Vaccin contre la COVID-19: une éventuelle priorité accordée aux États-Unis

Montréal 14 mai 2020 – Les États-Unis pourraient avoir la primeur d’un éventuel vaccin contre la COVID-19, puisqu’ils ont été les premiers à investir dans son développement, selon les propos du PDG de l’entreprise pharmaceutique Sanofi rapportés hier par Bloomberg et d’autres médias.

Ces mots sonnent comme un rappel urgent de la nécessité pour l’ensemble des gouvernements de travailler ensemble afin d’assurer l’accès le plus large possible à tout test de dépistage, traitement ou vaccin lié à la COVID-19. Il est impératif d’éviter une guerre d’enchères autour des résultats de la recherche scientifique, guerre qui ne profiterait qu’aux grandes compagnies pharmaceutiques et aux pays les plus puissants.

Dans ses remarques, le PDG de Sanofi a semblé inciter l’Union européenne à s’engager dans une guerre de ce type avec les États-Unis et la Chine pour l’accès à de nouveaux vaccins et traitements, fournissant ainsi à l’entreprise et aux autres groupes pharmaceutiques le moyen d’engranger des millions de dollars. Ces sommes proviendraient en partie de l’argent des contribuables investis dans la recherche scientifique et en partie de la vente des résultats de cette recherche (tests, traitements et vaccins) à un public et des gouvernements désespérés face au virus.

Alors que la course entre États-Unis et Europe pour trouver un traitement et un vaccin liés à la COVID-19 s’intensifie, des milliards de personnes à travers le monde risquent d’être oubliées, dont de nombreuses populations vulnérables ainsi que celles et ceux qui sont les plus exposés dans la lutte contre la pandémie de COVID-19.

Voici ce que déclare sur le sujet la directrice des politiques et campagnes d’Oxfam-Québec, Anne Duhamel :

“La nouvelle indiquant que Sanofi pourrait donner priorité aux USA en ce qui concerne l’accès à un potentiel vaccin contre la COVID-19 nous rappelle que les gouvernements doivent travailler urgemment ensemble contre ce virus. Chaque fois que la coopération internationale montrera des failles, les entreprises pharmaceutiques auront le champ libre pour décider qui vivra ou non. Ces entreprises risquent d’utiliser ce pouvoir pour tirer un maximum de bénéfices d’une situation dramatique. La communauté internationale doit absolument empêcher que de grands groupes tirent profit de cette pandémie. L’Assemblée mondiale de la santé qui aura lieu lundi prochain constitue l’occasion idéale d’affirmer fortement que tous les tests de dépistage, vaccins ou traitements liés à la pandémie de COVID-19 doivent être produits de manière éthique, libres de tout brevet et distribués de manière équitable et sécuritaire aux peuples et aux nations du monde entier. »


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