Un an après l’accord de cessez-le-feu à Gaza, les forces israéliennes continuent de tuer et de blesser des Palestiniennes et des Palestiniens quotidiennement, tandis que les restrictions imposées à l’acheminement d’aide humanitaire, d’équipements et de matériaux de reconstruction empêchent les familles de se remettre sur pied.
Le cessez-le-feu n’existe que sur papier, constatent plus de 100 organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme internationales et palestiniennes, dont Oxfam. Les meurtres et les privations imposés à la population de Gaza ne doivent pas être banalisés sous le couvert d’un accord de cessez-le-feu, préviennent-elles.
« Les organisations palestiniennes répondent à des besoins immenses sous l’occupation israélienne, alors que leurs bureaux sont détruits, leur personnel déplacé et leurs budgets réduits. Les organisations locales et nationales sont les premières à intervenir et le resteront, mais nous devons être protégés. Les gouvernements doivent agir pour mettre fin aux attaques d’Israël et aux restrictions imposées à notre travail, et les donateurs doivent fournir un financement direct et flexible pour répondre aux besoins. »
Un enfant tué presque chaque jour
Au cours de l’année écoulée, les opérations militaires israéliennes, les frappes et les tirs ont tué plus de 1 400 Palestiniens, dont au moins 324 enfants. Les familles et les secouristes ont extrait des centaines de corps des décombres, souvent à mains nues, les autorités israéliennes restreignant l’entrée des engins nécessaires à la recherche et au sauvetage des victimes. De nombreuses autres personnes restent ensevelies et inaccessibles.
L’armée israélienne a également repoussé la « ligne jaune » plus profondément dans la bande de Gaza, au-delà de la ligne de retrait prévue par l’accord de cessez-le-feu, confinant ainsi le peuple palestinien dans une zone de plus en plus exiguë et surpeuplée.
« Un cessez-le-feu n’a aucun sens si des enfants continuent d’être tués et si les familles ne parviennent toujours pas à reconstruire leur vie. Depuis l’annonce du cessez-le-feu, un enfant a été tué presque chaque jour. Les familles restent prisonnières d’un cycle dévastateur de pertes et de privations, incapables de s’en remettre. Les gouvernements qui ont soutenu cet accord doivent user de leur influence pour mettre fin aux tueries et garantir que les enfants aient accès à la nourriture, aux soins de santé, à un logement et à l’éducation. Les enfants de Gaza ont droit à la sécurité et à un avenir. Les gouvernements ont le pouvoir de contribuer à garantir ces deux droits et ils doivent l’utiliser. »
Destruction à grande échelle
Des images satellites récentes montrent l’ampleur des ravages causés par les forces israéliennes : des quartiers réduits en ruines, des maisons rasées et des terres agricoles dévastées. Plus de 80 % des bâtiments de la bande de Gaza ont été endommagés, dont environ les deux tiers ont été complètement détruits.
À l’approche de l’hiver, des centaines de milliers de familles vivant dans des tentes, des abris de fortune ou des maisons endommagées doivent se résigner à subir le froid, le vent et les inondations pour le quatrième hiver de suite. Près d’un foyer sur quatre à Gaza est désormais dirigé par une femme, et ces familles sont beaucoup plus à risque de vivre dans des abris dangereux ou inadéquats.
Pour un grand nombre de Palestiniennes et de Palestiniens, il n’y a tout simplement aucun endroit sûr où aller. Les familles se réfugient dans des bâtiments endommagés par la guerre et menaçant de s’effondrer. En septembre, 21 personnes, dont 12 enfants, ont été tuées lors de l’effondrement d’un bâtiment endommagé.
« Il est tout à fait honteux qu’un an après la signature du cessez-le-feu, la situation du peuple de Gaza ne se soit guère améliorée. Les familles sont toujours contraintes de faire des choix impossibles : s’abriter dans des bâtiments endommagés et dangereux ou vivre sous des tentes exposées à des températures insupportables. Les restrictions israéliennes continuent d’empêcher l’acheminement des équipements et des matériaux nécessaires, qui constituent les seuls moyens pour ces communautés de commencer à reconstruire leur vie. À l’approche de l’hiver, tous les gouvernements doivent prendre des mesures concrètes pour garantir que l’acheminement de l’aide s’intensifie sans entrave, afin que les Palestiniennes et les Palestiniens puissent enfin entamer la vaste tâche de relèvement et de reconstruction. »
Les services essentiels paralysés
Ces mêmes restrictions ont des effets dévastateurs sur les services essentiels. Aucun des 36 hôpitaux de Gaza ne fonctionne pleinement, tandis que les médicaments, les équipements et le carburant restent extrêmement rares.
