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Le Yémen est confronté à une crise humanitaire dévastatrice et à l’effondrement de son économie, alors que le pays reste profondément divisé après dix ans de guerre, souligne Oxfam.

L’environnement de restriction et de peur imposé par les Houthis dans le Nord, associé au gel du financement de l’aide internationale par le gouvernement américain et à l’imposition de risques juridiques accrus, ont poussé de nombreuses organisations humanitaires à mettre fin à leurs opérations au Yémen.  Des millions de familles yéménites se retrouvent ainsi sans moyens de survie et sans accès à l’éducation et aux services de santé.

« Les Yéménites méritent et ont le droit de vivre en sécurité, d’avoir accès à la nourriture, à l’eau et aux soins de santé et de s’engager sur la voie d’un avenir pacifique. »

« La dernière décennie a été dévastatrice pour les Yéménites, et nous verrons ces conséquences mortelles s’aggraver si les autorités et la communauté internationale n’agissent pas d’urgence pour permettre à l’économie et à la communauté humanitaire de fonctionner. »

Pauline Chetcuti

Responsable du plaidoyer et des campagnes humanitaires d'Oxfam International

La guerre a détruit une grande partie des infrastructures essentielles du Yémen. Bien que les lignes de front aient été largement gelées depuis le cessez-le-feu d’avril 2022, les politiques monétaires concurrentes du Nord et du Sud et l’absence d’un règlement politique complet ont laissé plus de 17 millions de personnes, soit près de la moitié de la population du Yémen, dans une situation d’insécurité alimentaire. 

Les familles yéménites sont confrontées à une hausse des prix et à une réduction de l’aide humanitaire en raison de la désignation par le gouvernement américain des Houthis comme organisation terroriste étrangère. Cette désignation crée des obstacles importants à l’aide humanitaire vitale et aux importations commerciales de nourriture et de médicaments. Elle constitue également un obstacle à l’envoi de fonds des Yéménites de l’étranger à leurs familles, qui représentent environ un cinquième du PIB du Yémen et constituent un élément essentiel du filet de sécurité sociale du pays.

La guerre a décimé les services d’éducation et de santé du pays, privant des millions de personnes d’un soutien indispensable et les fonctionnaires de leurs salaires. Les établissements de santé ont été gravement touchés par le conflit : 40 % d’entre eux ne fonctionnent plus que partiellement ou sont complètement hors service en raison d’une pénurie de personnel, de fonds, d’électricité, de médicaments et d’équipements.

La décennie de conflit a fait plus de 19 000 morts et déplacé près de cinq millions de personnes, dont un nombre disproportionné de femmes et d’enfants. Ces chiffres ne feront qu’augmenter au fur et à mesure que les obstacles juridiques et sécuritaires à l’économie et à l’aide internationale se multiplieront. 

« Les puissances régionales et mondiales devraient collaborer pour soutenir une paix véritable au Yémen au lieu de soutenir des factions alignées et de favoriser leurs intérêts politiques étroits. »

« Seul un processus politique mené par les Yéménites et incluant les femmes, les jeunes et la société civile permettra aux Yéménites de sortir de la crise et de jouir d’une paix et d’une sécurité élémentaires. »

Pauline Chetcuti

Responsable du plaidoyer et des campagnes humanitaires d'Oxfam International

Notes aux journalistes

  • Les données sur la situation humanitaire au Yémen proviennent de Relief Web et des Nations unies.
  • Le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire et de malnutrition au Yémen devrait augmenter bien au-delà des 17 millions de personnes en raison de la baisse du financement de l’aide internationale annoncée par plusieurs pays.
  • Le 26 mars 2015 est généralement considéré comme la date du début de la dimension internationale du conflit au Yémen, avec le début des frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et des combats réciproques de toutes les parties, bien qu’il soit reconnu que le conflit interne a commencé bien plus tôt.
  • Les États-Unis sont responsables de la moitié des programmes humanitaires au Yémen dont le financement a récemment été suspendu sans préavis, tandis que le Royaume-Uni a annoncé une réduction de son aide sur une période de deux ans, ce qui risque d’entraîner des répercussions importantes sur les programmes humanitaires au Yémen. 

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Josianne Bertrand

Agente – Relations publiques et médiatiques

Téléphone:514 606-4663
Courriel: josianne.bertrand@oxfam.org

 

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