Inégalités et justice fiscale
Les inégalités creusent un fossé grandissant entre les plus riches et les plus pauvres. Elles menacent la cohésion sociale, fragilisent la démocratie et freinent les efforts pour garantir des conditions de vie saines et dignes à tout le monde. Loin d’être une fatalité, les inégalités sont le résultat de choix politiques et économiques et leurs causes profondes peuvent être combattues.
Inflation, hausse du coût de la vie, stagnation des salaires, crise du logement, dégradation des services publics, urgence climatique : c’est la réalité vécue par des millions de Québécoises et de Québécois, comme par des milliards de personnes à travers le monde. Pendant que les crises s’additionnent, les profits et l’influence des milliardaires et des grandes entreprises explosent, approfondissant encore le fossé des inégalités.
PASSER À L’ACTION POUR UNE FISCALITÉ PLUS JUSTE
Ensemble, construisons un avenir à égalité
Pour mettre fin aux inégalités, on doit s’en donner les moyens, ensemble! Une société plus juste, verte et inclusive passe aussi par une meilleure redistribution de la richesse.
Les milliards récupérés à travers une taxation plus équitable des ultra-riches pourraient financer la santé ou l’éducation… Des services publics qui profitent à toutes et tous !
Un constat alarmant, ici et ailleurs
Oxfam est formel : bien que la société soit globalement plus riche, elle ne parvient plus à offrir une vie meilleure à la majorité d’entre nous. Depuis 2020, les crises successives (pandémie, conflits armés, instabilité économique) ont creusé les inégalités. En 2025, la fortune des milliardaires a augmenté trois fois plus vite que la moyenne des cinq années précédentes, tandis que la pauvreté stagne et ne baisse plus depuis 2019. Elle touche près de la moitié (48%) de la population mondiale. En parallèle, la pauvreté extrême commence à regagner du terrain dans certaines régions du continent africain. La moitié la plus démunie de l’humanité ne détient que 0,5 % de la richesse mondiale, alors que les 1 % les plus riches en possèdent près de 44 %. Au Canada et au Québec, cette concentration de la richesse se traduit par des réalités très concrètes :
- Une part croissante de la richesse est détenue par une minorité de familles…
– Au Québec, 10 % des familles les plus riches détiennent près de la moitié (45,6 %) de la richesse accumulée. (Source : Observatoire québécois des inégalités)
- … alors que des millions de personnes vivent en situation d’insécurité alimentaire.
– Au Canada, environ 10 % de la population (soit 4 millions de personnes) se trouvent en situation d’insécurité alimentaire. (Source : Oxfam International)
Rapport Davos 2026: Résister au règne des plus riches
Dans son plus récent rapport, Oxfam dresse un constat préoccupant : les ultra-riches ont concentré un pouvoir sans précédent sur nos économies et nos systèmes politiques. Cette mainmise se traduit par une crise du coût de la vie pour la majorité, une explosion des inégalités et un affaiblissement de la capacité des citoyennes et citoyens à faire entendre leurs voix. Pendant que les profits et les fortunes explosent, la majorité voit son pouvoir d’agir, ses droits et ses conditions de vie reculer.
Oxfam montre que cette situation n’est pas accidentelle, mais le résultat de règles façonnées au bénéfice d’une élite, avec la complicité de gouvernements qui manquent à leur devoir de protéger l’intérêt public. Face à cette dérive, Oxfam appelle les gouvernements à agir de toute urgence pour réduire les inégalités, limiter le pouvoir excessif des ultra-riches et reconstruire une économie et une démocratie au service du bien commun.
Afin de créer un avenir plus équitable pour toutes et tous, le rapport recommande de :
Réduire radicalement les inégalités économiques
L’extrême concentration des richesses et la pauvreté persistante affaiblissent les droits et les libertés du plus grand nombre. Les États doivent faire de la réduction des inégalités économiques une priorité absolue, d’abord en taxant les grandes fortunes, puis en se dotant de plans nationaux crédibles, mesurables et assortis d’échéanciers. Oxfam appelle également à la création d’un Panel international sur les inégalités, afin de documenter l’ampleur de cette crise et d’orienter des réponses politiques à la hauteur de l’urgence.
Limiter le pouvoir des ultra-riches
Pour réduire l’influence disproportionnée des ultra-riches sur les décisions publiques, les États doivent ériger un véritable pare-feu entre richesse et pouvoir politique. Cela passe notamment par un encadrement strict du lobbying et du financement politique, la protection de l’indépendance des médias et la lutte contre la désinformation et les discours haineux. Ces mesures sont essentielles pour préserver la démocratie et empêcher que les règles du jeu soient dictées par une minorité.
Bâtir le pouvoir politique de la majorité
Réduire les inégalités exige aussi de renforcer le pouvoir politique des citoyennes et citoyens. Les États doivent garantir un espace civique ouvert, permettant aux personnes de s’organiser, de s’exprimer et d’agir collectivement pour demander des comptes aux détenteurs du pouvoir. Les organisations de la société civile et les mouvements communautaires jouent un rôle clé pour défendre les droits, favoriser la cohésion sociale et promouvoir des politiques au service du bien commun.
CES GÉANTS QUI NOUS GOUVERNENT.
