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Dix jours à peine après le début de l’année, les personnes formant le 1 % les plus riches ont déjà consommé la totalité de leur budget carbone annuel, soit la limité de CO que chaque humain peut émettre pour que le réchauffement climatique ne dépasse pas 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, selon une nouvelle analyse d’Oxfam.  

Oxfam a baptisé cette date la « Journée des pollutocrates » pour illustrer la responsabilité disproportionnée des ultrariches dans la crise climatique et pour mettre en évidence les conséquences dramatiques de leurs excès.  

Les émissions générées en une seule année par les 1 % les plus riches devraient provoquer, d’ici la fin du siècle, 1,3 million de décès liés aux vagues de chaleur. La surconsommation des ultrariches depuis des décennies entraîne également des dommages économiques considérables pour les pays à revenu faible ou intermédiaire, qui pourraient atteindre 44 000 milliards de dollars d’ici 2050. 

Pour rester sous la barre du 1,5 °C convenu dans l’accord de Paris, les 1 % les plus riches devraient réduire leurs émissions de 97 % d’ici 2030. Pendant ce temps, celles et ceux qui ont le moins contribué à la crise climatique, notamment les populations des pays à faible revenu, les peuples autochtones, les femmes et les filles, en subiront les pires conséquences. 

« Les recherches le montrent encore et encore : les gouvernements disposent d’une solution claire et simple pour réduire radicalement les émissions et combattre les inégalités : cibler les plus gros pollueurs. En s’attaquant à l’irresponsabilité climatique des ultrariches, les leaders de la planète ont la capacité de remettre le monde sur la voie des objectifs climatiques et même de générer des bénéfices nets pour les populations et la planète. C’est une question de volonté politique. »

Nafkote Dabi

Responsable du plaidoyer sur le climat chez Oxfam International

En plus des émissions liées à leur mode de vie, les ultrariches investissent massivement dans les industries les plus polluantes. Selon Oxfam, les investissements de chaque milliardaire produisent en moyenne 1,9 million de tonnes de CO par an, précipitant encore davantage le monde dans la spirale du dérèglement climatique. 

Les individus et entreprises les plus riches détiennent également un pouvoir et une influence disproportionnés. Lors du dernier sommet de la COP au Brésil, par exemple, le nombre de lobbyistes des entreprises fossiles (1600) dépassait celui de toutes les délégations, à l’exception du pays hôte. 

« L’immense pouvoir et la richesse des ultrariches leur permettent d’exercer une influence injuste sur les politiques publiques et d’affaiblir les négociations climatiques. »

Nafkote Dabi

Responsable du plaidoyer sur le climat chez Oxfam International

Oxfam appelle les gouvernements à réduire les émissions des ultrariches et à faire payer les gros pollueurs en mettant en place : 

  • Une hausse des impôts sur les revenus et la fortune des ultrariches, et un soutien actif aux négociations pour une Convention fiscale internationale à l’ONU, afin de bâtir une architecture mondiale plus équitable. 
  • Une taxe sur les profits excédentaires des entreprises fossiles. Une taxe sur les profits des super-pollueurs appliquée à 585 sociétés pétrolières, gazières et charbonnières pourrait rapporter jusqu’à 400 milliards de dollars dès la première année, soit l’équivalent des coûts des dommages climatiques dans les pays du Sud global. 
  • L’interdiction ou la taxation punitive des biens de luxe à forte intensité carbone, comme les super-yachts et les jets privés. L’empreinte carbone accumulée par un ultrariche européen en une semaine d’utilisation de ces biens équivaut à l’empreinte carbone totale sur toute une vie d’une personne faisant partie du 1 % les plus pauvres du monde. 
  • La construction d’un système économique égalitaire qui place les personnes et la planète en premier, en rejetant l’économie néolibérale dominante et en évoluant vers un modèle fondé sur la durabilité et l’égalité. 

Notes aux journalistes

 

  • Le plus récent rapport d’Oxfam sur le climat et les inégalités, qui s’appuie sur les données du Stockholm Environment Institute, révèle que les 1 % les plus riches émettent 75,1 tonnes par personne par an (selon les données de 2023, les dernières disponibles), soit 0,206 tonne par personne par jour, ce qui signifie que 10,2 jours d’émissions suffisent pour épuiser le budget de 2,1 t de CO. 
  • Des informations plus détaillées sur les budgets carbone et les données sur lesquelles s’appuie l’étude d’Oxfam sont disponibles dans cette note méthodologique (en anglais).  
  • Selon le rapport d’Oxfam Climate Equality: A planet for the 99%, les émissions des 1% les plus riches en 2019 auraient été assez élevées pour provoquer 1,3 million de décès liés à la chaleur. 
  • Le rapport « Les inégalités carbone tuent » montre que la surconsommation des ultrariches entre 1990 et 2030 cause des dommages économiques nets considérables qui touchent principalement les pays à revenu faible ou intermédiaire. De 1990 à 2050, ces pays subiront des pertes économiques cumulées de 44 000 milliards de dollars. 

 

 

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Josianne Bertrand

Agente – Relations publiques et médiatiques

Téléphone:514 606-4663
Courriel: josianne.bertrand@oxfam.org

 

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