Oxfam dénonce les abus et les violations des droits humains contre les migrants d’Amérique centrale

Montréal, 1er novembre 2018 – Oxfam condamne énergiquement les actes d’intimidation perpétrés par les forces de police guatémaltèques et mexicaines ainsi que les abus et les violations des droits humains de plus en plus graves contre les personnes forcées de migrer d’Amérique centrale vers les États-Unis.

« Les autorités du Guatemala et du Mexique entravent délibérément la libre circulation des migrants, mettant ainsi leur vie en danger. Les policiers ont installé des barrages routiers et lancé des gaz lacrymogènes. Hier, la police fédérale du Mexique a utilisé un hélicoptère pour effrayer les familles portant leurs jeunes enfants dans leurs bras au moment où celles-ci traversaient la rivière Suchiate. Tout cela s’ajoute aux menaces répétées de fermer et de militariser les frontières. » explique Asier Hernando, directeur adjoint d’Oxfam en Amérique latine.

Oxfam exhorte les gouvernements du Honduras, du Guatemala, du Mexique et des États-Unis de s’acquitter de leur obligation de protéger et de garantir les droits humains de tous les migrants, tout comme de respecter et garantir les principes d’unité de la famille, de non-rejet aux frontières, de non-refoulement et d’interdiction des expulsions collectives.

Nous lançons un appel pressant pour que les autorités de ces pays de transit et de destination s’abstiennent de criminaliser et de stigmatiser les migrants. Toute personne dont la vie ou la liberté est en danger a le droit de faire une demande d’asile dans un territoire étranger. Finalement, Oxfam appelle ces autorités gouvernementales à collaborer et à se coordonner avec les agences de secours humanitaire. 

Oxfam en action sur le terrain

Au Guatemala, Oxfam et ses partenaires locaux ont distribué 5 250 trousses d’hygiène personnelle, 560 paquets d’aliments pour enfants et installé 20 latrines portables, des douches, des points d’eau potable et 50 canopées pour protéger les familles du soleil brûlant. Toutes les trousses d’hygiène personnelle contiennent des informations indiquant comment signaler tout acte de violence et de traite des êtres humains. Oxfam a aussi remis des cuisinières industrielles, du matériel de cuisine, des filtres à eau et 1 000 matelas pour des abris accueillant des migrants.  

Au Mexique, Oxfam travaille en coordination avec d’autres organisations afin de fournir une assistance aux migrants dans des lieux spécifiques au Chiapas et à Oaxaca. Oxfam se prépare également à leur fournir une assistance à leur arrivée à la ville de Mexico. A ce jour, 4 500 litres d’eau ainsi que des thermos, des pots de vaseline pour traiter les pieds blessés et des sachets de sels de réhydratation ont été répartis par Oxfam, Cántaro Azul et la municipalité de Tapanatepec. Oxfam installera 30 latrines portables à Oaxaca.

Des conditions de déplacement dangereuses pour des milliers de migrants

Le 13 octobre, environ 1 000 personnes ont quitté San Pedro Sula au Honduras pour se rendre aux États-Unis. Près de 7 000 personnes, principalement originaires du Honduras, marchent actuellement vers la frontière sud des États-Unis, et des milliers d’autres sont coincées dans des conditions précaires à la frontière entre le Guatemala et le Mexique. Chaque jour, davantage de personnes arrivent à cette zone frontalière depuis le Honduras et d’autres pays d’Amérique centrale, ce qui aggrave la situation.

Les migrants, dont des familles entières avec des enfants et des personnes âgées, se déplacent dans des conditions extrêmement précaires et dangereuses, avec peu ou pas d’accès à des aliments, à l’eau, aux services de santé et aux médicaments, ou à des abris adéquats. A la tombée de la nuit, ils dorment sur la chaussée, quelques-uns sur des cartons et recouverts de minces toiles de plastique ou de draps pour se protéger de la pluie et du froid. D’autres n’ont aucune protection.  Ce déplacement forcé et massif est causé par les difficultés croissantes auxquelles la population du Honduras et d’Amérique latine doit faire face en raison des inégalités extrêmes, de la violence généralisée, de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire (aggravée par les effets des changements climatiques) et du manque de possibilités pour se construire une vie digne. Les personnes pauvres sont les plus affectées.

Oxfam soutient la caravane de migrants en route vers la frontière américaine. Vous pouvez aussi contribuer, en donnant:

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