pixel Facebook

Les 0,1 % les plus riches du monde, soit 8 millions de personnes, génèrent plus de pollution carbone que les 3,5 milliards de personnes les plus pauvres de la planète réunies, révèle une nouvelle analyse d’Oxfam.

Publié à l’approche du sommet des Nations unies sur le climat (COP31) en Türkiye, le rapport met en évidence la responsabilité des ultrariches dans le dérèglement climatique en raison de leurs émissions démesurées, et montre comment ils tirent profit de la crise tout en se protégeant de ses conséquences.

Une personne appartenant aux 0,1 % les plus riches a contribué près de 400 fois plus aux vagues de chaleur extrêmes actuelles qu’une personne appartenant aux 50 % les plus pauvres. Collectivement, ce petit groupe de personnes produit trois fois plus de pollution carbone que l’ensemble de la population de l’Afrique subsaharienne (1,3 milliard de personnes).

Au Canada, les 0,1 % les plus riches émettent 27 fois plus de CO₂ individuellement qu’une Canadienne ou un Canadien moyen.

« La crise climatique est souvent décrite comme un défi humain partagé. Ce n’est pas le cas. Les personnes qui ont le moins contribué à la provoquer perdent leurs maisons, leurs récoltes et, de plus en plus, la vie. Pendant ce temps, les ultrariches peuvent s’acheter une sortie de secours – en se réfugiant dans des bunkers souterrains de haute technologie, en engageant des équipes privées de pompiers et en souscrivant à des assurances privées – et tirent activement profit des conséquences de leur propre pollution. Il ne s’agit pas d’une tragédie partagée ; c’est un crime d’inégalité extrême. »

Amitabh Behar

Directeur général d’Oxfam International

En combinant des données sur les inégalités en matière d’émissions de carbone avec des modèles d’attribution climatique de pointe, Oxfam a constaté que :

  • Les 1 % les plus riches sont responsables de 20 % du réchauffement climatique depuis 1990 – soit 100 fois plus, par personne, qu’un individu appartenant à la moitié la plus pauvre de l’humanité.
  • Les émissions produites en une seule année par les 1 % les plus riches entraîneront 1,9 million de décès supplémentaires liés à la chaleur. Quelque 78 % de ces décès surviendront dans les pays à revenu faible ou intermédiaire inférieur, alors que ces pays ne sont responsables que de 8 % des émissions mondiales.
  • Les émissions des 1 % les plus riches causeront près de 53 000 milliards de dollars de dommages d’ici 2050.

Le transport par avion privé, utilisé principalement par les plus riches, reste l’un des exemples les plus frappants des inégalités extrêmes en matière d’émissions de carbone.

Une analyse menée par Oxfam à partir de données de suivi des jets privés en 2025 montre qu’au Canada, les vols en jets privés ont émis plus de CO₂ en 20 minutes qu’un Canadien moyen n’en émettra en une année entière.

Tirer profit de la crise climatique

Le rapport d’Oxfam montre également comment les catastrophes climatiques sont devenues de plus en plus lucratives pour certains. Le marché mondial de la reprise après sinistre devrait passer de 70 milliards de dollars à 92 milliards de dollars par an d’ici 2029.

Le nouvel indice « Détruire et reconstruire » d’Oxfam recense 217 entreprises qui tirent profit des secteurs contribuant à la crise climatique, ainsi que de ceux liés à la préparation aux catastrophes, à la reprise et à la reconstruction.

BlackRock et Vanguard détiennent des participations dans 92 % des entreprises figurant dans l’indice. Le total de leurs investissements s’élève à plus de 1 000 milliards de dollars.

« Les ultrariches mettent le feu à la planète, puis nous font payer les extincteurs. » 

« Ils tirent profit de la pollution. Ils tirent profit de la catastrophe. Et ils tirent encore profit du nettoyage. »

Amitabh Behar

Directeur général d’Oxfam International

Oxfam exhorte les gouvernements réunis à la COP31 à :

  • Taxer les riches pollueurs afin qu’ils réduisent de manière significative et rapide leurs émissions de carbone, notamment par le biais d’impôts permanents sur la richesse et le revenu, d’une taxe permanente sur les entreprises du secteur des combustibles fossiles et de taxes punitives sur les articles de luxe à fortes émissions, comme les jets privés.
  • Augmenter considérablement le financement climatique destiné aux pays du Sud global, en privilégiant le financement public sous forme de subventions plutôt que les prêts qui aggravent l’endettement. Le montant alloué à l’adaptation devrait être triplé d’ici 2035.
  • Réduire radicalement les inégalités au sein des pays et entre eux, notamment grâce à des infrastructures publiques et des services publics résilients face au changement climatique.
  • Mettre fin à l’exploitation des catastrophes climatiques à des fins lucratives. Les gouvernements doivent limiter le pouvoir des entreprises dans les interventions d’urgence, la reconstruction et les systèmes alimentaires en cas de catastrophe.

Notes aux journalistes

  • Le rapport complet en français peut être consulté en suivant ce lien.
  • La note méthodologique (en anglais) est accessible ici.
  • Une précédente analyse d’Oxfam révèle que 78 % des décès supplémentaires attribuables à la chaleur se produiront dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur.
  • Le même rapport a montré que depuis 1990, les émissions de carbone des 1 % les plus riches ont entraîné une baisse de la production économique mondiale de 2 900 milliards de dollars. D’ici 2050, cette somme passera à 52 600 milliards de dollars, ce qui équivaut à une perte de 0,5 % du PIB mondial cumulé sur cette période. Ce sont les pays les moins responsables des changements climatiques qui en subiront les conséquences économiques les plus lourdes.

Vous avez une demande média?

Josianne Bertrand

Spécialiste – Relations publiques et médiatiques

Téléphone:514 606-4663
Courriel: josianne.bertrand@oxfam.org

Skip to content