Les six plus grandes entreprises mondiales du secteur des combustibles fossiles devraient presque doubler leur bénéfice net cumulé au deuxième trimestre de 2026, qui passera de 23 à 45 milliards de dollars par rapport au trimestre précédent, selon une nouvelle analyse d’Oxfam publiée avant l’annonce de leurs résultats financiers.
De nouvelles données montrent également que les émissions de ces entreprises ont fortement contribué à accroître la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur depuis le début du siècle.
Les bénéfices attendus sur l’ensemble de l’année 2026 de BP, Chevron, Eni, ExxonMobil, Shell et TotalEnergies s’élèvent à 147 milliards de dollars. Parmi les plus grands gagnants, Chevron devrait annoncer avoir quadruplé ses bénéfices pour atteindre 1 200 dollars par seconde au cours des trois derniers mois, tandis que les bénéfices d’ExxonMobil devraient avoir triplé pour atteindre 1 800 dollars par seconde.
Une vague de chaleur sur quatre
Les entreprises pétrolières et gazières portent une responsabilité disproportionnée dans la crise climatique. Une nouvelle analyse menée par Oxfam à partir de données scientifiques publiées dans la revue Nature montre que les émissions de BP, Chevron, ExxonMobil, Shell et TotalEnergies ont été suffisantes pour provoquer environ une vague de chaleur sur quatre recensées dans le monde entre 2000 et 2023, des événements qui auraient été quasiment impossibles sans le changement climatique d’origine humaine. En s’appuyant sur les données de S&P Capital Trucost (une base de référence mondiale fournissant des données détaillées sur l’empreinte environnementale de plus de 18 000 grandes entreprises), Oxfam estime que les géants pétroliers sont responsables de 60 milliards de dollars de dommages environnementaux pour la seule année dernière.
Ces conclusions interviennent alors que des vagues de chaleur record frappent l’Asie du Sud, l’Europe et l’Amérique du Nord, causant la mort de dizaines de milliers de personnes. Dans le même temps, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest sont confrontés à des moussons et à des inondations dévastatrices qui bouleversent la vie de milliers de personnes et détruisent des infrastructures essentielles dans toute la région.
La production en hausse
Pourtant, au lieu de réduire leur production d’énergies fossiles et d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables, les six plus grandes entreprises du secteur prévoient d’augmenter leur production de pétrole et de gaz de 14 % d’ici 2030 par rapport à 2024, soit l’équivalent de 2,5 millions de barils supplémentaires produits chaque jour.
« Les entreprises du secteur des combustibles fossiles s’en mettent plein les poches, et ce, au prix de vies humaines. Alors que les vagues de chaleur extrême, les inondations et les tempêtes dévastent les communautés du monde entier, l’industrie s’apprête à engranger une nouvelle vague de bénéfices. Les familles paient le prix fort à trois reprises : par la destruction de leurs logements et de leurs récoltes, par l’explosion des prix de l’énergie et par une crise du coût de la vie aggravée par notre dépendance aux combustibles fossiles. La cupidité des géants pétroliers est incompatible avec une planète habitable et, tant que les gouvernements ne les freineront pas, ils tourneront en dérision les objectifs climatiques internationaux. »
Taxer les pollueurs pour financer l’adaptation climatique
Oxfam estime qu’une taxe sur les bénéfices des plus grandes entreprises du secteur fossile pourrait générer jusqu’à 400 milliards de dollars à travers le monde dès la première année, soit suffisamment pour couvrir les coûts annuels de l’adaptation au changement climatique dans les pays du Sud global.
Un nombre grandissant de pays penchent vers la taxation des plus grands pollueurs. L’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal et l’Autriche ont appelé à la création d’une nouvelle taxe sur les profits exceptionnels du secteur de l’énergie. En Australie, où des recherches d’Oxfam ont montré qu’une entreprise de charbon, de pétrole ou de gaz sur trois ne paie aucun impôt sur les sociétés, de nombreux parlementaires soutiennent désormais l’instauration d’une taxe de 25 % sur les exportations de gaz, avec un soutien important de l’opinion publique.
Une étude menée dans 60 pays montre que 28 % d’entre eux ont déjà instauré ces dernières années une taxe temporaire sur les profits exceptionnels des entreprises fossiles, tandis que 13 % supplémentaires se déclarent favorables à cette mesure. Seuls 12 % des pays y sont explicitement opposés.
Notes aux journalistes
- Les recherches d’Oxfam s’appuient sur les estimations consensuelles de S&P Capital IQ, compilées à partir des prévisions d’analystes financiers. Les six plus grandes entreprises fossiles doivent publier leurs résultats du deuxième trimestre au cours de la semaine prochaine. La hausse attendue des bénéfices reflète la forte augmentation des prix du pétrole à la suite de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
- Consultez l’enquête complète d’Oxfam : Les bénéfices des géants pétroliers devraient doubler pendant que le monde brûle.
- Téléchargez la note méthodologique d’Oxfam qui soutient cette analyse.
- L’analyse de données scientifiques évaluées par des pairs montre que, parmi les 213 vagues de chaleur recensées entre 2000 et 2023, 55 auraient été pratiquement impossibles sans le changement climatique provoqué par les activités humaines. Les émissions historiques de Chevron, BP, ExxonMobil, Shell et TotalEnergies ont, à elles seules, franchi le seuil rendant presque toutes ces vagues de chaleur plus de 10 000 fois plus probables (50 vagues de chaleur pour TotalEnergies, 51 pour chacune des quatre autres entreprises). Cela signifie que les émissions de chacune de ces cinq entreprises ont, à elles seules, suffi à provoquer environ une vague de chaleur sur quatre.
- Les pays européens ont enregistré plus de 10 000 décès excédentaires lors des vagues de chaleur extrême du mois de juin. En Inde également, les vagues de chaleur causent la mort de dizaines de milliers de personnes. Le mois dernier, des dizaines de personnes se sont noyées, des centaines ont dû être secourues et des milliers ont été déplacées à la suite d’inondations ayant frappé l’Afrique de l’Ouest.
- Selon le Rapport sur le déficit de l’adaptation 2025 du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les besoins de financement de l’adaptation dans les pays à revenu faible et intermédiaire devraient atteindre entre 310 et 365 milliards de dollars par an d’ici 2035.
- Téléchargez le rapport Freeloaders d’Oxfam Australie.
Vous avez une demande média?
Josianne Bertrand
Spécialiste – Relations publiques et médiatiques
Téléphone:514 606-4663
Courriel: josianne.bertrand@oxfam.org