Alimentation, produits pharmaceutiques, construction, transport, énergie, numérique… Aucun secteur d’activité n’est épargné par la concentration du pouvoir. Quelques multinationales et leurs riches propriétaires contrôlent les marchés, influencent les prix et façonnent les règles du jeu économique et politique. Les impacts de cette concentration sont réels:
AUGMENTATION DU COUT DE LA VIE ET BAISSE DES SALAIRES
Lorsque quelques grandes entreprises dominent un marché, elles peuvent augmenter les prix sans réelle concurrence, que ce soit pour la nourriture, le logement, l’énergie ou les médicaments. Pendant ce temps, les salaires, eux, stagnent. Les emplois deviennent plus précaires et le pouvoir de négociation des travailleuses et travailleurs recule. Résultat : on paie plus cher pour l’essentiel, tout en gagnant proportionnellement moins.
RÉDUCTION DE L’ESPACE CIVIQUE, AFFAIBLISSEMENT DE LA DÉMOCRATIE
La concentration de la richesse peut aussi se transformer en influence politique. Les grandes entreprises et les ultra-riches bénéficient d’un accès privilégié aux décideurs, orientent les politiques publiques à leur avantage et affaiblissent la réglementation. Les voix citoyennes et communautaires sont marginalisées, et la démocratie s’érode.
AGGRAVATION DU DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE.
Une telle concentration de richesse et de pouvoir façonne aussi la manière dont notre planète est exploitée. La quête de profits à tout prix alimente la surexploitation des ressources, la pollution et les émissions de gaz à effet de serre. Pendant que certaines entreprises engrangent des bénéfices, ce sont les communautés qui subissent les conséquences environnementales, avec peu de moyens pour se protéger ou influencer les décisions.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Au Canada, un milliardaire gagne en moyenne en 47 minutes ce qu’une personne gagne en un an (revenu annuel moyen). (Source: Oxfam international)
Au Canada, depuis 1982, le revenu après impôt du 1 % le plus riche a augmenté de 511 %, et celui du 0,01 % le plus riche de 942 %, tandis que les revenus de la moitié la moins nantie et du reste de la population ont à peine suivi la hausse du coût de la vie. (Source: Canadians for Tax Fairness, 2025)
80 % du marché de l’alimentation canadien est contrôlé par seulement 5 entreprises. (Source : Rapport sur les prix alimentaires au Canada 2024)
84% de la rémunération des PDG des plus grandes entreprises québécoises est composée de primes et bonus liés aux profits de leurs compagnies. (Source: Observatoire québécois des inégalités)
Le taux général d’imposition des entreprises au Canada a atteint un sommet de 47 % dans les années 1950 avant de commencer à baisser, pour s’établir à 36 % en 1980, 28 % en 1990 et 21 % en 2007; il n’est aujourd’hui que de 15%. (Source : Comité des Finances de la Chambre des Communes)
Au Canada,un impôt de 1 % sur le patrimoine net dépassant 10 millions de dollars, 2 % au-delà de 50 millions et 3 % au-delà de 100 millions n’affecterait que 0,5% des Canadiens et pourrait amasser plus de 30 milliards de dollars par année. (Source: Canadians for Tax Fairness)
LA RESPONSABILITÉ DES DIRIGEANTS ÉCONOMIQUES ET POLITIQUES
Les inégalités ne tombent pas du ciel. Elles sont le résultat direct de choix économiques et politiques qui favorisent une minorité au détriment du plus grand nombre. Les scandales d’évasion fiscale se multiplient, tandis que les réponses politiques restent insuffisantes. Dans de nombreuses grandes entreprises, les dividendes records versés aux actionnaires et les écarts de rémunération élevés ne sont que rarement accompagnés de mesures correctives concrètes.
Une fiscalité trop peu redistributive et une tolérance face à la concentration de la richesse montrent que les décideurs économiques et politiques n’agissent pas sérieusement pour lutter contre les inégalités.
À travers le monde, les sociétés se fissurent sous le poids de ces inégalités. Les gouvernements, qui portent une part importante de responsabilité, doivent réinventer une économie plus humaine, qui place le bien commun avant les intérêts d’une minorité. Or, lutter contre ce fléau est possible.
LA SOLUTION ?
FINANÇONS UNE ÉCONOMIE QUI PREND SOIN DES PERSONNES ET DE LA PLANÈTE.
Pour réduire les inégalités et lutter contre la pauvreté, des solutions concrètes existent, parmi lesquelles:
Une fiscalité juste et progressive
- Instaurer un impôt progressif sur la richesse des personnes les plus fortunées.
- Taxer équitablement les profits excessifs des grandes entreprises.
- Lutter efficacement contre l’évasion et l’évitement fiscaux afin de financer les services publics essentiels.
Un partage réellement équitable des richesses
- Mieux encadrer la répartition des richesses au sein des grandes entreprises.
- Réduire les écarts de rémunération excessifs.
- Plafonner les marges de profits sur les biens essentiels, notamment dans le secteur de l’alimentation, et l’intégrer dans une loi prévoyant une divulgation obligatoire des marges ainsi que des sanctions financières.
Une protection de la démocratie et de l’espace civique
- Renforcer les règles encadrant le lobbying et le financement politique.
- Redonner aux citoyennes et citoyens un réel pouvoir d’influence sur les décisions qui les concernent en protégeant la liberté d’expression, de réunion et d’association, et en renforçant la participation citoyenne à l’élaboration des politiques.
Nous n’avons rien à gagner de ce modèle économique qui concentre la richesse et le pouvoir entre les mains d’une minorité. Mais collectivement, nous avons le pouvoir de changer les règles du jeu. Pour une société plus juste, plus démocratique et plus solidaire, Oxfam-Québec appelle à défendre une fiscalité au service du bien commun et des services publics. Ensemble, par la mobilisation citoyenne, nous pouvons construire une économie qui prend soin des personnes et de la planète.
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