Plus de 80 millionnaires demandent l’imposition des grandes fortunes pour aider la reprise mondiale après-COVID-19

Montréal, 13 juillet 2020 - Aujourd’hui, deux Québécoises faisant partie d’un groupe 83 millionnaires de sept différents pays, les « Millionaires for Humanity », ont participé à la diffusion d’une lettre ouverte aux gouvernements, demandant une augmentation permanente de l’imposition des personnes les plus riches afin d’aider à financer la reprise mondiale après la crise de la COVID-19.

La lettre fait l’éloge des travailleuses et travailleurs essentiels qui sont aux premières lignes de la crise et souligne le rôle que les personnes les plus fortunées de la planète peuvent jouer pour rééquilibrer l’économie mondiale. Dans cette lettre, le groupe presse les gouvernements d’augmenter les impôts des millionnaires et des milliardaires « Sans attendre. Sans hésitation. De façon définitive. ».

Claire et Sylvie Trottier, deux Québécoises millionnaires, expliquent :

« Les problèmes systémiques exigent des solutions systémiques. La charité, aussi généreuse soit-elle, ne remplacera jamais un investissement gouvernemental important qui visent à réduire les inégalités et à rebâtir notre économie. Les gouvernements ont la responsabilité de demander que les riches collaborent en augmentant les impôts des personnes plus fortunées afin d’aider les familles de travailleurs et les petites entreprises, et de protéger les personnes les plus profondément touchées par cette crise. »

Le groupe a lancé l’appel juste avant la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20 et la réunion du Conseil européen extraordinaire à Bruxelles qui auront lieu ce week-end. On s’attend à ce que les deux réunions traitent de l’effort mondial visant à rebâtir les économies dans un monde après-COVID. Ils espèrent que les leaders politiques discuteront des inégalités mondiales et reconnaîtront que des augmentations d’impôts pour les plus riches ainsi qu’une meilleure transparence fiscale internationale sont essentielles pour qu’une solution soit viable à long terme.

Des signataires bien connus appellent les gouvernements à agir

Parmi les signataires de taille, on compte le fondateur du groupe Warehouse, le Néo-Zélandais Sir Stephen Tindall, le scénariste et réalisateur britannique Richard Curtis, la cinéaste et héritière américaine Abigail Disney, l’entrepreneur danois iranien Djaffar Shalchi, le cofondateur américain de Ben and Jerry’s Jerry Greenfield, l’investisseuse primée dans les entreprises en démarrage et philanthrope allemande Dre Mariana Bozesan et l’ancien directeur général américain de Blackrock Morris Pearl.

Voici ce qu’avait à dire Morris Pearl, investisseur et président de Patriotic Millionaires :

« La crise de la COVID-19 a révélé la fragilité de notre système et a démontré que personne, ni riche ni pauvre, ne ressort gagnant dans une société qui compte des inégalités massives et un filet de sécurité sociale défaillant. Nous devons revoir notre structure fiscale et en établir une qui valorise la contribution de la main-d'œuvre autant que la contribution de capital. »

 Voici ce qu’avait à dire Djaffar Shalchi, entrepreneur, philanthrope et fondateur de Human Act :

« Ensemble, nous remettons en question la concentration de la richesse et demandons des solutions pratiques pour créer des sociétés plus viables sur le plan économique. Personnellement, je crois que nous avons besoin d’imposer une taxe mondiale sur la santé de 1 % aux personnes les plus fortunées du monde. Des gens comme moi peuvent se le permettre, elle ne nous causera aucun dommage et aura des impacts majeurs. »

Voici ce qu’avait à dire Dre Mariana Bozesan, investisseuse européenne de l’année pour 2019 et philanthrope :

« Tout comme la crise financière de 2008 l’a fait, la pandémie de COVID-19 nous prouve que les systèmes actuels, y compris économique, financier et politique, ne sont pas bien équipés pour gérer les grands défis mondiaux actuels. Ils ne font que les exacerber. J’ai grandi dans une Roumanie communiste extrêmement pauvre, je me sens donc profondément interpelée de faire tout ce que je peux pour mettre en œuvre les Objectifs de développement durable de l’ONU. Je vise particulièrement l’inégalité, la pauvreté et la création d’emplois qui peuvent rétablir la dignité et le bien-être à tous les échelons de la société. »

La lettre, qui a été distribuée par Patriotic Millionaires, Oxfam, Human Act, Tax Justice UK, Club of Rome, Resource Justice et Bridging Ventures, prévient que les répercussions économiques de la pandémie de coronavirus pourraient faire basculer un demi-milliard de personnes de plus dans la pauvreté.