Les nouveau-nés en incubateur, les patients nécessitant de l’oxygène ou des soins intensifs, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et celles souffrant de blessures invalidantes font partie de ceux qui sont exposés aux plus grands risques, car les soins spécialisés, la rééducation et les services d’assistance restent très limités.
Plus de 18 500 patients, dont au moins 4 000 enfants, ont toujours besoin d’une évacuation médicale, et plus de 1 000 sont décédés en attendant.
Parallèlement, 1,4 million de personnes seront confrontées à la faim extrême d’ici la fin de l’année, tandis que l’eau insalubre et les systèmes d’assainissement dévastés aggravent la propagation de maladies évitables.
Des familles continuent d’être tuées
Un an plus tard, la situation est sans équivoque. Des familles continuent d’être tuées. Des enfants continuent de mourir de maladies évitables. Gaza est toujours jonchée de munitions non explosées. Les habitations gisent sous des décombres impossibles à déblayer, et l’aide ne peut parvenir aux personnes qui en ont désespérément besoin. Ce n’est pas ce qu’un cessez-le-feu était censé apporter. Cette situation reflète les mêmes conditions qui ont conduit à deux reprises la Commission d’enquête de l’ONU, en septembre 2025 puis en juin 2026, à conclure qu’Israël s’était rendu coupable de génocide. La responsabilité de la communauté internationale ne s’arrête pas à un accord sur le papier.
« La responsabilité ne peut être balayée sous les décombres. La reconstruction et l’avenir de Gaza ne peuvent être dissociés d’un cadre fondé sur le droit international, la justice et les droits des victimes. L’incapacité persistante à demander des comptes à Israël et à faire pression sur ce pays pour qu’il se conforme aux ordonnances contraignantes de la Cour internationale de justice continue d’alimenter les crimes atroces commis à grande échelle contre le peuple palestinien. »
Notes aux journalistes
- Victimes : au moins 300 enfants parmi les personnes tuées (Unicef) ; plus de 5 000 blessés (OMS – Global Health Cluster) ; plus de 630 corps retrouvés sous les décombres ; de nombreuses autres personnes restent ensevelies ou inaccessibles dans les zones sous contrôle militaire israélien (HCDH des Nations unies).
- Ligne jaune : la zone sous contrôle israélien s’est étendue d’environ 53 % à environ 63 % de la bande de Gaza au cours de l’année écoulée depuis le cessez-le-feu (OCHA).
- Destruction : 82 % des structures endommagées, plus des deux tiers complètement détruites (UNRWA) ; 61 millions de tonnes de décombres, soit environ 20 fois la quantité générée par l’ensemble des guerres dans le monde au cours des 18 dernières années (The Guardian ; PNUD).
- Poursuite des destructions sous le cessez-le-feu : augmentation de 9 % du nombre de structures classées comme entièrement détruites, entre le 11 octobre 2025 et le 11 août 2026. (UNRWA ; UNOSAT).
- Inquiétudes soulevées concernant le risque que le déblaiement des décombres entraîne la destruction de preuves de crimes internationaux : on estime que plus de 10 000 personnes sont encore ensevelies sous les décombres (HCDH des Nations unies).
- Santé : pénurie d’huile à moteur et de pièces détachées obligeant les hôpitaux à rationner l’électricité ; véhicules humanitaires et ambulances immobilisés ; décès dus à des pathologies évitables ou traitables, notamment des complications liées à la grossesse (OCHA).
- Foyers dirigés par des femmes : près d’un sur quatre, soit environ le double du taux d’avant la guerre (ONU Femmes).
- Financement : moins de 40 % de l’aide humanitaire prévue pour 2026 était financée en juillet (OCHA).
- Insécurité hydrique : plus de 9 ménages sur 10 manquent d’eau. (OCHA)
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