Arlene Cinco vit aux Philippines. En plus de son travail, elle s'occupe seule de ses 4 enfants et de sa famille. Photo : Jed Regala / Oxfam

Les milliardaires du monde se partagent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes

Montréal – Le 19 janvier 2020 | Un nouveau rapport d’Oxfam publié aujourd’hui, à la veille du Forum économique mondial (FEM) de Davos, en Suisse, révèle que les 2 153 milliardaires du monde se partagent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes, soit 60 % de la population de la planète.

« Il est impossible de combler le fossé entre les riches et les pauvres sans adopter des politiques visant expressément à lutter contre les inégalités, ce que trop peu de gouvernements font », explique Amitabh Behar, directeur général d’Oxfam Inde, présent à Davos pour y représenter la confédération Oxfam.

Les inégalités économiques affectent d’abord les femmes et les filles

Le nouveau rapport d’Oxfam « Celles qui comptent » montre comment notre modèle économique sexiste aggrave les inégalités en concentrant des richesses considérables entre les mains d’une élite fortunée, aux dépens de la majorité de la population mondiale, en particulier les femmes et les filles pauvres : 

  • Les 22 hommes les plus fortunés au monde possèdent plus que l’ensemble de la population féminine d’Afrique.
  • Des femmes et des filles assument chaque jour l’équivalent de 12,5 milliards d’heures de travail de soin non rémunéré, un travail dont la valeur serait d’au moins 10 800 milliards de dollars chaque année, soit plus de trois fois la valeur du secteur des technologies à l’échelle mondiale.
  • Une imposition de 0,5 % supplémentaire sur la fortune des 1 % les plus riches sur une période de 10 ans permettrait de percevoir autant que les investissements requis pour créer 117 millions d’emplois dans des secteurs comme l’éducation, la santé, l’accompagnement des personnes âgées et la garde d’enfants.

« Les femmes et les filles sont largement laissées de côté par le système économique actuel, indique Denise Byrnes, directrice générale d’Oxfam-Québec. Les milliards d’heures qu’elles consacrent à s’occuper des repas, du nettoyage, de la garde des enfants et de l’accompagnement de leurs proches âgés sont un moteur caché de l’économie. Ces activités de soin privent par ailleurs souvent les femmes du temps qui leur serait nécessaire pour s’instruire, gagner un salaire décent ou participer à la gestion de la société et les maintiennent en bas de l’échelle économique. »

Les femmes réalisent plus des trois quarts du travail non rémunéré dans le monde et représentent les deux tiers de la main-d’œuvre assurant un travail de soin rémunéré. Les emplois d’éducatrice en service de garde, de travailleuse domestique et de préposée aux bénéficiaires sont souvent mal payés, offrent peu d’avantages sociaux, imposent des horaires irréguliers et peuvent avoir un fort impact physique et émotionnel.

De plus, la pression sur les personnes aidantes, rémunérées ou non, devrait augmenter au cours de la prochaine décennie, en raison de la croissance et du vieillissement de la population mondiale. On estime que 2,3 milliards de personnes auront besoin de soins d’ici 2030. C’est 200 millions de plus qu’en 2015.

Des solutions existent pour alléger le travail non rémunéré des femmes

Le nouveau rapport d’Oxfam « Celles qui comptent » indique que les gouvernements accordent des allègements fiscaux massifs aux particuliers et aux entreprises les plus riches et se privent ainsi des recettes qui pourraient aider à décharger les femmes de la responsabilité du travail de soin ainsi qu’à lutter contre la pauvreté et les inégalités. 

Dans le même temps, les gouvernements sous-financent des services publics et des infrastructures vitales (principalement dans les pays en développement) qui pourraient contribuer à réduire la charge de travail des femmes et des filles. Des investissements dans l’eau et l’assainissement, l’électricité, les soins aux enfants et les soins de santé permettraient de faire gagner du temps aux femmes et d’améliorer leur qualité de vie. Par exemple, l’accès à une meilleure source d’eau feraient économiser aux femmes de certaines régions du Zimbabwe jusqu’à quatre heures de travail par jour, soit deux mois par an.

« Les gouvernements sont à l’origine de la crise des inégalités et il est de leur devoir d’agir de toute urgence pour y mettre fin, rappelle le directeur général d’Oxfam Inde, Amitabh Behar. Des lois doivent être adoptées pour rééquilibrer la charge du travail de soin qui incombe de façon disproportionnée aux femmes et aux filles ainsi que pour garantir un salaire décent aux personnes qui veillent sur les enfants et les personnes âgées. Les dirigeantes et dirigeants doivent réaliser que ce travail de soins est tout aussi important que celui des autres secteurs afin de construire des économies centrées sur l’humain qui profitent à toutes et à tous, et pas seulement à quelques personnes privilégiées ».

calculatrice
Oxfam propose un outil permettant de calculer la valeur du travail domestique et de soin effectué par chaque personne. Cet outil est disponible en français sur : https://www.carecalculator.org/fr/

Notes aux rédactions :

  • La directrice générale d’Oxfam-Québec, Denise Byrnes (français et anglais), ainsi que le directeur général d’Oxfam Inde, Amitabh Behar, présent à Davos (anglais uniquement), sont disponibles pour des entrevues.
  • Consultez la note méthodologique du rapport d’Oxfam « Celles qui comptent », décrivant comment Oxfam a compilé les statistiques du rapport et de l’ensemble de données.
  • Les calculs d’Oxfam sont fondés sur les données les plus complètes et les plus actuelles disponibles. Les données sur la répartition des richesses dans le monde sont tirées du Global Wealth Databook 2019 du Credit Suisse Research Institute. Les données sur les personnes les plus fortunées de la société proviennent du classement des milliardaires de 2019 de Forbes. La fortune des milliardaires a baissé l’année dernière mais a augmenté depuis.
  •  Oxfam est membre de la Fight Inequality Alliance, une coalition mondiale croissante d’organisations militantes et issues de la société civile. L’Alliance organisera des activités du 18 au 25 janvier dans 30 pays, dont l’Afrique du Sud, l’Inde, le Kenya, le Mexique, l’Ouganda, le Pakistan et le Royaume-Uni afin de promouvoir des solutions aux inégalités et d’exiger des économies qui profitent à toutes et à tous.

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