunes dans l’idéation et la mise en œuvre de leur plan de relance.

Oxfam-Québec, Dina Husseini pour Inclusion Jeunesse, ENvironnement JEUnesse, Kathia Alexandra Narcisse et Steve Drizos (coprésidents) pour le Comité des jeunes de la FTQ, la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) et l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) appellent les deux paliers de gouvernement à mettre en place urgemment un mécanisme de consultation jeunesse ouvert et accessible, qui inclut un échantillon représentatif de la diversité des jeunes et des organisations jeunesse, et doté d’un dispositif de reddition de compte rigoureux.

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