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La reconstruction de Gaza, estimée à 71 milliards de dollars, coûtera sept fois plus cher que toutes les reconstructions précédentes réunies et échouera sans un leadership palestinien, prévient Oxfam. 

Oxfam et des organisations palestiniennes proposent aux dirigeants mondiaux un plan d’action pour le relèvement de Gaza, qui place au cœur de son approche l’appropriation palestinienne du processus et la responsabilisation d’Israël face au génocide qu’il a perpétré. 

Le rapport Reconstruire Gaza – co-rédigé par Oxfam, l’Institut palestinien de recherche sur la politique économique (MAS) et le Centre palestinien du commerce (PalTrade) – propose un plan d’action issu de vastes consultations menées dans toute la bande de Gaza. Il vise à montrer au Conseil de la paix présidé par les États-Unis et aux dirigeants mondiaux comment une reconstruction menée par les Palestiniennes et les Palestiniens peut réussir et prévient que tout modèle imposé de l’extérieur échouera, quelle que soit l’importance des fonds qui y sont consacrés. 

Selon l’évaluation rapide des dégâts et des besoins réalisée en avril 2026 par l’ONU, l’UE et la Banque mondiale, Gaza a subi 57,9 milliards de dollars de dégâts et de pertes économiques pendant la guerre de 2023-2025, et 71,4 milliards de dollars seront nécessaires pour la relance et la reconstruction au cours de la prochaine décennie. 

Le coût de la destruction du tissu social

Même ce chiffre ne rend compte que d’une partie de ce qui a été détruit – le coût matériel et économique – et ne tient pas compte de l’effacement délibéré du tissu social qui fait la cohésion de Gaza, dont le rétablissement prendra des générations. 

Le rapport montre comment la guerre a effacé ce qu’aucune évaluation des dégâts ne peut chiffrer : le savoir de Gaza, ses systèmes de soutien, son environnement, ainsi que les liens communautaires, les mosquées, les églises, les bibliothèques et les institutions culturelles où s’animait autrefois la vie sociale. 

  • Savoir et mémoire effacés : presque toutes les écoles sont détruites ou endommagées, les universités rasées, des milliers d’enseignants, de professeurs et de chercheurs ont été tués, et les bibliothèques et archives de l’histoire palestinienne ont été perdues. 

  • Un système de soins qui s’est effondré sur les femmes :environ 58 600 foyers sont désormais dirigés par des femmes, tandis que le taux de chômage féminin s’élève à 92 %. Une récente étude d’Oxfam révèle que la plupart des femmes de Gaza consacrent de 8 à 12 heures par jour – certaines jusqu’à 16 heures – à des tâches de soins non rémunérées : faire la file dès 5 heures du matin pour obtenir 20 litres d’eau, cuisiner pendant des heures au feu de bois ou en brûlant des déchets, et s’occuper des blessés. 

  • Des corps brisés et une dignité bafouée :plus de 50 000 personnes blessées ont besoin d’une rééducation à long terme, et on estime que 83 % des personnes en situation de handicap ont été contraintes d’abandonner leurs dispositifs d’aide à la mobilité. Beaucoup vivent dans des tentes ou des abris conçus pour accueillir 2 000 personnes mais qui en ont parfois hébergé 20 000, avec jusqu’à 650 personnes se partageant une seule toilette. 

  • Une terre empoisonnée :des vergers qui ont mis des décennies à pousser, des serres et la couche arable ont été détruits ; les terres agricoles sont contaminées par des métaux lourds et des résidus d’explosifs ; l’aquifère côtier s’effondre ; les eaux usées non traitées se déversent dans la mer, faisant réapparaître des maladies autrefois éradiquées, notamment la polio. 

« Ce qui a été détruit à Gaza, ce n’était pas seulement de l’acier et du béton. Israël a anéanti tout un monde social et économique, bâti au fil des générations, et seuls les Palestiniennes et les Palestiniens peuvent le reconstruire. » 

Mohammad Skaik

Responsable du programme Gaza au sein de l’organisation PalTrade

« La reconstruction n’est pas seulement une tâche humanitaire ; c’est une tâche politique. Un plan conçu dans des capitales étrangères, aussi bien financé soit-il, ne serait qu’une mesure cosmétique, une autre forme de contrôle sur les terres et la vie du peuple palestinien. Nos consultations menées à travers Gaza ont fait ressortir un message sans équivoque : rien ne doit être décidé concernant notre avenir sans nous. » 

Misyef Jamil

Chercheur senior au MAS

Un plan de relèvement sur cinq ans

Le rapport présente un plan sur cinq ans pour le relèvement et la reconstruction, fondé sur l’appropriation palestinienne à chaque étape, s’appuyant sur des principes fondés sur les droits et une vision nationale unique reliant Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Il rejette les modèles imposés de l’extérieur qui marginalisent l’autonomie palestinienne ou fragmentent le territoire palestinien, y compris toute mise sous tutelle internationale de Gaza, et appelle à une coordination internationale fondée sur le droit, loin des modèles de relance motivés par le profit. 

À la veille de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies et des prochaines négociations avec les donateurs, le rapport pose un défi clair au Conseil de la paix et à tous les gouvernements finançant la reconstruction de Gaza : transférer un réel pouvoir de décision au peuple palestinien, lever le blocus et les restrictions qui ont étouffé toutes les tentatives de reconstruction précédentes, garantir que l’État d’Israël réponde de son génocide, et s’engager en faveur d’une perspective politique qui mette fin à l’occupation et accorde au peuple palestinien l’autodétermination qui lui est due depuis des décennies. 

« Le monde est devenu très doué pour chiffrer le coût de la destruction de Gaza, mais très mauvais pour y mettre un terme. Les Palestiniennes et les Palestiniens ont désormais défini comment leur relance peut réellement aboutir. Soutenez leur plan, mettez fin à l’impunité, et Gaza pourra être reconstruite une bonne fois pour toutes. » 

Amitabh Behar

Directeur général d’Oxfam International

Notes aux journalistes

 

  • Le rapport Reconstruire Gaza est disponible ici. 
  • Le rapport final de l’évaluation RDNA de l’UE, de l’ONU et de la Banque mondiale estime les dégâts et pertes à 57,9 milliards de dollars, et les besoins de reconstruction à 71,4 milliards de dollars sur une décennie, dont 26,3 milliards de dollars au cours des 18 premiers mois. Plus de la moitié des dégâts matériels concernent les habitations (soit 18 milliards de dollars). 
  • Les chiffres concernant les 58 600 ménages dirigés par des femmes, le taux de chômage féminin de 92 % et le taux d’abandon de dispositifs d’aide à la mobilité de 83 % sont tirés du Comité des Nations unies pour les droits des personnes handicapées, 2025. Source : ONU et PCBS. 
  • Les conclusions relatives aux soins non rémunérés proviennent de l’analyse rapide des soins à Gaza publiée par Oxfam en janvier 2026 (données recueillies du 15 novembre au 1er décembre 2025), qui s’appuie sur 14 groupes de discussion réunissant 156 femmes et filles à Gaza, dans la zone centrale et à Khan Younès, ainsi que sur 13 entretiens avec des sources clés. 

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Josianne Bertrand

Spécialiste – Relations publiques et médiatiques

Téléphone:514 606-4663
Courriel: josianne.bertrand@oxfam.org

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