Des familles déplacées de Hajjah et de Hodeida vivent dans le camp de Souk Al-Lail. Septembre 2019. Crédit : Nasser Abdulkareem / NRC

Yémen : les civils sont toujours en danger malgré l’Accord de Stockholm de 2018

Montréal, 12 décembre 2019 – En 2019, un quart des pertes civiles au Yémen ont été recensées dans le gouvernorat d’Hodeidah. Malgré un cessez-le-feu dans la ville portuaire du même nom – pourtant au cœur de l’Accord de Stockholm en 2018, Hodeidah est l’endroit ayant connu le plus de victimes civiles depuis un an avec 799 morts. Un grand nombre de personnes déplacées sont également issues de cette région.

En effet, les familles sont toujours obligées de fuir pour sauver leur vie. En 2019, près de 390 000 Yéménites ont été déracinés de leurs foyers. La moitié des personnes déplacées provenaient de trois gouvernorats uniquement sur dix-neuf : Hajjah, Hodeidah et Al Dhale’e.

Malgré des violences moindres par rapport à 2018, Hodeidah, Sa’ada, Taizz, Al Dhale’e et Hajjah demeurent les gouvernorats les plus dangereux pour les civils en 2019.

Gouvernorats du Yémen les plus dangereux pour les civils en 2019

En tant qu’organisations humanitaires travaillant au Yémen, nous sommes scandalisées qu’après plus de cinq années de guerre, les civils continuent de faire les frais de la violence. Des maisons, des fermes, des marchés et des établissements de santé sont endommagés et détruits, aggravant une situation humanitaire déjà désastreuse.

Le Yémen vit la plus grande crise humanitaire au monde

Le Yémen vit la plus grande crise humanitaire au monde avec dix millions de personnes qui risquent de mourir de faim et sept millions qui souffrent de malnutrition. Les combats et les restrictions mises en place par les autorités empêchent nos organisations d’atteindre les communautés les plus démunies. Les populations n’ont toujours pas accès aux marchés et aux services en raison du conflit, alors que les infrastructures essentielles, telles que les hôpitaux, les écoles et les réseaux d’eau, sont endommagées.

La signature, le mois dernier, de l’accord de Riyad ainsi que la désescalade générale des hostilités représentent une réelle occasion de mettre fin à la guerre. Si aucune action urgente n’est prise, la situation pourrait se détériorer encore davantage pour les civils.

Nous appelons donc toutes les parties au conflit, le Conseil de sécurité des Nations unies et les pays influents à travailler ensemble et à accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Stockholm.

L’annonce récente sur l’ouverture de l’aéroport de Sana’a aux vols médicaux est un signe positif et, si elle est mise en œuvre, elle aidera des milliers de Yéménites malades à accéder à des soins médicaux vitaux.

Il est maintenant temps de renforcer le processus de paix à travers l’application des Accords déjà signés, et au-delà, en mettant en œuvre le partage des revenus du port de Hodeidah pour payer les salaires à travers le pays en mettant fin à l’impasse politique sur les pénuries de carburant.

Bien que nous demandions la pleine mise en œuvre de l’Accord de Stockholm, cela ne devrait pas être une condition préalable à la paix au Yémen. Un cessez-le-feu national doit être immédiatement mis en place pour garantir des pourparlers de paix attendus depuis longtemps. Ce dont le Yémen a le plus besoin, c’est de mettre fin à la violence par une solution politique au conflit qui tienne compte des besoins des femmes, des jeunes et de l’ensemble de la société civile.


Ce communiqué est co-signé par :

  • Action contre la Faim
  • Agence Adventiste d’Aide et de Développement
  • CARE International
  • Conseil danois pour les réfugiés
  • Handicap International – Humanité et Inclusion
  • Islamic Relief
  • International Rescue Committee
  • Intersos
  • Medecins du Monde
  • Conseil norvégien pour les réfugiés  
  • Oxfam
  • Première Urgence Internationale
  • Saferworld
  • Vision Hope International
  • ZOA

Les dernières données humanitaires et pertes civiles : 

  • Au total, 1 008 civils ont été tués par les violences armées depuis le début de l’année contre 2 049 en 2018.
  • Cette année, plus de civils ont été tués ou blessés par des combats sur le terrain qu’au cours des 12 mois précédents.
  • Plus de 2 100 incidents de violence armée ont touché des civils depuis l’Accord de Stockholm – aucune amélioration par rapport aux 12 mois précédents.
  • Un nombre accru de civils ont été tués ou blessés par des munitions explosives, passant de 349 personnes touchées l’an dernier à 504 jusqu’à présent cette année.
  • 327 incidents de violence armée ont directement touché des maisons civiles en 2019, soit 60 % des incidents au total. La moitié des enfants et des femmes victimes de blessures en 2019 l’ont été à cause d’incidents qui ont touché leurs maisons.
  • Plus de 40 % de tous les incidents de violence armée touchant des civils se sont produits dans le gouvernorat de Hodeidah. Un quart des 3 086 victimes civiles de tout le pays ont eu lieu à Hodeidah
  • Le nombre total de victimes civiles a diminué par rapport à 2018, en grande partie en raison d’une réduction significative des frappes aériennes à Hodeidah et d’une récente désescalade de la violence dans tout le pays.
  • Les données et analyses sur les victimes civiles et leur impact sur les infrastructures civiles ont été réalisées par l’ACAPS et la CIMP. Il s’agit de données ouvertes (open source) qui n’ont pas été vérifiées séparément par les OING signataires.

pop-in Muna

Je fais un don en ligne pour les fêtes