Cent jours après l’annonce du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, dans une semaine marquée par de nouvelles intempéries à Gaza, les besoins humanitaires restent dramatiques. Oxfam et des dizaines d’autres organisations internationales présentes à Gaza ont dû adapter encore davantage leurs opérations pour maintenir leurs activités vitales, alors même qu’elles font face à de nouvelles incertitudes liées aux exigences d’enregistrement imposées par les autorités israéliennes.
Malgré des mois de restrictions extrêmes sur l’entrée de l’aide, de coupures d’électricité, de fermetures d’accès et de refus répétés de matériaux essentiels, le travail humanitaire se poursuit. Oxfam a travaillé sans relâche avec des spécialistes de ses organisations partenaires locales pour remettre en état des points d’eau essentiels, allant jusqu’à fouiller les décombres pour récupérer et réutiliser des matériaux endommagés, notamment des tôles métalliques.
Selon les évaluations menées par le partenaire d’Oxfam, la Coastal Municipalities Water Utility (CMWU), le coût total de la reconstruction de l’ensemble des installations, systèmes et infrastructures d’eau et d’assainissement détruits ou endommagés par Israël à Gaza s’élèverait à environ 800 millions de dollars. Ce montant pourrait toutefois être encore plus élevé, certaines zones restantes inaccessibles et les coûts de construction ayant doublé en raison du manque de matériaux autorisés à entrer.
Les points d’eau réhabilités par Oxfam et ses partenaires sont situés dans la ville de Gaza et à Khan Younès et fournissent désormais une source d’eau vitale et durable à au moins 156 000 personnes. Les travaux se poursuivent sur huit autres puits et deux stations de pompage, qui devraient être de nouveau fonctionnels d’ici février, permettant de fournir de l’eau potable en continu à 175 000 personnes supplémentaires.
« Nous ne nous sommes pas contentés de rouvrir ces puits. Nous avons dû résoudre un casse-tête mouvant sous le siège et les restrictions pour les rendre opérationnels — récupérer des pièces, détourner des équipements de leur usage initial, payer des prix exorbitants pour obtenir des composants essentiels, tout en essayant de protéger nos équipes. Tant que des politiques et des pratiques systématiques empêcheront les organisations humanitaires d’acheminer les fournitures essentielles à Gaza, nous devrons continuer à trouver des moyens d’atteindre les personnes dans le besoin. Ce n’est pas acceptable, mais en tant qu’humanitaires, nous ne pouvons jamais renoncer à sauver des vies. »
Les autorités israéliennes rendent délibérément impossible une réponse humanitaire digne de ce nom. Israël justifie ses menaces de radiation des principales organisations humanitaires internationales, dont Oxfam, en affirmant que l’impact de leur travail serait « insignifiant ». Pourtant, les ONG n’ont cessé d’appeler Israël à leur permettre de faire leur travail et à lever les restrictions qui mettent en péril la survie des civils. En réalité, Israël continue d’entraver les opérations de secours et la remise en état des infrastructures essentielles.
Face à ces obstacles, Oxfam a accru ses achats sur les marchés locaux lorsque cela est possible et continue d’élargir ses activités dans des domaines tels que le soutien psychosocial, la santé, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, les moyens de subsistance d’urgence, les transferts monétaires polyvalents, les bons alimentaires et la promotion de la santé publique — des secteurs essentiels moins dépendants de matériaux systématiquement bloqués par Israël.
« L’engagement du personnel pour fournir de l’eau à des populations qui en ont désespérément besoin est admirable. Mais pendant ce temps, les équipements nécessaires se trouvent juste de l’autre côté de la frontière, bloqués. Les organisations doivent récupérer des matériaux dans les ruines des infrastructures bombardées et des maisons détruites, réutiliser des pièces et payer des prix exorbitants. C’est le résultat direct des restrictions israéliennes, des mesures de dernier recours imposées par les conditions de siège. »
Les besoins de la population de Gaza dépassent de très loin les volumes d’aide et de matériaux de reconstruction autorisés par Israël, et la situation continuera de se détériorer si la punition collective et le blocus illégal se poursuivent. La privation d’eau n’est qu’une des nombreuses violations des droits humains commises par Israël en toute impunité. Oxfam et les organisations présentes à Gaza depuis des décennies doivent être autorisées à travailler à la hauteur des besoins de la population.
Vous avez une demande média?
Josianne Bertrand
Agente – Relations publiques et médiatiques
Téléphone:514 606-4663
Courriel: josianne.bertrand@oxfam.org
